‹ Saint-Amant: La solitude: La contemplateur; La jouissance; Le palais de laChapitre 20 sur 46 · LE PARESSEUX · texte numérisé non relu

LE PARESSEUX

SONNET

Accablé de paresse et de mélancolie.

Je rêve dans un lit où je suis fagoté, Comme un lièvre sans os qui dort dans un pât^, Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.

PIÈCES VARféES |35

^èy sans më soucier des §ueiréb dltàlie,

Du eomte Pdktiny ni àt sa rayante/

Je coBSftere lin hë\ hymne à cette oisireté

Où mon âme en langueur est comme ensevelie.

Je %rmtfë ce fylaiiâir d doux et si oharmanti Qae}e croid qiMF leâ Mens me viertdrwot en dormanti Puisque je vois déjà s'en enfler ma bedaine,

^t hais tant le travail que, les yeux entr'ouverts. Une main hors des draps, cher Baudouin *, à peine Ai-je pu me résoudre à t'écrire ces vers.

LES GOINifREiS

Coucher trois dans un drap, sans feu ni sans j^chandeHe, Au profond de Fhiver, dans la salle aux fagots. Où les chaté^ rhlninant le langage des GMaj Nous éclairent sans cesse en rouant la |

Hausser notre chevet avec une escabe Etre deux ans à jeuù comme les esear^ Rêver en griffla§«lnt ain^ que les mage Qui, bâillant fttf soleil, se grattât sema

Mettre au lieu de bounet la coiffe d'un chapeau^ Prendre pour se couvrir la frise * d'un manteau Dont le dessus servit à nous doubler la panse;

Puis souffrir cent brocards d'un vieil hôte irrité, Qui veut fournir à peine à la moindre dépense, C'est ce qu'engendre enfin la prodigalité.

SONNET

Quand je la vois, cette gorge ivoirine Où l'oiseau-dieu souvent se va nicher, Gomme un goilan* qui sur quelque rocher Fait ses petits au bord de la marine*;

Quand je la vois, cette main qui burine D'un trait aigu ce nom qui m'est si cher, Dessus mon cœur, j'ars*, ainsi qu'un bûcher, D'un feu qui plaît à ma gente Corine.

Son poil, son œil, son tant aimable vis *, Accompagné d'un gracieux devis.

Plonge mes sens dans un doux fleuve d'aise ;

Et quand je songe à tout le demeurant Que sous sa robe en mon âme je baise.

De trop d'amour j'expire en soupirant.

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