‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 50 sur 227 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

CIORANI.

La famille Sarnelli. — Mission à Ciorani. — Projet de fondation. — Don André et la vigne. — - Voici le saint! » — Mission perpétuelle. — Transformation des habitants. — Construction de la maison. — Retraites aux gentilshommes et aux prêtres. — Nego consequentiam. — Mission au diocèse de Salerne. — « Revenez plus tard. - — Mission à Vietri. — Vocation du P. Majorino. — Mission à Majori. — La mère de l’assassiné. — Pandola et la statue de Marie. — Mission à Sainte-Lucie. — Vocation du P. Villani. — Sarnelli à Naples. — Victoire sur la prostitution.

Sur la route de Salerne à Avellino, après avoir gravi les premières pentes des Apennins, le voyageur découvre bientôt, à travers les vignobles et les prairies d’une riante vallée, le charmant village de Ciorani. A l’époque dont nous parlons, le vieux baron Ange Sarnelli y possédait un château et de vastes propriétés. Distingué par sa noblesse, ses talents et ses vertus, on le regardait à Naples et dans tout le pays comme le modèle des gentilshommes. Ses huit enfants, tous excellents chrétiens, marchaient sur les traces de leur père. Trois d’entre eux, à l’imitation de leur oncle, don André Sarnelli, mort évêque de Muro, s’étaient consacrés à Dieu : l’un dans la compagnie de Jésus; le second, don Janvier, dans la congrégation du Saint-Sauveur; et le troisième, don André, dans le clergé séculier.

Novice encore, don Janvier, de concert avec son frère André, avait conçu la pensée d’établir une fondation sur les terres de la baronie. Ils s’en ouvrirent au saint fondateur, qui, pour se rendre compte de la position, prêcha une mission à Ciorani au commencement de 1734. Les quinze jours de prédication furent quinze jours de bénédiction, nonseulement pour le village, mais pour les populations des alentours. Dès lors, la fondation fut décidée, à la grande joie du baron, de sa famille et de tout le peuple. On ne l’ajourna

APOTRE ET FONDATEUR

d’une année que pour laisser au père Rossi le temps d’achever les constructions de Villa.

L’année écoulée, don André, quelque peu impatient, ne manqua pas de prier Alphonse et Falcoia de tenir leur promesse. 11 se chargeait, disait-il, de leur fournir une maison, une église, et un revenu suffisant à l’entretien de plusieurs missionnaires. Du reste, l’évêque de Castellamare avait le pressentiment que cette fondation procurerait à Dieu une grande gloire. Malgré sa vieillesse et ses infirmités, il se rendit en personne à Ciorani, dont il fut enchanté. « Je suis ravi de ce que je vois ici, écrivait-il à notre saint. Le baron nous aCime et nous fait d’excellentes conditions. J’ai découvert un emplacement qui me semble tout désigné pour y bâtir la maison et l’église : site charmant, solitaire, exempt de servitude, et, de plus, accessible aux hameaux des environs. Je vous engage à venir sans retard pour régler les conditions de la fondation K »

Don André voulut doter sur sa fortune particulière la future communauté. Dans ce but, il achela de son père un vignoble déjà consacré d’une manière irrévocable à des œuvres pies. Maître de cette propriété, il résolut d’en appliquer les revenus à l’établissement des missionnaires. Le 17 octobre 1735, l’acte de fondation fut dressé solennellement en présenced’Alphonse. En voici les clauses principales :

« La terre et le vignoble seront affectés au monastère et deviendront la propriété des pères du Très- Saint-Sauveur.

<• En attendant, une partie des revenus sera affectée aux besoins dudit monastère 2.

« Le contractant s’engage à payer annuellement aux pères , sur ses propriétés personnelles, une somme de deux cents ducats.

« Il s’engage de plus à donner le fonds ou une partie du fonds de la villa pour y bâtir l’église et le couvent.

« Enfin il promet de léguer tous ses autres biens pour fonder à Ciorani un monastère de religieuses du Saint-Sauveur. »

Alphonse, de son côté, s’engageait à construire une maison de son institut pour y exercer d’une manière habituelle le ministère de la prédication et de la confession. On stipula qu'il y aurait tous les samedis sermon en l’honneur de la sainte Vierge, des prédications pendant la neuvaine de Noël, une retraite chaque année à l’époque la plus favorable aux ouvriers de la campagne, et une mission en règle tous les trois ans.

Ce traité conclu et accepté de part et d’autre, don André hâtait

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