RÉPONS MIRACULEUX
( A réciter
Si qugeris miracula, Mors, error, calamitas, Dssmon, lepra fugiunt, /Egri surgunt sani.
Cédant mare, vincùla ; Membra resque perditas Petunt et accipiunt Juvenes et cani.
Pereunt pericula, Cessât et nécessitas.
Narrent hi qui sentiunt, Dicant Paduani.
Cédant mare . . . etc.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.
Cedunt mare . . . etc.
Ora pro nobis béate Antoni.
Ut digni efficiamur promissio-
nibus Christi.
Oremus. Ecclesiam tuam, Deus, Beati Antonii, confessons tui, commemoratio yotiva laetificet, ut spiritualibus semper muniatur auxiliis et gaudiis perfrui mereatur œternis. Per Christum Dominum nostrum.
Amen.
chaque Mardi. )
Si vous voulez des miracles, écoutez ; la mort, l'erreur, les calamités, le démon, la lèpre sont mis en fuite. Les malade i se lèvent guéris.
La mer s'apaise, tes chaînes tombent des mains des captifs ; le jeune homme et le vieillard demandent ï usage de leurs membres et le recouvrement des choses perdues et f obtiennent.
Les dangers disparaissent, la misère n'existe plus : qu'il le racontent ceux qui ont éprouvé ses bienfaits, que les habitants de Padoue le redisent.
La mer ? apaise, etc.
Gloire soit au Père, au Fils, et au Saint-Esprit.
La mer s' apaise, etc.
Saint Antoine, priez pour nous.
Afin que nous devenions dignes
des promesses de Jésus-Christ.
Oraison. O mon Dieu, que la puissante intercession du bienheureux Antoine, votre confesseur, réjouisse votre Eglise, en lui obtenant toujours de nouvelles faveurs spirituelles et la jouissance des joies éternelles, par Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Ainsi-soit-il.
ioo jours cf indulgence chaque fois: indulg. plénière une fois le mois, aux conditions ordinaires.
(Pie IX. 25 janvier 1866.)
DEUXIÈME MARDI Saint Antoine : Lis de céleste pureté.
e Sage contemplant à travers les siècles, l'ai- ^ niable et sainte vertu de Pureté, s'écrie dans son âme ravie : " O quelle est belle la chaste génération des âmes virginales ! car, sa mémoire est immortelle, et elle est connue et de Dieu et des hommes (i)." Cette vertu est si précieuse aux yeux de Dieu et de ses saints Anges que le Saint-Esprit nous assure, au Livre de l'Ecclésiastique que " tout le prix de l'or n'est rien au prix d'une âme vraiment chaste et pure ! "
Notre Seigneur, en descendant du ciel en terre pour opérer l'œuvre de notre Rédemption n'a voulu avoir pour Mère qu'une âme chaste et pure, une âme virginale, Marie Immaculée, la Reine des âmes angéliques et pures. Ensuite le bon Jésus ne fît connaître d'abord le mystère de son Incarnation qu'à des âmes pures et virginales, saint Joseph, le Patriarche de la chasteté
et saint Jean-Baptiste, sanctifié dès le sein de sa mère, (i)Sap. IV, i.
et mourant plus tard, martyr pour la défense de la chasteté conjugale, pour la défense de la sainte vertu de pureté.
Notre Mère la sainte Eglise nous fait remarquer, avec les saints Pères, que Notre divin Maître eut pour l'apôtre saint Jean, la prédilection marquée dans l'Evangile, parce que saint Jean était une âme virginale.
Et Marie, la Mère de Jésus, n'a-t-elle pas, elle aussi, dans ses célestes apparitions, durant tout le cours des siècles, marqué sa prédilection, comme toutes les vies des saints en font foi, pour les âmes innocentes et pures ?
Bienheureux donc ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu.
Qui montera sur la montagne du Seigneur ? ou qui . demeurera dans son Sanctuaire ? — Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur : celui-là recevra du Seigneur la bénédiction et la miséricorde de Dieu son Sauveur (i).
Comme ces paroles du Psalmiste s'appliquent admirablement à l'angélique saint Antoine. Ses mains étaient innocentes, parce que son cœur était pur. Nous l'avons déjà vu dans l'Abrégé de sa Vie : tout petit enfant, à l'âge de cinq ans, il fit le vœu de virginité, et dans tout le cours de son existence, il conserva,
(i)Ps, XXUI,:3-5-
avec un soin jaloux, pure et sans tache la blanche robe de son innocence baptismale.
Il semble que les Litanies composées en l'honneur de notre Saint, aient voulu résumer en un seul mot toute la beauté de cette âme si pure, en l'appelant : Lis de céleste pureté. Et comme la vertu, surtout chez les Saints est essentiellement communicative, la vue seule de notre Saint, l'innocence peinte sur son angélique visage portait les autres à la vertu. Le seul contact même de ses vêtements avait une vertu particulière pour combattre les tentations et pour chasser l'esprit impur, cet esprit, encore sept fois plus méchant que les autres, qui tyrannise si affreusement ses malheureuses victimes.
Notre Saint venait d'arriver à son Couvent de Limoges. Un jeune Religieux Bénédictin, d'une abbaye voisine, passait par le tourment si pénible des tentations impures. Ayant entendu parler de la haute sainteté d'Antoine, ce pauvre Religieux demanda à son Abbé d'aller trouver le Saint. Il se jeta à ses pieds, et lui fit l'aveu des humiliantes tentations qui jour et nuit assaillaient son âme. L'homme de Dieu l'accueillit avec une incomparable bonté, lui donna ses conseils, le consola et par une de ces inspirations que Dieu donne aux Saints, il ôta sa propre tunique pour en revêtir son cher pénitent. Aussitôt les tentations ces-
serent. Le jeune Religieux, au comble du bonheur, retrouva avec la paix de l'esprit, la sérénité d'une âme pure !
O aimable saint Antoine, vous, vrai Lis de céleste pureté, ah ! couvrez-nous donc tous de votre tunique, embaumée du parfum de votre angélique pureté ! Mais surtout prenez sous votre protection les jeunes gens de nos jours, si exposés aux traits empoisonnés de leur perfide ennemi. Obtenez-leur, par votre puissant crédit auprès de Jésus, la Pureté des Vierges, Puritas Ptrginum, et de sa douce Mère, Marie Immaculée, qu'ils aient tous un grand amour pour la sainte vertu de pureté et que pour la conserver dans leurs jeunes cœurs, ils fuient avec horreur les mauvaises compagnies et les occasions dangereuses, qu'ils veillent à la garde de leurs sens, pratiquant la mortification chrétienne, ne négligeant point le saint exercice de la prièrent surtout de la prière en famille, et qu'ils fréquentent fidèlement les Sacrements. Oh : que d'âmes seront sauvées et bienheureuses pour l'éternité, si Dieu daigne, ô aimable Saint, par votre angélique intercession, exaucer notre suppliante prière !
Exemple. — Un jour que saint Antoine rentrait à Padoue par des sentiers solitaires, afin d'éviter les applaudissements de la foule électrisée par son éloquence, une femme prenant des chemins de traverse, se mit à
courir après lui, respirant à peine, tant sa marche était précipitée. Elle portait dans ses bras son petit enfant qui était perdu des bras et des jambes, depuis sa naissance. Dès qu'elle fut en présence du Bienheureux, elle se jeta à ses pieds, le conjurant avec des gémissements et des larmes d avoir pitié d'une mère malheureuse et de daigner faire le signe de la croix sur son enfant. Elle espérait que le petit malade recouvrerait une santé parfaite parla vertu de cette bénédiction. Gomme le serviteur du Christ, par un sentiment d humilité profonde, refusait d'exaucer sa prière, elle redoubla ses sanglots, et reitéra ses supplications, en criant : - Père Antoine, ayez pitié de moi. - Le saint homme touché de compassion à la vue de la douleur de la mère et de l'infirmité de l'enfant ; pressé dailleursparles exhortations de son compagnon de route dont la piété était célèbre, se décida à tracer le signe de la croix sur l'enfant, le bénissant au nom et par la puissance de Jésus-Christ. O prodige ! l'enfant se redressa aussitôt parfaitement guéri. Tandis que auparavant sa mère désolée le portait appuyé sur son sein, elle le ramena rétabli, dans sa maison en le tenant par la main. L'homme de Dieu ne rapporta pas la grâce obtenue, à ses mérites, mais à la foi de cette femme, en la quittant, il lui recommanda de ne la révéler à personne, avant sa mort (i).
^poillJ^firaciucux, voir page 127.
(I) Histoire de saint Antoine de Padoue, par le R. P. Al. S. C.
TROIZIÈME MARDI Saint Antoine ; sa grande simjiUcité.
' implicite, ô que cette vertu est nécessaire pour faire un Saint !
L" Esprit-Saint faisant l'éloge du saint homme Job, commence par cette parole : Il y avait un homme ^î £ dans la terre de Hus, nommé Job ;
et cet homme était simple, droit, craignant le Seigneur et s'éloignant du mal. " Il avait la droiture du cœur parce qu'il était simple.
Le Sage, en invitant les puissants de la terre à aimer la justice et à chercher le Seigneur, sans quoi il n'y a de salut pour personne, commence le Livre merveilleux de la Sagesse, par cette autre parole, indiquant la manière de chercher le Seigneur, Auteur de notre salut : \ Ayez du Seigneur de bons sentiments et cherchez-le dans la simplicité de votre cœur. "
Notre Seigneur ne demandait-il pas une grande simplicité de ses Apôtres, lorsqu'il leur disait : " Soyez simples comme des colombes. " Et saint Paul, imitant son divin Maître, prévenait avec une grande sollicitude les premiers chrétiens contre les perfidies de l'antique serpent qui cherche toujours, afin de nous éloigner de
la voie de la sainteté, à nous faire pécher contre la vertu de simplicité : "Je suis jaloux de vous, disait-il aux Corinthiens, d'une jalousie de Dieu même. En effet, je vous ai fiancés à un Epoux unique, au Christ, pour vous présenter à lui. comme une Vierge pure. Mais je crains que comme le serpent séduisit Eve par son astuce, ainsi vos esprits ne se corrompent et ne dégénèrent de la simplicité qui est dans le Christ Jésus. " Et le grand Apôtre.: exhorte souvent les premiers fidèle^ à pratiquer la simplicité, sur le modèle de Jésus, leur adorable Maitre.
Pourquoi donc tant d'insistance pour une vertu que les prétendues sages du siècle tournent si facilement en division ?
Ecoutons encore, pieux Lecteurs, la réponse de l'Esprit de toute vérité : " Dieu veillera au salut des hommes droits, et il protégera ceux qui marchent dans la si/m plicité(i)." Et ainsi sous la protection de Dieu " Celui qui marche dans la voie de la simplicité, marche sûrement (2)." Et celui qui marche ainsi sait qu'il marche sûrement parce que " Ea Bienveillance du Seigneur est pour ceux qui marchent avec simplicité '{£).n Finalement il obtiendra le salut éternel, parce que " Celui qui marche avec simplicité, celui-là sera sauvé (4)." Ad-
(I) Prov. il. 7.