‹ Saint-Amant: La solitude: La contemplateur; La jouissance; Le palais de laChapitre 18 sur 46 · ORGIE · texte numérisé non relu

ORGIE

Sus, sus, enfants ! qu'on empoigne la coupe!

Je suis crevé de manger de la soupe « Du vin ! du vin ! cependant qu'il est frais, Verse, garçon, verse jusqu'aux bords,

Car je veux sifQer à longs traits A la santé des vivants et des morts.

Pour du vin blanc^ je n'en tàterai guère ; Je crains toujours le sirop de l'aiguière.

Dont la couleur me pourrait attraper.

Baille-moi donc de ce vin vermeil ;

C^est lui seul qui me fait toper *, Bref, c'est mon feu, mon sang et mon soleil,

qu'il est doux! j'en ai l'âme ravie^ Et ne crois pas qu'il se trouve en la vie Un tel plaisir que de boire d'autant ;

l32 SAINT-AMANT

Fais-moi raison^ cher ami Faret^ Ou tu seras tout à Tinstant Privé du nom qui rime à cabaret.

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