‹ Saint Amand [microform]Chapitre 1 sur 136 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Unlettredel'epoquecarolingienne,alafois poete ethagiographe, Hucbald de Saint-Amand, enumere quelque part les tres zeles travailleurs , qui, durant le vn e siecle, cultiverent dans le nord de la Gaule la vigne du Seigneur . Sans aucune hesitation, il assigne la toute premiere place a saint Amand. Mais la comparaison choisie d'abord lui parait bientot ne pas caracteriser assez 1'apostolat de ce missionnaire. II nous le represente alors comme un de ces nuages que pousse le vent, qui parcourt des regions nombreuses et verse sur chacune la pluie bienfaisante.

Amand fut, en effet, un tres grand vO}-ageur. Par lui, la parole divine tomba jusque chez les Vascons des Pyrenees et chez les Slovenes des Balkans. Mais, pour les regions qu'il evangelisa pendant pres de cinquante annees, la Belgique actuelle et le nord de la France, il rappelle bien plus le travailleur qui creuse la terre et qui la retourne, que la nuee qui passe, rapide.

Preparant une histoire de 1'Eglise en Belgique, nous avons, comme Hucbald, rencontre partout, au vn e et au vin e siecle, le nom de saint Amand. Supprimez-le. Alors reste inexplicable cette efflorescence magnifique de vie religieuse et de vie monastique, telle qu'elle se manifeste, a partir de 65o environ, dans ces contreesdu Nord, ou, cepenpendant, des statues de Diane et de Venus se cachent encore dans les forets et sur les collines, ou des arbres sacres resistent encore aux cognees des neophytes.

Mais cette nuee fugitive du vii e siecle, pouvons-nous, au xx e , suivre ses courses ? Mais ce travailleur, qui, aux temps merovingiens, ouvre le sol de notre pays, y jette la semence

Page 1