‹ Saint Antoine de Padoue [microforme]Chapitre 23 sur 78 · DER · texte numérisé non relu

DER

Alors on vit un spectacle admirable qui s’est repré: duit plus d’une fois dans les annales de l'Eglise, mai

qui rarement a été surpassé. La région dont Padoue

était la capitale, s’ébranla en entier, Des villes voisines!

des châteaux, des bourgades, des multitudes innon%k

brables se rendaient sur le théâtre où l'homme de

Dieu, Antoine, déployait son zèle, avec l'espérance

fondée que la doctrine de sa parole les mettrait sur le

chemin du salut. Ces braves gens qui appartenaient} toutes les classes de la société, se levaient au miliel de la nuit: ils marchaïient par des sentiers difficiles! et ils cherchaient à se devancer les uns les autres

Pour éclairer les ténèbres profondes, ils portaient à li

main des flambeaux allumés. Ils s'avançaient à grandih

pas, afin de prendre place, les premiers, autour deh chaire de l’horime de Dieu. On voyait accourir dé

soldats et des dames de la plus haute noblesse qui n8

craignaient pas de s’aventurer au milieu de la nuit”

Tandis qu'’autrefois elles avaient coutume d’attendré en plein jour pour se lever, maintenant elles avaienl oublié leur délicatesse. Il ne leur en coûtait rien 4 s'habiller longtemps avant l'aurore, et d'attendre pe

dant plesieurs heures que le sermon commençât. Leul ferveur se manifestait par d’autres signes encore pli éclatants. Elles s'étaient dépouillées volontairemei

de toutes vaines parures, pour se vêtir de robesd

tel

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lou cet

Mure : à leur tenue on les aurait prises pour des

qui s’est reptt

ARE MMrcligieuses.

e l'Eglise, ma S

n dont Padoué

s villes voisines!

Dans ces circonstances mémorables, l’évêque de Padoue donnait l'exemple à son troupeau. Il assistait,

ètidat en À la tête de son clergé, aux instructions du Bienheues AID. ;

Le reux, avec une humilité très-édifixnte. Sa présence ne

où l'homme del ur ;

d'a contribuait pas peu à attirer les foules et à soutenir “ vec l'espérance we s.

leur courage, au milieu des fatigues inséparables d’un D. s mettrait sur le : RER tel dévouement. Quand Antoine prêchait, on compappartenaient à

… tit jucqu'à fente mille âmes autour de lui. L’attention ent au miles

; Mr, lau’on lui prêtait était si vive, de tous les points de atiers difficiles! q P é P

cette iimense assemblée, qu’on n’entendait pas un

uns les autres

| , murmure ni le plus léger bruit. Ces jours-là les mar- Îs portaient à li

chands fermaient leurs boutiques : ils ne consentaient nçaient à grande Ko ss à vendre avant la fin du sermon, tant était ardent rs, autour deh | | | | le désir qu'ils avaient de l’entendre, Les femmes se it accourir de distinguaient parmi tous les auditeurs par les pieuses noblesse qui à © Mndiscrétions auxquelles elles s’abandonnaient. Elles icu de la nut®

ÿ valent le soin de venir munies de leurs ciseaux, et ume d’attendré

. elles coupaient dévotement des parce!les de la robe at elles avaienl

Lite du Saint, pour en faire des reliques.

coûtait rien (k » P q

Padoue était transformée. L'hérésie confondue se ‘ d'attendre pe

retranchait dans le silence qui était devenu son derpmmençât. Leul À

ier asile, Le vice ne levait plus la tête: la discorde es encore PURE - hagitait plus ses serpents dans les cœurs ; la vérité volontairemeil ue P * ss

Aa recouvré ses droits; la vertu trion tir de robes dl ; 1phante

déployait tous ses charmes.

Les notables vinrent en corps remercier Antoine di ce qu’il avait fait pour la cité ; et, à leur demande, i écrivit les discours dont les salutaires effets avaien régénéré læwille entière.

Peu après, Antoine quittait Padoue pour voler al secours des habitants de Vérone, sur lesquels Ezzelini de Romano, -gendre de Frédéric IT, faisait pese comme sur le reste de la haute Iialie, un joug ‘ntolé rable, Impossible de compter les victimes de sa crual té, impossible de décrire tous les genres de supplick inventés par son inhumaine férocité. Il était la terre des”"populations ; il étouffait dans le‘sang les n,0indrél révoltes contre son autorité. Par son ordre, ‘‘on tui

les chevaliers et les nobles citoyens par grandes tro pes, dans les places publiques ; puis on mettait ke corps en pièces et on les rassemblait pour les brûlë Les amis, les parents, les frères se livraient lun l’autre ou s’entretuaient de leurs propres mains, croya gagner les bonnes grâces du tyran qui, peu de joue après, les faisait mourir eux-mêmes. Il faisait arrach les yeux aux enfants des nobles, puis les laissait ml

rir de faim dans ses prisons où périssaient aussi qui

tité de dames et de filles nobles. Chaque jour (

faisait mourir des personnes dans les tourments; on entendait jour et nuit leurs cris lamentables. Tou

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PRET EN ae A SAR TER TO er EE NE PU ES y ÿ | a *

saucun n'osait se plaindre publiquement de tant

cier Antoine dé

2 maux : il fallait louer Ezzelino dans ces mons-

eur demande,i j !

euses cruautés, le traiter de juste, de sage, de cons effets avai à x À Due fl rvateur de la patrie, lui souhaiter la vie et la victoire:

core ne gagnait-on rien par ces flatteries. Toujours pour voler al Ne Ron: ne ù ur impitoyable, il n’épargnait ni âge, ni sexe, esquels Ezzelini ; Vs État profession. Il traitait le clergé comme le peuple, aisait pesel D.

At hé à, religieuses comme les séculiers. Il prenait les biens un joug ‘nto - | be s évêchés, des abbayes, et des autres bénéfices, et mes de sa crual à , Mu servait pour commettre plus facilement ses crimes. ares de supplick

Il était la terre

ang les 1 0inûfré

n'y avait plus ni prédication, ni confession, ni visite DS saints lieux, ni autre pratique extérieure de déion.(1)”

ordre, ‘‘on tu : Lin, je j è ‘Vérone, après bien d’autres villes, était tomb ‘e au

par grandes tro

voir du tyran, et Padoue, tremblant au récit des s on mettait |8

Mocités commises en ce lieu, n'avait plus qu’à attendre

pour les brükse , < RE même sort. Emu des alarmes de ce pauvre peuple,

livraient lun

Rioine comprend que Dieu exige de lui un grand res mains, CrOyal ) é

7, de courage. Il vient donc à Vérone, et se fait ui, peu de joil

ED goduire dans le palais du féroce Ezzelino, comme Il faisait arrachi

nt à lui faire des communications très-importantes.

les laissait md Û nas à S qu'il est en sa présence, le Saint, sans se soucier du saient aussi qui

l et fixant sur ce tigre un regard assuré : “ Sacri- Chaque Jour { ù ER AR à

que e ennemi de Dieu, s’écrie-t-il, tyran cruel, chien ks tourments ;

entables. Toil

gé, quand cesseras-tu de verser le sang innocent ?

nait entnerérnsibrennen nmmmnh mme aa ns e— « DE

JFleury, Histoire ecclés. Tom. XVI. — César Cantu, Hist, D Tom. IL......

Le sang des chrétiens élève vers le ciel un arid

vengeance contre toi ; la sentence divine plane surl tête, et ton jugement sera € ’oyable....” Le Sa dans da hardiesse de ce langage, adressa au tyran | plus durs reproches sur sa conduite scandaleuse4 effrontée. Les satellites armés qui entouraient Ezzelin toujours prêts à accomplir ses volontés, n’'attendai qu’un signe pour mettre à mort ce moine dont l’audat bravait ainsi leur maître. Mais Dieu tient dans: mains même les cœurs les plus pervers. Ezzeli attiré à la voix d'Antoine, comme autrefois Attila À voix de Léon, se prosterne devant l’apôtre intrépil lui fait l’aveu de ses crimes, et se déclare prêt à ok à ses ordres. Ses satellites et ses complices étaié stupéfaits. Ezzelino leur avoua plus tard qu'il avait sortir du visage de cet homme une lueur éclatante l'avait épouvanté ; et, qu'à son aspect, il s'était cru moment d’être précipité au plus profond de l'enfer

Le tyran conçut pour Antoine une estime singuli Pendant quelque temps, 1l ne commit pas de nouv& crimes. Mais son instinct pervers, dont il s'était MSvart l'esclave, tendait à reprendre le dessus. Se sentéhaut gêné par le Saint, il résolut de mettre sa vertildois l'épreuve, et de lui donner la mort, après avoir dimVér dans l'esprit du peuple la haute considération doïliipard jouissait. Le monstre remit donc à ses serviteurs

le ciel un orit vine plane surt ».,,: 7 Ce ressa au tyran lé e scandaleuse4 uraient Ezzelin( és, n’attendaiet ine dont l’auda a tient dans: ervers. Ezzel trefois Attila à ’apôtre intrépil clare prêt à ob complices était tard qu'il avaiti seur éclatante t, il s'était cru

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estime singuliè}

résent considérable et leur dit : “Allez offrir ce présent de ma part à Frère Antoine, avec le plus d’humilité xt de dévotion que vous pourrez ; s’il l’accepte, tuez-le Bussitôt ; mais s’il le refuse avec indignation, supporez tout avec patience, et revenez sans lui avoir fait

ucun mal.” Ces perfides envoyés, s'étant présentés

rès-humblement devant Antoine, lui dirent : “Votre ls, Ezzelino de Romano, sé recommande à vos prières, et vous conjure d’accepter cette modeste offrande qu'il vous adresse par dévotion ; daignez intercéder auprès du Seigneur pour le salut de son âme” Le Saint refusa avec indignation un présent fruit du vol et du brigandage, et intima à ces envoyés de se retirer sur-le-champ, afin que sa demeure ne fût pas souillée plus longtemps par leur présence. Quand Ezzelino apprit l'accueil fait à ses dons, il dit à ses satellites : “C'est un homme de Dieu, laissez- le en paix; qu'il dise de moi tout ce qu’il voudra.”

Après avoir visité Padoue et calmé les inquiétudes

des habitants, Antoine se rendit à Bologne, évangéliser Ferrare, prêcha l’Avent et le carême de l’année suiante (1229) à Florence. Il retourna ensuite dans la haute Italie: à Milan, il travailla à convertir les Vaudois. Il visita successivement Verceil, Varèse, Brescia, Vérone, Mantoue, semant sur son passage la sainte

Sparole,. combattant l'erreur et lui arrachant de

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sn ET ED ST Re D D PRÉ TE ee OT or

nombreux adeptes pour les convertir à l'Eglise, Les biographes de notre Saint rapportent ici un tri reinarquable. Le Saint prêchait à Florence, où l’usu était un désordre très commun. Or, un usurier notoi | et des plus riches étant mort, Antoine fut invité à fai l'éloge du défunt. Il prit pour sujet de son allocutig ces paro'es de l'Evangile :: “ Ox est votre trésor, là à “votre cœur:” et développant ce texte avec force, il s’écr d’une voix terrible et inspirée : “ Ce riche est mort etil a été enseveli dans l'enfer, Allez à son trésor, et là voi

7 A ces paroles, l'auditoire €

trouverez son cœur. ?

comme frappé de la foudre. Les parents consternk sont à peine rentrés dans leur demeure, qu'ils ouvre le coffre renfermant les richesses du défunt et trouva au milicu des pièces d’or le cœur de ce malheur usurier (1). ? |

En 1230, le serviteur de Dieu se dirigea, quelqu jours avant la Pentecôte, vers Assise, où devait avoll lieu la translation du corps de saint François. Il assis ta ensuite, comme Provincial, au chapitre génén ‘ qui fut présidé par le Père Jean Parent L'homme Dieu y obtint d’être délivré de sa charge pour rentt dans la vie privée et se consacrer uniquement au nl nistère apostolique. Le chapitre terminé, Antoine al passer quelques jours sur la sainte montagne de l!

(1) Auréole Séraph. — Vie anonyme — Boll,.....,

Sue à Divan l'Eglise, ‘* . LE" ÆMvernc, afin de s’y reposer dan®$ la solitude de ses >rtent 1C1 untr ù 4

, Mincessantes fatigues, et de s’y préparer à de nouveaux rence, où l’usu É , L Mhabeurs. On lui donna une cellule qui se voit encore n usurier notol

Aprés du lieu de la Stigmatisation.

fut invité à fa : : ! à Vers la fin de l’année 1230, notre Saint reprit ses le son allocuti ! : A à courses apostoliques : il reparut à Padoue, y prêcha le otre trésor, LA ., As ee …,, Moaréme (1231), et sa prédication produisit de nouveau ec force, il s’écri , . :

| Mldans cette ville les fruits les plus merveilleux. Il évanche est mort etil

e LL gélisa ensuite les villes et les bourgs voisins de Padoue, résor, et là vol ; , à fete

P 4 . éconciliant les pécheurs, convertissant les hérétiques, s, l’auditoire & | Bftouffant les haires et les désordres, ramenant partout ‘ents constern , & Aa paix.

re, qu'ils ouvre Ô , Fate L'heure de la récompense approchait pour cet infatiéfunt et trouva

| table ouvrier évangélique ; Antoine en avait été averti e ce malheurt

Dar révélation.

dirigea, quelqué où devait avoll rançois. Il assi chapitre génén t L'homme ge pour rent quement au 1 né, Antoine ali

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