‹ Saint Antoine de PadoueChapitre 13 sur 40 · PREMIER MARDI · texte numérisé non relu

PREMIER MARDI

Saint Antoine : tout aimable dès son enfance.

IEU a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique,afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle (i).

Et Dieu nous a donné s D:i Fils unique sous la forme douce, aimable, attrayante d'un petit enfant (2) !

Jésus, notre divin Maître, a montré toujours, durant les trois années de sa vie publique sur la terre, une grande prédilection pour les petits enfants ; et cela à cause de leur simplicité et de l'innocence de leur cœur.

Le saint Evangile nous montre partout le très doux Sauveur, en compagnie de ces anges de la terre, les chers petits enfants. Un jour, entr'autres, se trouvant aux confins de la Judée, au-delà du Jourdain,' de grandes foules l'avaient suivi, et il guérit tous les malades.

(i)Jo. III, 16.

(2) Vie du Fr. Didace, C. I.

Alors on lui présenta des petits enfants, pour qu'il leur imposât les mains et pria sur eux. Mais ses disciples, encore très-ignorants, menaçaient ceux qui les présentaient. Jésus les voyant fut indigné et leur dit : " Laissez ces petits enfants venir à moi et ne les en empêchez point, car le royaume des cieux est à eux et à tous ceux qui leur ressemblent. En vérité, je vous le dis : Quiconque n'aura point reçu le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera point. Et les embrassant et imposant les mains sur eux, il les bénissait."' Dans une autre circonstance, les disciples demandaient à Notre Seigneur qui sera le plus grand dans le royaume des cieux : et le divin Maitre prit un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et leur enseigna l'humilité. Et lorsque plus tard. Té-us entre triomphalement dans Jérusalem, il rencontre au Temple, ses amis, les p fants qui chantent hautement ses

Marie, la douce Reine du ciel, sa divine Mère, a toujours aussi marqué sa prédilection pour les petits enfants : dans ces apparitions, n'est-ce pas

ordinairement : tîts enfants qu'elle se manifeste

avec amour ? A Lourdes, à la Salette, à Pont-Maine, etc. . . on ne voit là d'abord que de jeunes, d'innocents enfant- ! 0 heureux parents ! s'ils comprenaient leur bonheur, iorsq - bon Dieu leur accordé de

nombreux enfants ! Car c'est alors qu'on pourrait leur adresser ces magnifiques paroles du Roi-Prophète (i) : " Bienheureux tous ceux qui craignent le Seigneur. qui marchent dans ses voies " — Et toi, vénéré Père de la nombreuse famille, " en te nourrissant du travr.il de tes mains, tu es heureux, et le bonheur sera toujours ton partage. Ta femme, de son côté, sera, dans l'intérieur de ta maison, comme une vigne féconde ; et tu verras tes aimables petits enfants, comme de jeunes plants d'oliviers, rangés autour de la table, dans une innocente allégresse. Car c'est ainsi que sera béni l'homme qui craint le Seigneur. " Heureux parents d'une nombreuse famille, que le Seigneur donc vous bénisse du haut de Sion ; et que vous voyiez, pour la consolation de votre vieillesse, vos enfants bénis, et les enfants de vos enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération : c'est là la paix sur Israël !

Les parents de notre Saint eurent ce bonheur, parce qu'ils reçurent avec joie, comme un présent du ciel, cet enfant de bénédiction.

"Dieu, dit un pieux Auteur (2), Dieu voulait surtout faire du petit Fernando, qui devait plus tard s'appeler Antoine, un grand saint : pour cela, il orna ses parents de toutes les vertus qui font les vrais chrétiens.

(1) Ps. cxxvn.

(2) Le Père Antoine Denis. S. J. ,v Lesgloiresde S: Antoine;

Dieu, en effet, a coutume, quand il destine un enfant à une grande sainteté, de le confier dabord au sacerdoce le plus suave et le plus doux, à celui d'une bonne mère. Il agit ainsi à l'égard de notre Saint. Grâce à sa pieuse mère, le petit Antoine connut le bon Dieu dès les premières lueurs de sa raison, et il l'aima tendrement. Il apprit aussi d elle qu'il avait au ciel une autre Mère, la Mère du bon Jésus : et Dona Térésa se plaisait, en le berçant sur ses genoux, à lui chanter ce Cantique si doux, qu'il répétait avec elle, qu'il chanta ensuite souvent dans sa vie et qu'il chanta encore pour la dernière fois au moment de partir pour le ciel : O gloriosa Domina, ô glorieuse Souveraine ! Quand il pleurait, sa mère n'avait qu'à le porter à la fenêtre et à lui montrer l'église de Sainte-Marie ; l'enfant tendait ses petits bras vers la Vierge et ne pleurait plus.

Ses parents le conduisirent le plus tôt possible à cette église bénie, où il avait reçu le saint Baptême. C'est dans une de ces visites au sanctuaire de Marie, c'est devant l'image de la Reine du Ciel que ses parents l'entendirent prononcer de lui-même, à l'âge de cinq ans, le vœu de virginité perpétuelle : "

O aimable Enfant, maintenant que dans les splendeurs des Cieux vous jouissez pour toujours de la présence de Jésus et de Marie, ah : daignez nous bénir, nous qui sommes encore dans ce triste exil de la terre :

bénissez aussi tous nos chers petits enfants du Canada, et obtenez par votre puissante et aimable intercession que Jésus et Marie veillent sur leurs jeunes ans, les accompagnent et les protègent à travers tous les dangers de la vie et les introduisent un jour, comme vous, ô aimable Saint, dans les éternelles joies du beau Paradis ! Exemple. — Une Dame de Bologne, en Italie, était restée pendant vingt-deux ans de mariage sans enfants, et ayant entendu parler du grand nombre de miracles que faisait saint Antoine, allait souvent se prosterner devant l'autel de cet admirable thaumaturge chez les Frères-Mineurs. Une nuit le Saint lui apparut en songe, revêtu d'une admirable gloire : il lui dit d'aller neuf Mardis de suite visiter l'église des Frères-Mineurs, d'y faire chaque fois la sainte Communion et de prier devant son Image, lui promettant que ses désirs seraient accomplis. Elle crut à la promesse et obéit. Elle eut, en effet, un enfant, mais quelle ne fut pas sa douleur en voyant que le nouveau-né était une masse de chair plutôt qu'un enfant ! Toutefois elle ne perdit pas confiance, elle le fit emmailloter et le fit déposer sur l'autel du Saint. Saint Antoine n'avait pas seulement en vue d'éprouver la confiance de cette bonne mère et de lui donner ensuite une grande joie ; il voulait par un éclatant et indéniable prodige établir à jamais la dévotion des Neuf Mardis. Pendant qu'on exécutait l'ordre de la

Dame, celle-ci priait ardemment son Saint bien-aimé. Or, on avait à peine déposé sur l'autel cette masse de chair, informe et muette, qu'on entendit un petit vagissement, une voix enfantine : on court à l'autel, on enlève le maillot et l'on voit, ô prodige ! cette masse de chair transformée en un enfant d'une rare beauté (i) ! Ce miracle rendit célèbre la gloire du Saint et l'efficacité de la Neuvaine des Mardis : divulgué en Italie, en Autriche, en Allemagne, en France, en Espagne et dans les Pays-Bas, il excita chez tous ces peuples une dévotion telle envers saint Antoine, qu'on suivit en foule dans toutes les églises des Frères-Mineurs la dévotion des Neuf Mardis (et plus tard, par extension des Treize). On a continué cette pratique jusqu'à nos jours, pratique que le bon Saint n'a cessé d'encourager par des merveilles sans nombre (2). "

(1) Act. SS. Tom. 23, P. 261. N. 129. 12) Les Gloires de S. Antoine.

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