DE LYRIAN ET DE SYLVIE A M^ D. L. B
Cruel et beau sujet de peines obstinées !
A quoi m'ont réservé les noires destinées, Pour me faire souffrir en l'empire amoureux Tout ce que les enfers ont de plus rigoureux ? Puisque vous refusez à l'ennui qui m'afflige Le moindre allégement dont l'espoir nous oblige. Puisque même les pleurs en secret épandus Par vos sévérités m'ont été défendus.
Permettez qu'en ces vers, où je me veux dépeindre Sous un nom emprunté, mon cœur se puisse plaindre, Et que mes passions vous content aujourd'hui La grandeur de mon mal par la bouche d'autrui.
Je vous veux réciter la plus étrange histoire Qui sur l'oubli mortel ait jamais eu victoire. Fassent les justes cieux qu'enfin, sans vous fâcher. Le merveilleux progrès vous en puisse toucher.
Sous le plaisant climat des Iles de Fortune^ Où tous les habitants font hommage à Neptune^ Un aimable berger demeurait autrefois ; Trop heureux si d*amour il n'eût suivi les lois. Lyrian fut son nom, et celui de la belle Qu'à sa longue recherche il trouva si rebelle, Sylvie, ainsi que vous, qui par la cruauté Lui ressemblez aussi comme par la beauté.
On tient en ce pays, où vit sa renommée, Qui jamais par les ans ne sera consommée, Qu'au doux art qu'Apollon enseigne aux bons esprits, Sur tous les plus diserts il emportait le prix. Mais ni tous ses discours ni son mérite extrême. Que l'envie étonnée admirait elle-même, Ne purent disposer l'objet de ses désirs A changer ses ennuis en autant de plaisirs.
Les prés délicieux et les bois solitaires.
Qui lui servaient alors de loyaux secrétaires. Sont encore témoins, et le seront toujours, De la fidélité de ses chastes amours.
C'étaient eux seulement qui connaissaient sa flamme, C'étaient eux seulement qui soulageaient son âme. Quand, au fort des douleurs qui le persécutaient, Avec quelque pitié sa plainte ils écoutaient.
Dieux ! combien de temps fut-il à se résoudre, ^ien qu'il vit que son cœur s'alloit réduire en poudre, A découvrir sa peine aux yeux qu'il adorait, *^t la discrétion en ses mœurs opérait 1
£ty quoi qu'il peut souffrir^ je crois que le silence
Aurait de son ardeur éteint la violence
Par le coup désiré d'une subite mort,
Avant qu'à son respect il eût fait tel effort.
Aussi nul n'en sut rien jusqu'à ce que les arbres
Et les endroits unis des plus solides marbres
L'offrirent à la vue, écrite de sa main,
A cette belle Nymphe au courage inhumain.
Elle s'en offensa. Dieux ! est-il bien croyable Qu'une telle amitié lui fut désagréable ; Qu'un orgueilleux dédain^ comme absolu vainqueur , Lui fit nattre aussitôt la haine dans le cœur ; Que ces chiffres d'amour si remplis de mystères Ne furent à ces yeux que de vains caractères. Et qu'elle les put lire avecque ce penser De ne les plus revoir que pour les effacer I Las 1 il n'est que trop vrai, mais cette àme farouche Ne s'en contenta pas : il fallut que sa bouche, S'accordant à son cœur, plus dur qu'un diamant, En prononçât l'arrêt à ce fidèle amant.
Que ne lui dit-il point pour lui servir d'excuse I Quelles vives couleurs n'employa point sa muse 1... Mais ses intentions, si justement conçues.
Quoi qu'il pût alléguer, ne furent point reçues. Au contraire, on eût dit, à voir son fier maintien, Qu'elle se déplaisait en ce doux entretien.
Ce qu'elle confirma par une prompte fuite.
De peur, comme je croîs, qu'elle n'en fût séduite,
Tant il avait de grâce et d'éloquents appas, A prouver qu'en Taimant il ne l'ofFensait pas...
Six ans étaient passés sans aucune espéraace Delà pouvoir gagner par la persévérance, Quand il la rencontra, comme elle allait chasser Un chevreuil que ses chiens venaient de relancer. Quiconque a vu l'honneur des nymphes bocagères Au milieu des genêts, des houx et des fougères. En quête d'un sanglier qu'avec "ardeur et soin Elle appelle au combat. Tare et la flèche au poing. Se peut imaginer l'aspect grave et céleste, L'équipage, l'habit^ la stature et le geste De la belle Sylvie entrant dedans le bois Pour atteindre la proie et la mettre aux abois.
Soudain que Lyrian, comblé d'inquiétude, Eût ainsi découvert en cette solitude Celle à qui ses douleurs demandaient du secours, En courant après elle lui tint ce discours :
As-tu donc résolu, Sylvie, De fermer l'oreille à mes cris Et les yeux à mes doux écrits, Qui parlent si bien de ta vie ?
As-tu fait avecque mon sort Que mon aventure soit telle, Pour t'avoir rendue immortelle.
Qu'il faille me donner la mort?...
Te verrai-je toujours farouche Errer dans ce bois écarté, Que ton insensibilité Pourrait accroître d'une souche ?
ilélasi je ne puis plus courir.
Tant la douleur me rend débile ; Insensible, sois immobile Seulement pour me voir mourir.
Au moins déclare-moi, de grâce, Qui te mène 6n ces sombres lieux, Où le ciel avec tous ses yeux Ne saurait voir ce qui s'y passe.
Est-ce pour cacher la splendeur Des astres de ton beau visage, Ou ne cherches-tu de l'ombrage Que pour conserver ta froideur?...
Hé I ne crains*tu point la furie De ces animaux enragés.
Qui tant de fois se sont chargés De rhonneur de ma bergerie ?
Non, tu les verrais sans effroi.
Et leur irais faire la guerre, Sachant bien qu'en toute la terre Rien n*est cruel au prix de toi.
Fière Nymphe, qui fais trophée D'un naturel sans amitié.
POÈMES l\ I
Et triomphes de la pitié Dessous ton orgueil étouffée, Quoi ! tu ne veux pas revenir !
Et les ronces, en m'oyant plaindre, Afin que je te pusse atteindre Ont tâché de te retenir I
Dieux I qui vit jamais telle chose I On peut bien dire maintenant Que l'épine en te retenant A plus de douceur que la rose.
Je te compare à cette fleur Par ta beauté qui lui ressemble Bien qu'elles diffèrent d^ensemble En la cause de la couleur.
Car cette agréable merveille.
Que Flore met à si haut prix, De la piqûre de Cypris Est devenue ainsi vermeille ; Mais la rougeur de ton beau teint, Où j*ai lu mon triste salaire.
Ne provient que de la colère Dont au vif ton cœur est atteint.
Sylvie, en quoi t'ai-je offensée Pour t'irriter comme tu fais ?
Le souvenir d'aucuns forfaits Ne revient point dans ma pensée.
Si ton jugement animé Contre ma flamme légitime Tient que tout excès est un crime, J'ai failli, car j'ai trop aimé...
Ainsi, las de courir et vaincu de tristesse, De voir que par sa dame il Pétait en vitesse, Le pauvre Lyrian s'abandonne aux regrets.
Lâche de sa vigueur les mouvements secrets, Renonce à la constance, et, dans son âme outrée Le sanglant désespoir ayant fait son entrée, Gomme fait un tyran dans quelque lieu forcé Où la confusion a tout bouleversé. Invoque les démons, profère maint blasphème, Conservant toutefois en cette rage extrême Le respect de Sylvie, et faisant son effort A faire vivre Amour au milieu de la mort.
Celui qui pour Daphné se vit en même peine.
Et ce dieu des bergers qui jadis hors d'haleine, Pensant prendre Syringe au bord des claires eaux, N'embrassa pour un corps que de frêles roseaux, Eurent tant de pitié de ce qu'en son martyre Un juste sentiment alors lui faisait dire.
Qu'éveillant leur colère à ce tragique objet. Ils jurèrent soudain d'en punir le sujet.
L'efiFet suit la menace : on la voit transformée, Cette ingrate beauté, si vainement aimée; Chacun de ses cheveux se hérisse en rameau,
£t de superbe nymphe elle devient ormeau.
Durant qu'en cet état ses pieds prennent racine, Lyrian, assisté d'une faveur divine, À le temps de l'atteindre et le bien de la voir, Premier qu'il expirât, réduite en son pouvoir. Dieux I ce dit-il alors, qui par cette aventure Enseignez à mes yeux ce que peut la nature.
Faites qu'à ce beau tronc si dur à la pitié Mon cœur puisse à jamais montrer son amitié I Il finit par ce mot pour en être Texemple, Et son corps s'attachant à l'arbre qu'il contemple Se change en mille bras tournoyant à l'entour, Dont il acquit le nom de symbole d'amour I Bref, ce fidèle amant n'est plus qu un beau lierrej Qui, sur la tige aimée, en s'élevant de terre, Cherche en sa passion, qu'il tâche d'apaiser, La place où fut la bouche, afin delà baiser. Chaque feuille est un cœur qui montre en sa verdure Comme il l'avait requis, que son amitié dure ; La preuve s'en confirme en ses embrassements, Et tout se perd en lui, hormis les sentiments ; Car on dirait, à voir ses branches enlacées, Que, se ressouvenant de ses peines passées.
Et voulant conserver son bien présent aussi.
De peur qu'il ne s'échappe, il l'environne ainsi.
Orgueilleuse Sylvie, à qui ces vers s'adressent, Quejeserais heureux,dans les maux qui m'oppressent,
Si j'osais espérer qu'au moins après la mort J'obtinsse quelque jour un pareil réconfort I Mais^ au contraire, hélas! vos rigueurs sont si grandes Que j'ai beau les flatter des plus dignes offrandes ; Je crois qu'elles voudraient que je fusse immortel. Afin tant seulement que mon ennui fût tel.
LES VISIONS A Danton,
Le cœur plein d'amertume et l'âme ensevelie Dans la plus sombre humeur de la mélancolie, Damon, je te décris mes travaux intestins.
Où tu verras l'effort des plus cruels destins Qui troublèrent jamais un pauvre misérable, A qui le seul trépas doit être désirable.
Un grand chien maigre et noir, se traînant lentement. Accompagné d'horreur et d'épouvantement.
S'en vient toutes les nuits hurler devant ma porte, Redoublant ses abois d'une effroyable sorte. ' Mes voisins, éperdus à ce triste réveil. N'osent ni ne sauraient rappeler le sommeil; Et chacun, le prenant pour un sinistre augure. Dit avec des soupirs tout ce qu'il s'en figure. Moi, qu'un sort rigoureux outrage à tout propos.
I POiMES 4^
Et qui ne puis goûter ni* plaisir ni repos,
Les cheveux hérissés, j'entre en des rêveries
De contes de sorciers, de sabbat, de furies ;
J*erre dans les enfers, je rôde dans les cieux ;
L'âme de mon aïeul se présente à mes yeux,
Ce fantôme léger, coiffé d'un vieux suaire.
Et tristement vêtu d^un long drap mortuaire,
A pas affreux et lents s'approche de mon lit ;
Mon sang en est glacé, mon visage en pâlit.
De frayeur mon bonnet sur mes cheveux se dresse,
Je sens sur Testomac un fardeau qui m'oppresse.
Je voudrais bien crier, mais je l'essaie en vain ;
Il me ferme la bouche avec sa froide main ;
Puis d'une voix plaintive en Pair évanouie,
Me prédit mes malheurs, et longtemps, sans ciller,
Murmurant certains mots funestes à l'ouïe.
Me contemple debout contre mon oreiller.
Je vois des feux volants, les oreilles me cornent ;
Bre^ mes sens tout confus l'un l'autre se subornent
En la crédulité de mille objets trompeurs,
Formés dans le cerveau d'un excès de vapeurs,
Qui s'étant emparé de notre fantaisie,
La tourne moins de rien en pure frénésie.
Souvent tout en sueur je m'éveille en par Je saute hors du lit, l'estomac pantelant.
Vais prendre mon fusil *, et d'une main trei Heurtant contre le fer la pierre étincelante,
Après m'être donné maints coup dessus les doigts, Après qu'entre les dents j'ai juré mille fois, Une pointe de feu tombe et court dans la mèche ; Ravivant aussitôt cette matière sèche, J'y porte Tallumette *, et n'osant respirer De crainte de l'odeur qui m'en fait retirer.
Au travers de ce feu puant, bleuâtre et sombre. J'entrevois cheminer la figure d'une ombre.
J'entends passer en l'air certains gémissements, J'avise en me tournant un spectre d'ossements ; Lors jetant un grand cri qui jusqu'au ciel transperce, Sans pouls et sans couleur je tombe à la renverse. Mon hôte et ses valets accourent à ce bruit, Mais de tout leur travail ils tirent peu de fruit ; Ils ont beau m'apy)eler, et d'un fréquent usage Me répandre à l'abord de l'eau sur le visage, M'arracher les sourcils, me pincer par le nez, Et s'affliger autant comme ils sont étonnés, Je ne puis revenir non plus que si la Parque M'avait déjà conduit dans la fatale barque.
Je suis tellement froid que mon corps au toucher Ne se discerne point d'avecque le plancher.
Où gisant de mon long, toute force abattue, On dirait, à me voir, que je suis ma statue.
Il me souvient encore, et non pas sans terreur, Bien que je sois certain que ce fut une erreur. Que la première nuit qu'au plus fort des ténèbres
S'apparurent à moi ces visions funèbres, M'étant évanoui, comme je l'ai décrit, De rextréme frayeur qui troubla mon esprit, Et ces gens essayant d'une inutile peine A me restituer la chaleur et Thaleine, Un d'entre eux s'avisant de me donner du vin, Bacchus, que j'ai tenu toujours plus que divin, Réveillant tout à coup ma vigueur coutumière. Fit résoudre mes yeux à revoir la lumière.
Alors, comme en sursaut je me lève tout droit* ; Représentant au vif un mort qui reviendroit ; Puis, regardant partout d'une vue égarée.
Je m'efiForce à leur dire en voix mal assurée : Fantômes (car d'efifroi je les prenais pour tels), Quel plaisir avez-vous à troubler les mortels ? Quel sujet vous amène à ces heures nocturnes ? Qui vous a fait quitter vos manoirs taciturnes ? Mes badauds, ébahis d'entendre ce propos.
Haut allemand pour eux, jouant au plus dispos, En chemise et nu pieds, sans m*user de langage, Vers le degré prochain troussent vite bagage. Disent que je suis fou, qu'il y fait dangereux, Emportent la chandelle et barrent l'huis sur eux, Si qu'à peine mon œil les put bien reconnaître. Que comme un tourbillon il les vit disparaître.
La lune, dont la face alors resplendissait, De ses rayons aigus une vitre perçait.
Qui jetait dans ma chambre, en l'épaisseur de Tombre, L'éclat frais et serein d'une lumière sombre. Que je trouvais affreuse, et qui me faisait voir Je ne sais quels objets qui semblaient se mouvoir. Cette nouvelle erreur dedans ma tête empreinte, Me rendant à la fin hardi par trop de crainte, Je mets flamberge au vent,et, plus prompt qu'un éclair. J'en fais le moulinet, j'en estocade l'air.
Imitant la valeur du brave don Quichotte, Quant au fort du sommeil, coiffé de sa marotte, Pensant prendre au collet un horrible géant.
Et dans un tourne-main le réduire au néant.
Il exploita si bien, comme chante l'histoire. Que sur les cuirs de vin son glaive eut la victoire.
Mais je m'engage trop dans ce plaisant discours, Muse, je t'en conjure, arrêtons-en le cours ; Reprenons tristement notre style funeste.
Et, si cela se peut, disons ce qui nous reste. Voilà donc, cher Damon, comme passe les nuits Ton pauvre Clidamant, comblé de mille ennuis, Et toutefois, hélas 1 ce ne serait que roses Si les jours ne m'offraient de plus horribles choses.
Cet astre qu'on réclame avec tant de désirs Et de qui la venue annonce les plaisirs.
Ce grand flambeau du ciel, ne sort pas tant de l'onde Pour redonner la grâce et les couleurs au monde.
Avec ses rayons d'or si beaux el si luisants,
Que pour me faire voir des objets déplaisants.
Sa lumière, inutile à mon âme affligée,
La laisse dans Thorreui* où la nuit Ta plongée ;
La crainte, le souci, la tristesse et la mort.
En quelque lieu que j'aille, accompagnent mon sort.
Ces grands jardins royaux, ces belles Tuileries,
Au lieu de divertir mes sombres rêveries.
Ne font que les accroître et fournir d'aliment
A l'extrême fureur de mon cruel tourment.
Au plus beau de l'été je n'y sens que froidure,
Je n'y vois que cyprès, encore sans verdure,
Qu'arbres infortunés tout dégouttant de pleurs.
Que vieux houx tout flétris et qu'épines sans fleurs.
L'écho n'y répond plus qu'aux longs cris de l'orfraie*
Dont le mur qui gémit en soi-même s'eJEFraie ;
Le lierre tortu qui le tient enlacé,
En frémissant d'horreur, en est tout hérissé.
Semblable en sa posture à ces enfants timides
Qui,le corps tout tremblant et les yeux tout humides,
Embrassent leur nourrice alors que quelque bruit
Les va dedans leur couche épouvanter la nuit.
Si j'y rencontre un cerf, ma triste fantaisie
De la mort d'Actéon est tout soudain saisie;
Les cygnes qu'on y voit dans un paisible étang;
Me semblent des corbeaux qui nagent dans
Les plaisants promenoirs de ces longues ail
Où tant d'afflictions ont été consolées,
Sont autant de chemins à ma tristesse offerts
Pour sortir de la vie et descendre aux enfers.
Le Louvre, dont l'éclat se fait si bien paraître.
N'est à mes yeux troublés qu'un château de Bicêtre,
Le fleuve qui le borde est à moi l'Achéron,
J'y prends chaque bateau pour celui de Caron,
Et, me croyant parfois n'être plus rien qu'une ombre
Qui des esprits sans corps ait augmenté le nombre.
D'une voix langoureuse appelant ce nocher,
Je pense à tous moments qu'il me vienne chercher.
Si je prends quelque livre en mon inquiétude. Et tâche à dissiper cette morne habitude, Marot, en ses rondeaux, épîtres, virelais.
Le moqueur Lucian et le fou Rabelais, Se métamorphosant par certains tours magiques. Ne sont remplis pour moi que d'histoires tragiques. Ovide en l'Art d'aimer m'épouvante à l'abord; Amour, avec son dard, y passe pour la Mort ; Avec son dos ailé, pour un oiseau funeste ; Avec son mal fiévreux, pour une horrible peste, Et pour une furie avecque son flambeau.
Qui ne sert qu'à guider les hommes au tombeau.
Si, pour me retirer de ces creuses pensées, Autour de mon cerveau pesamment amassées, Je m'exerce parfois à trouver sur mon luth Quelque chant qui m'apporte un espoir de salut.
Mes doigts, suivant Thumeur de mon triste génie,
Font languir les accents et plaindre l'harmonie ;
Mille tons délicats, lamentables et clairs,
S'en vont à longs soupirs se perdre dans les airs
Et, tremblants au sortir de la corde animée.
Qui s'est dessous ma main au deuil accoutumée,
U semble qu'à leur mort, d'une voix de douleur.
Ils chantent en pleurant ma vie et mon malheur.,.
LA PLUI^
A Monsieur Deslandes^Payen, conseiller en la cour de Parlement de Paris,
Ïinfin, la haute Providence J Qui gouverne à son gré le temps.
Travaillant à notre abondance, Rendra les laboureurs contents.
Sus, que tout le monde s'enfuie I Je vois de loin venir la pluie.
Le ciel est noir de bout en bout, Et ses influences bénignes Vont tant verser d'eau sur les vignes, Que nous n'en boirons point du tout.
L'ardeur grillait toutes les herbes.
Et tel les voyait consumer
Qui n'eût pas cru tirer des gerbes Assez de grain pour en semer ; Bref, la terre en cette contrée.
D'une béante soif outrée.
N'avait souffert rien de pareil Depuis qu'une audace trop vaine Porta le beau fils de Climène Sur le brillant char du Soleil.
Mais les dieux, mettant bas les armes Que leur font prendre nos péchés, Veulent témoigner par des larmes Que les nôtres les ont touchés.
Déjà rhumide Iris étale Son beau demi-cercle d'opale Dedans le vague champ de l'air, Et, pressant mainte épaisse nue.
Fait obscurcir à sa venue Le temps qui se montrait si clair.
Ces pauvres sources épuisées Qui ne coulaient plus qu'ep langueur, En tressaillent comme fusées D'une incomparable vigueur ; Je pense, à les voir si hautaines, Que les eaux de mille fontaines Ont ramassé dedans ces lieux Ce qui leur restait de puissance.
Pour aller^ par reconnaissance, Au-devant de celles des cieux.
Payen, sauvons- nous dans ta salle, Voilà le nuage crevé.
O comme à grands flots il dévale I Déjà tout en est abreuvé.
Mon Dieu ! quel plaisir incroyable !
Que Teau fait un bruit agréable, Tombant sur ces feuillages verts I Et que je charmerais Toreille^ Si cette douceur nonpareille Se pouvait trouver en mes vers !
Çà I que Ton m'apporte une coupe De vin frais : il en est saison.
Puisque Gérés boit à la troupe, Il faut bien lui faire raison ; Mais non pas avec ce breuvage De qui le goût fade et sauvage Ne saurait plaire qu'aux sablons Ou qu'à quelque jeune pucelle Qui ne but que de l'eau comme elle.
Afin d'avoir les cheveux blonds.
ynegarde à l'abri de ces saules Un pèlerin qui se tapit :
Le dégoût * perce ses épaules.
Mais il n'en a point de dépit.
Contemple un peu dans cette allée
compas :
joie, le noie,
campagne sportés, Espagne, is; ques
} rustiques de mains ; louisseat, ent umains.
ait,
étoiles, Lii me nuit ibres voiles; luce-moi ; me toi.
poé&i£s 55
J'aime une brune dont les yeux
Font dire à tout le monde Que, quand Phébus quitte les cieux Pour se cacher sous Tonde, C'est de regret de se voir surmonté Du vif éclat de leur beauté.
Mon luth, mon humeur et mes vers
Ont enchanté son âme ; Tous ses sentiments sont ouverts
A l'amoureuse flamme; Elle m'adore, et dit que ses désirs Ne vivent que pour mes plaisirs.
Quel jugement y dois-je ctsseoîr ?
Veut-elle me complaire ?
Mon cœur s'en promet à ce soir
Une preuve plus claire.
Viens donc, ô nuit î que ton obscurité M'en découvre la vérité.
Sommeil, répands à pleines mains
Tes pavots sur la terre ; Assoupis les yeux des humains
D'un gracieux caterre *, Laissant veiller en tout cet élément Ma maîtresse et moi seulement.
Ainsi, jamais de ta grandeur tlien n'abaisse la gloire ;
dbyG.OOgl^
Ainsi jamais bruit ni splendeur N'entre en ta grotte noire.
Comme autrefois, quand à chaque propos, Iris troublait ton doux repos.
Ha I voilà le jour achevé,
Il faut que je m'apprête ; L'astre de Vénus est levé.
Propice à ma requête ; Si bien qu'il semble en se montrant si beau.
Me vouloir servir de flambeau.
L'artisan, las de travailler,
Délaisse son ouvrage ; Sa femme, qui le voit bâiller, En rit en son courage, Et, l'œilladant*, s'apprête à recevoir Les fruits du nuptial devoir.
Les chats, presque enragés d'amour.
Grondent dans les gouttières ;
Les loups-garous, fuyant le jour.
Hurlent aux cimetières ; Et les enfants, transis d'être tout seuls.
Couvrent leurs têtes de linceuls *.
Le clocheteur des trépassés.
Sonnant de rue en rue.
De frayeur rend leurs cœurs glaces,
Bien que leur corps en sue ; Et mille chiens, oyant sa triste voix.
Lui répondent à longs abois.
Ces tons, ensemble confondus,
Font des accords funèbres, Dont les accents sont épandus
En rhorreur des ténèbres, Que le silence abandonne à ce bruit Qui répouvante et le détruit.
Lugubre courier du Destin.
Effroi des âmes lâches, Qui si souvent, soir et matin,
M'éveilles et me fâches.
Va faire ailleurs, engeance de démon, Ton vain et tragique sermon.
Tu ne me saurais empêcher
D'aller voir ma Sylvie, Dussé-je, pour un bien si cher, Perdre aujourd'hui la vie.
L'heure me presse, il est temps de partir, Et rien ne m'en peut divertir.
Tous ces vents, qui soufflaient si fort,
Retiennent leurs haleines; Il ne pleut plus, la foudre dort,
On n'oit que les fontaines
Et le doux soû de quelques luths charmants Qui parlent au lieu des amants.
Je ne puis être découvert,
La nuit m'est trop fidèle ; Entrons, je sens Thuis entr'ouvert.
J'aperçois la chandelle.
Dieux I qu'est-ce ci ? Je tremble à chaque pas. Comme si j'allais au trépas.
O toi, dont l'œil est mon vainqueur,
Sylvie, eh 1 que t'en semble ?
Un homme qui n'a point de cœur,
Ne faut-il pas qu'il tremble?
Je n'en ai point, tu possèdes le mien.,.
Me veux*tu pas donner le tien ?
Loin de ce pompeux édifice Où nos princes font leur séjour. Et lassé de voir à la cour Tant de contrainte et d'artifice, J'étais libre dans ma maison, Bien que mon cœur fût en prison Dans les beaux yeux de ma Sylvie ;
Et, sans craindre en amour l'inconstance du sort,
Je menais la plus douce vie Qu'on puisse voir passer par les mains (
Mes sens en bonne intelligence
S'entendaient avec mes désirs.
Me recherchant mille plaisirs
D'une soigneuse diligence.
Chacun admirait mon bonheur ;
Le Ciel, pour me combler d'honneui
Ne jurait que par mon mérite, Et disait au sujet de mes affections
Que la terre était trop petite Pour pouvoir contenir tant de perfection
Mon bien était incomparable,
Ainsi que ma dame et ma foi.
Le plus content au prix de moi
Ne s'estimait que misérable.
J'étais amant, j'étais aimé;
La douceur qui m'avait charmé
Ne me gardait point d'amertume.
Car tant plus j'en goûtais, m'y laissant ei
Et tant plus, contre ma coutume.
S'augmentait en mon cceur le désir d'en
Sous un climat où la nature Montre k nu toutes ses beautés
Et nourrît les yeux enchantés Des plus doux traits de la peinture.
Nous voyons briller sur les fleurs Plutôt des perles que des pleurs Qui tombaient des yeux de TAurore,
Dont celle à qui Zéphire adresse tous ses vœux, Et que le beau printemps adore,
Se parait au matin la gorge et les cheveux.
Entre les Ris et les Caresses^
Les petits Amours éveillés
Dansaient par ces champs émaillés
Avec les Grâces, leurs maîtresses;
Et souvent, pour s'entre-baiser,
Ils se venaient tous reposer
Au milieu du sein de ma belle.
Faisant naître aussitôt mille divins appas,
De qui la puissance était telle, Qu'ils donnaient tout d'un coup la vie et le trépas.
• Tantôt nous voyons un Satyre, Assis à l'ombre d'un ormeau, Faire plaindre son chalumeau De son agi*éable martyre; Tantôt, dans un bois écarté Où n'entre qu'un peu de clarté.
Nous visitions la Solitude ; Et, trouvant le Repos qui lui faisait la cour.
POÈMES 6l
Nous chassions toute inquiétude, De peur de les troubler en leur paisible amour .
Là, sous un myrte que les fées
Respectent comme un arbre saint,
Où Vénus elle-même a peint
Ses mystères et ses trophées,
Nous faisions des vœux solennels
Que nos feux seraient éternels,
Sans jamais amoindrir leur force ; Puis, prêtant le serment au dieu notre vainqueur.
Nous récrivions sur son écorce ; Mais il était gravé bien mieux dans notre cœur.
Tantôt, feignant un peu de crainte,
Je disais à cette beauté.
Pour sonder sa fidélité.
Que son humeur était contrainte ;
Tantôt, d'un visage mourant.
Je lui tenais en soupirant
Ces propos de glace et de flamme :
Oserai-je espérer, ô miracle des cieux !
D'être aussi bien dedans ton âme Comme en te regardant je me vois dans tes yeux?
Lors elle disait toute émue, £n m'accusant de peu de foi :
Lysb, ton image est en moi Bien plus avant que dans la vue.
à témoin, m plus loin, îtite ;
un regard fatal, Lour habite, m travers d'un cristal.
avie
se envie ; îbat,
Lt
lasse,
m'avait provoqué, ' n'embrasse lt il est piqué.
lemi elose
îtjour,
ur,
son
orte ;
3ns quasi perclus,
orte,
nous n'en pouvions plus.
Nos désirs, reprenant courajçe
Quand nos efforts s'alentissaient.
En toutes façons exerçaient
Les traits de Tamoureuse rage.
Cette bouillante passion
Portait avec tant d'action
Tous nos mouvements à la guerre.
Qu'à nous voir en ce point dans les jeux de Cypris
On eût dit que toute la terre Etait d'un tel combat le sujet et le prix.
Cependant, en cette querelle.
Suffisait à nous contenter
Le lieu qu'elle daignait prêter
A nos corps étendus sur elle.
Nous Testimions plus mille fois
Que tous les pays que nos rois
Ont eu sous leur obéissance.
Ni même que ces lieux pour qui ce grand démon
Qui détient For en sa puissance Fit trouver aux nochers l'usage du timon.
Dieux 1 quelle plume assez lascive, Fût-ce de l'aile d'un moineau, D'un combat si doux et si beau, Décrirait l'ardeur excessive ?
Jamais, alors qu'à membres nus Adonis embrassait Vénus,
dbyGoogJe
Tant de bons tours ne s'inventèrent, Ni jamais l'Amour même et sa belle Psyché
Tant de délices ne goûtèrent, Que nos sens en goûtaient en ce plaisant péché.
La langue, étant de la partie^
Sitôt qu'un baiser l'assiégeait.
Aux bords des lèvres se rangeait^
Afin de faire une sortie ;
L'ennemi, recevant ses coups,
SoufFrait un martyre si doux
Qu'il en bénissait les atteintes ; Et mille longs soupirs, servant en même temps
De chants de victoire et de plaintes, Montraient que les vaincus étaient les plus contents.
Un jour, près d'une vive source
D'argent liquide et transparent.
Qui prend la fuite en s'égarant
Vers la mer où finit sa course.
Mon luth, parlant à basse voix.
S'entretenait avec mes doigts
De mes secrètes fantaisies, Etparfois s'éclatant en la vigueur des sons.
Les roches se sentaient saisies Du mignard tremblement de mille doux frissons.
Les oiseaux, tirés par l'oreille, Allongeant le col pour m'ouïr.
Se laissaient presque évanouir.
Tout comblés d'aise et de merveille.
Les animaux autour de nous Nous contemplaient à deux genoux.
Plongés dans un profond silence,
Quand d'un vieux chêne ému de ce contentement, Avec un peu de violence
Sortirent ces propos assez distinctement :
Orphée, aux yeux de Rhadamante,
A donc ramené des enfers.
Malgré les flammes et les fers.
Sa chère et gracieuse amante ?
Ce rare exemple d'amitié
Est donc rejoint à sa moitié
Par deux fois de lui séparée ?
Et sa tête, où les dieux tant de dons ont enclos,
Ni sa lyre tant admirée, Ne furent donc jamais à l'abandon des flots ?
Sur ane maison de plaisance
qae Monseigneur le duc de Retz a fait bâ^ir
dans la forêt de Prinçay.
ci la même symétrie A mis toute son industrie
Pour faire en ce bois écarté
Le palais de la Volupté.
Jamais le vague dieu de l'onde^
Ni celui des clartés du monde.
N'entreprirent rien déplus beau,
Quand, sans trident et sans flambeau.
D'une volonté mutuelle,
Hs mirent en main la truelle,
Et sous dç$ habits 4e mapp^s,
Employèrent en cçsX façons
Tous les beaux irsiits que la n^re
Admire dans Tarcliitecture,
Pour loger ce prince troyen
Qui depuis les paya de rien.
Arrière ces masses énormes Où s'entreconfondent les formes^ Où Tordre ix'esj. point cii)servé^ Où Ton ne voit rien d'achevé ; Il n'en est point ici de même ; Tout y suit la raison suprême.
Et le dessein en chaque part S'y rapporte au^ règles de l'art.
L'invention en est nouvelle, Et ne vient que d'une cervelle Qui fait tout avec tant de pdds.
Et prend de tout ri tfien le choix
Qu'elle met eo claire évideoce, Que sa grandeur et sa prudence Sont aussi dignes, sans mentir»
De régner comme de bâtir.
Cet esprit que ma muse adore, Qui de son amitié m^honôre Et que j'estime comme un Dieu»
A fait ce palais en ce lieu Où fréquente la solitude»
Tant pour la chasse et pour l'étude. Que pour tous les autres plaisirs Qui s'accordent à ses désirs,
La salle grande et somptueuse, Autant qu'elle est majestueuse, Se dédie au rôi des forêts.
Au bon Pan, qui dànd uu mftrais Vit sa maitrédse en vain aimée En frêles roseaux transformée; De quoi, pouf chanter son tourment.
Il fit à Theure un Instrument Qui ne dit mot quand on le touche Si Ton ne le porte à la bouche, Essayant ainsi d'apaiser Son ardeur par quelque baiser.
Là dedans oacore on révère, Diane au front doux et sévère,
Non pas pour cette chasteté Dont son humeur fait vanité, Quoiqu'avec Hippolyte on croie Qu'elle s'en donnait à cœur joie, Mais parce qu'elle aime d'amour A chasser^en ce beau séjour.
Ceux de qui Tàme et les oreilles Trouvent des douceurs non pareilles Aux plaisants et confus accords Que font ensemble et chiens et cors Entremêlés de voix humaines^ Quand^ par les bois ou par les plaines, Ou par les monts ou par les vaux, Et les hommes et les chevaux Poursuivent cerf, chevreuil ou lièvre A qui la peur donne la fièvre.
Ceux, dis-je, qui ne craignent point Le plaisir à la peine joint.
Tel qu'il Test en cet exercice Qu'on nomme un aimable caprice, Y sont bien venus en tout temps, Et n'en partent point mal contents.
Le démon des tours de finesse.
Qui dès sa plus simple jeunesse Attrapa jadis tous les dieux.
Et sur la terre et dans les deux.
POéMES 69
L'inventeur du jeu de la chance, Où les trois dés^ menant la danse^ Tachent, au sortir d'un cornet, A vous mettre une bourse au net ; Le patron des maquerellages^ Le suborneur des pucelages, Le chef des illuslres^menteurs, C'est-à-dire des orateurs, Dont souvent la seule éloquence Rend les sujets de conséquence ; Mercure, dis-je, aux doux propos, Aux yeux perçants, au corps dispos.
Qui par une route inconnue Vole à son gré dessus la nue.
Ailé comme un émerillon.
Préside au premier pavillon.
En cet endroit, sans tromperie.
Et surtout sans criaillerîe, Peuvent s'ébattre nuit et jour.
Gagnant et perdant tour à tour Sous le bon plaisir de fortune, A l'un douce, à l'autre importune.
Ceux qui pensent que Paradis, C'est ramener quinze sur dix.
Le second, c'est où l'on conserve L'auguste portrait de Minerve,
De cette sage déité.
Qui, gardant sa virginité.
Est cependant mère féconde
nfants mis au monde, les habiles mains dustrieux hamaiQs, 3n la même guise lante qu'elle y fut mise, 1 père en accoucha sau qu'on lui trancha :
arts et les sciences, é nos impatiences, [le nous apprit, 'ps comme de l'esprit.
juî pensent ne point vivre e nez dans quelque livre, es doctes seulement, ; en leur élément.
iême, on voit en sa ^Ipir^ s plaît tant à boire, pampre couronné a dès qu'il fut né j prince des crevailles, * de qui les batailles en plein cabaret apeau blanc et clairet.
Ce bon Denys *, à qui ma muse Aucun éloge ne refusey Ni jamais n'en refusera Tant que sa verve durera.
Là, tous les hoBnétes ivrognes, Aux cœurs sans fard, aux nobles trognes, Tous les gosf0f9 vokîpftiteuXy Tous les débstfebéB tertuéuit, Qui parmi tettrs propo» èe tafMé Joignent l'utile «^ délectable, Sont reçif» et t^ailés aussi Gomme des enfants sans souci.
Et pour le dernier oh sé trouvent Mille tableaux qui nous émeuvent A faire ce crime innocent A quoi la nature consent, C'est à la oause des pensées D*où naissent toutes les arsées*, C'est à celle ^ sor Imûctlê, Le divin germe étant éebsy Vogua dans un berceau dé ûâcTf;* C'est à Vénus qu'il se <îonB«cr«, A Vénus, cpn s'acpfffil dès lors Dans la mer ou hctaU àtt corps, Qu'elle exerça depuis sur terre.
Menant une si rude guerre
Aux plus vijçoureux braquemarts Que jusqu'à celui de Mars Il lui fallut rendre les armes, Et recourir cent fois aux larmes Pour quelque trêve en obtenir.
Puisqu'il ne pouvait la finir.
Là, ceux que Priape convie Au plus cher plaisir de la vie, Où l'on éprouve un doux trépas, Encore qu'on ne meure pas, Trouvent, sans prendre cette peine Qui souvent en amour est vaine.
De quoi soûler leurs appétits.
Autant les grands que les petits...