SON ORIGINE, SON BUT
N enfant de 20 mois, nommé ‘“l'homas, et dont
les parents habitaient près de l’église de Saint Antoine, à Padoue, avait été laissé seul, par imprudence, auprès d’une cuve remplie d’eau. De retour à la maison, sa mère le trouva plongé dans cette cuve, la tête en bas et les pieds en haut. Folle de douleur, elle l’en arrache aussitôt, mais le pauvre enfant était mort et ses petits membres étaient déjà tout raides. Les cris et les lamentations de cette mère énlorée eurent bientôt attiré tout le voisinage. Parmi la foule accourue se trouvaient aussi des Religieux Franciscains avec les ouvriers qui travaillaient à certaines restaurations dans l’Eglise de Saint Antoine. Tous s’apitoyaient et sur l’enfant et sur sa mère. Cependant, cette dernière plus calme, après les premiers excès de sa douleur, se tourna versle Saint, et se recommandant à haute voix à sa puissante
intercession, elle lui promit, par vœu, de donner aux pauvres une quantité de blé, égale au poids de son enfant, s’il le rendait à la vie, Sa prière fut exaucée. Le petit Thomas ressuscita, en présence de tous, et courut se jeter dans les bras de sa mère !
Plusieurs écrivains et panégyristes ont cru trouver dans ce miracle l’origine de | Œuvredu Pain de Saint Antoine,
Quoi qu’il en soit de cecte opinion, l Œuvre du Pain est déjà puissamment implantée au Canada ; et à l'heure présente, des milliers de pauvres indigents, de veuves, d’orphelins, d’orphelines mangent le beau Pain Blanc du Bon Saint Antoine, rendant mille actions de grâces à Dieu pour la générosité de leurs charitables Bienfaiteurs, de leurs pieuses Bienfai. trices !
Notre mère-patrie, la France, nous a quelque peu devancés dans cettà belle œuvre, si visiblement bénie du ciel! “Saint Antoine a aimé les pauvres, il les aime encore, et depuis quelque temps, il le témoigne d’une manière touchante, tout particulièrement en France. Il suffit de lui promettre de donner en son honneur À manger à ceux qui ont faim, pour obtenir du ciel.des grâces sans nombre.....,Mlle Louise Bouflier, de Toulon, ayant à ouvrir une serrure à secret, fit appeler un ouvrier qui déclara devoir enfoncer la porte. Mlle Bouffer eut alors l’inspira-
Le Pain de saint Antoine 9
tion de promettre un peu de pain aux pauvres, si saint Artoine la tirait d’embarras. S’adressant donc aux ouvriers, elle leur dit : “Avant de tout casser, Messieurs, accordez-moi, je vous prie, ure satisfaction. Je viens de promettre du pain à saint Antoine de Padoue, pour ses pauvres. Veuillez, au lieu d’enfoncer la porte, essayer encore une fois de l’ouvrir. Peut-être ce Saint viendra-t-il à notre secours.” Ils acceptent, et voilà que la première clef qu’on introduit dans la serrure brisée, ouvre sans la moindre résistance et semble être la clef même de la porte.
Depuis, Mlle Bouffier et ses amies usèrent de nouveau d’un moyen qui avait si bien réussi une première fois. Peu à peu le cercle des suppliants s’étendit, la statue de saint Antoine fut honorée d’une multitude : on se recommanda de partout à son oratoire. Un seul mot dira sa popularité : le chiffre des offrandes pour le pain des pauvres s’est élevé, durant l’année 1893, à plus de 35,000 francs (7,000 Piastres) 1.
Ce n’est pas seulement à Toulon que saint Antoine a montré que la dévotion du pain des pauvres lui est agréable. On ne compte plus les lieux où elle attire la bénédiction. En Belgique, en Italie, vientôt
1.—L'Œuvre du Pain est à peine établie ici, chez nous, à l'hôpital de la Providence, Trois-Rivières, et nous avons déjà reçu jusqu’à mille livres de Pain en un seul jour !
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partout saint Antoine exerce une double mission en se faisant le pourvoyeur des pauvres, et le secours de toutes les misères.
Pour donner une idée de la manière dont se répand en France le culte de Saint Antoine, ajoutons qu’une seule maison ! a fourni en 1893 plus de quatrevingt-six mille statues de notre Saint, et dans les cinq premiers mois de l’année 1894, elle avait déjà vendu quatre-vingt-six mille cinquante-deux statues et statuettes de diverses dimensions, variant de deux pouces à six pieds ! Plusieurs autres marchands ont atirmé qu’ils en étaient toujours dépourvus et que certains fabricants employaient presque tous leurs ouvriers à faire la statue de saint Antoine. Le saint Thaumaturge ne procure donc pas seulement du pain aux pauvres, mais aussi, on le voit, du travail aux ouvriers 2.”
1—M. Monna, statuaire, 22, place Saint-Etienne à Toulouse.
2— La Voix de Saint-Antoine, 1re Année, p. 18.
de pd