‹ Saint Antoine de Padoue [microforme]Chapitre 8 sur 78 · DU LL 2 LISE · texte numérisé non relu

DU LL 2 LISE

eee ne ane

ral 38 WIAET

Ïl y avait au Puy un notaire qui menait une vie déréglée, au scandale de toute la cité. Or, chaque fois qu'il passait devant Antoine, celui-ci se découvrait respectueusement et se mettait à genoux à ses pieds. Le notaire prit ces procédés pour une moquerie : ils'irrita intérieurement de tels outrages, et il évitait avec soin celui qui les lui prodiguait. Malgré ces précautions, Dieu permit qu'ilse trouvât encore une fois en face de son prétendu insulteur qui, en l’apercevant, se prosterna selon son habitude. Le notaire, obéissant toujours | à son idée fixe, s’emporta dans un excès de colère, et s'adressant à Antoine, il lui dit : Que me voulez-vous ? Et que signifie le ridicule cérémonial que vous suivez à mon égard ? Si je ne craignais pas les jugements de Dieu, à l'instant je vous transpercerais de mon épée.— Antoine lui répondit avec tranquillité : J'ai toute ma vie souhaité de mourir martyr pour l'amour de Notre Seigneur Jésus-Christ. Mes désirs n’ont pas été exaucés ; mais il m'a été révélé que vous rendriez témoi: gnage à notre sainte religion, et que vous scelleriez ses enseignements de votre sang. Quand donc lheure de

votre mort sera venue, je vous prie de vous souvenir de

celui qui vous l’annonce aujourd’hui. —- En entendant

ces paroles, le notaire se mit à rire par incrédulité, etil continua son chemin. Or, peu de temps après, l’évêque du Puy résolut de s’embarquer pour Jérusalem, afin,

æ Mn: T9

it une vie dé- honorer les Saints Lieux et de prêcher la foi aux

chaque fois Ærrasins. Le notaire ayant appris la détermination de écouvrait res- évêque, se sentit tout à coup changé en un homme ses pieds. Le nouveau ; et, après avoir vendu tous ses biens et en rie : ils'irrita voir distribué le prix aux pauvres, il se mit à la suite tait avec SOin 4e son pasteur. C'était le temps où les chrétiens fais précautions, aient de lointains pèlerinages, pour expier leurs péchés ois en face de,utant que pour satisfaire leur dévotion envers le Tomvant, SE PrOS beau de Jésus-Christ. Arrivé en Orient, le notaire se issant toujours Ænontra enflammé d’un zèle tout apostolique. Il ne craide colère, et

oulez-vous ? Et

tait le vrai Dieu, et que Mahomet n'était qu’un imvous suivez à osteur et un fils de Satan. Devant ces provocations,

jugements de infidèles exaspérés le saisirent, et pendant trois jours e mon épée.— J'ai toute ma

our de Notre

lui firent subir les plus cruelles tortures. Au mofnent

d’expirer, il se souvint de l’apôtre franeiscain, et déclara

à ses bourreaux qu’il lui avait prédit sa fin plusieurs t pas été exau-

endriez témoi:

années auparavant.

Dans la même ville du Puy,une dame de qualité, étant s scelleriez ses

sur le point de devenir mère, vint se recommander aux onc l'heure de

rières d'Antoine, qui lui promit de se souvenir d’elle bus souvenir de

En entendant ncrédulité, etil après, l'évêque lérusalem, afin

dans le saint Sacrifice. Cette dame se présenta de

ouveau bientôt après, et lui fitla même demande.

Alors l’homme de Dieu se tourna vers elle, et lui dit :

yez bon espoir, et réjouissez-vous ; car le Seigneur ous donnera un fils qui sera grand dans son Eglise :

onait point de prècher publiquement que Jésus-Christ .

ee ro ere

moneratnalmer pour

Ste, pensée € ns Vo

ER UE ae — eee D en NES

parer

PRE NE RTE: 2/4 et grmnrmtemeeramenes

EN da De

ah le als Lam TA 5

SD ee AU PE TRS HR I AUS Ver. AO RER LENS

Gi

il deviendra ‘Frère Min et il mourra mattyr,

L'événement justifia cette prophétie. Cette dame mit'au monde un fils qui fut nommé Philippe. Il prith l’habit de saint François ; et, devenu prêtre, il alla en Palestine, travailler à la conversion des infidèles, Il fui pris par les Turcs, à Azot, soumis aux plus cruelles tortures, et mis’à mort avec un grand nombre de chré. tiens qu’il ne cessa d'exhorter au martyre (1).

Les faits que nous venons de rapporter produisirent une impression profond” ns tout le pays d’alentour. La tradition en a gardé .. ment le souvenir.

Vers cette même époque, un habitant de Brive, e Limousin, résolut de bâtir, à quelques pas de la ville un couvent qu'il destinait aux Frères Mineurs. Quand cet homme pieux eut achevé l'édifice matériel, entre pris sur des proportions modestes, comme il conve nait pour des enfants du Pauvre d’Assise, Antoine vint y habiter quelques mois, et il y bâtit l’édifice spi rituel, construit avec des pierres vivantes et taillées su le modèle de Jésus-Christ, son divin Maître. Ce coul vent de Frères Mineurs qu’il organisa au fond du Li

mousin, fut une source de vie pour toute la contrée. L'homme de Dieu prit sa part du bienfait qu’il pro curait aux autres. ‘Il se construisit, dit Wadding, un

(1) Nous donnons plus loin, au 6e Mardi, tous les détails de 0

glorieux martyre !

Li: ki x nn AN à re ÿ Ph nd pins FF qi |:

urra mattyr. /llule dans une grotte écartée du couvent ; il creusa # »,, Cette damelians le roc vif un petit réservoir pour recevoir les eaux | 7 ailippe. El pritfui coulaient le long de la paroi qui formait sun des k | rêtre, il alla enfôtés de la grotte. Là, il se condamna à d’effrayantes L es infidèles. Ilustérités ; il menait la vie érémitique ; et il goûtait È ix plus cruelleskes délices de la contemplation (1). ” È ombre de chréfS Après avoir pris possession du couvent de Brive, au ë re (1). Bon de son Ordre, et y avoir installé ses Frères, An- re ter produisirentioine se dirigea de nouveau vers le théâtre de son Ë pays d’alentour@Bpostolat. Les signes et les prodiges qui l'avaient ; puvenir. ccompagné jusque là, continuèrent à éclater autour |: it de Brive, enlle lui. |:

pas de la ville “Un certain jour de grande fête, le saint homme L fineurs. QuandiBréchait. Une dame de noble extraction l'écoutait et | matériel, entre (1) Après la canonisation de saint Antoine, les fidèles se portè- [E me il convellt en foule à la grotte que le Saint avait habitée, et de nombreux ; iracles s’y opérèrent. Les Franciscains de Brive y firent cons- IE Assise, Antoin( ire un petit couvent pour les Pères chargés de desservir ce pèletit l'édifice spi nage. Pendant la grande Révolution, la communauté de la ville : (N

celle du petit couvent disparurent dans la tourmente. Néanoins le pèlerinage aux grottes de saint Antoine ne cessa pas. Enfin, le 22 avril 1875, les Franciscains furent remis en possession e l'antique Sanctuaire, et reprirent le service de ce célèbre pèlenage. — Nous avons eu le bonheur de visiter les saintes Grottes, È année même où nos Pères venaient d’en prendre possession, Ces:

DR ace

es et taillées s

aître. Ce coù u fond du Li te la contrée. . |

EPS LAN ERES

rame ue Mae AE EU NU IEP ÉRRTE TEST ere es e

enfait qu’il profouveaux gardiens du pieux Sanctuaire, vivaient là dans une É auvreté absolue, mais l’âme inondée des plus douces consolations. t Wadding, ur l'heure présente, les Grottes de Brive sont redevenues célèbres, di. us les détails de dit les foules accourent avec confiance pour y recevoir du ciel, par entremise du grand Thaumaturge saint Antoine, les plus écla- 1: antes faveurs ! :

semblait boire ses paroles. Ce que voyant, l'imp Satan voulut lui ravir le fruit d’une si excellente in truction. En conséquence il-se transforma en courrier et se dirigeant vers cette dame avec des lettres à | main, il lui annonça que son fils, après avoir été fal prisonnier de guerre, avait été mis à mort par l’ennem Alors l’homm= de Dieu découvrit par révélation le ruses de l'esprit malin. Quoiqu'il n’eût pas aperçu

fantôme qui s'était. glissé dans l’auditoire, il s’adres

à la malheureuse mère, du haut de la chaire ; ete présence de toute l’assemblée, il lui dit : “Ne craigni pas, ma sœur ; votre fils vit encore, et il jouit d'u

bonne santé : ce courrier, c’est le diable.” A ces mol le prétendu courrier s’évanouit comme une fumé légère.

Les maux les plus pénibles ne résistaient pas pl que les démons à la puissance d'Antoine. “Un ou tandis qu’il était occupé à donner une instruction: peuple, un fou qui était dans l'auditoire, se levai troubla tout le monde. L'homme de Dieu le pria avg douceur de se taire: le fou lui répondit qu'il ne: obéirair que lorsque il lui. aurait donné sa corde. Auf sitôt il dénoua le cordon qu’il portait autour des reit et le lui donna. Le pauvre fou le saisit avec empres ment ; il se mit à le presser sur son cœur et à le co

vrir de baïsers ; maïs il recouvra subitement lPusaget

voyant, l'imp

si excellente ins rma en couïrier des lettres à | rès avoir été fal ort par l’ennem ar révélation le ût pas aperçu itoire, il s’adres la chaire ; et & it: “Ne craign

et il jouit d'u

ble.” A ces mol

mme une fumé

sistaient pas pl Un ‘oi

ne instruction:

oine.

ditoire, se levat

Dieu le pria av

ondit qu'il nei

é sa corde. Aul

autour des reiil sit avec empress

œur et à le cok

itement l’usaget

E ment de satisfaction.

At > sa raison. Al-+s il se prosterna aux pieds de l’homme de Dieu, au milieu de l'admiration générale, rendant grâces à cause de la guérison miraculeuse qu'il venait d'obtenir, et invitant l’assemblée à glorifier le Seigneur qui se servait de son apôtre pour de si grandes choses.

“ Dans le même pays de France, il y avait, dit l’Auteur anonyme de la vie du Saint, une femme qui désirait ardemment suivre l'homme de Dieu, tandis qu’il

sortait de la ville, pour aller prêcher dans le voisinage.

[Mais son mari, qui était mal disposé, s'y opposa. Cette

défense la molesta beaucoup ; et pour se consoler de ne pouvoir pas assister à la prédication, elle monta au haut de sa maison. Là, se mettant à la fenêtre, elle tourna ses regards vers l'endroit où le sermon devait se faire, afin de donner à son cœur un commence- Alors il arriva ün fait merveilleux, Quoique le théâtre de la prédication fût à une

| distance de deux milles, elle entendit très-distincte:

ment la voix d'Antoine, Ses accents étaient si suaves, elle goûtait en les écoutant une délectation si céleste, qu'elle resta trop longtemps à la fenêtre. Son mari s’impatienta et lui adressa de durs reproches ; mais

elle répondit sañs se troubler qu'elle écoutait le sermon

du Père Antoine, A ces mots, le mari éclata de rire et dit que sa femme était folle. Celle-ci soutint sa thèse et affirma qu’elle entendait réellement la voix de

—— 44 — é l’homme de Dieu. Le mari, voulant s’en convaincre, monta et se mit à la fén£tre. Les mérites de sa fidèle compagne lui valurent d'entendre très-distinctement le prédicateur. A partir de ce jour, on vit les deux époux assister à tous les sermons du Père Antoine, ”

Par tous ces prodiges, Antoine portait au Mani. chéisme albigeoïs des coups mortels. Le serviteur de Dieu quitta bientôt après le Velay. Vers la fin de l'année 1205, il fut envoyé à Rourges où l’hérésie manichéenne avait gagné beaucoup de terrain. Il la com: f battit de front, avec son zèle ordinaire et avec des avantages dont les annales du temps font mention. Les habitants de Bourges se montrèrent si empressés à venir entendre le saint prédicateur, le concours fut si considérable autour de sa chaire, qu’il n’y eut bientôt plus dans la ville une église, ou même une place capable de contenir la foule de ses auditeurs. Il fallut songer à prêcher en pleine campagne, Un jour donc l'évêque et le chapitre organisèrent une immense prof cession qui se dirigea vers un enclos voisin de la ville. C'était pendant l'été, et le temps était magnifique, Antoine monta sur un tertre élevé, pour mieux se faire entendre. ‘ Or, tandis qu'il prêchait avec une éloquence extraordinaire, et que ses paroles plus douces que le miel excitaient vivement l'attention du peuplé

suspendu à ses lèvres, le ciel se chargea de nuages,

1 convaincre, s de sa fidèle

distinctement

n vit les deux

e Antoine. ”

tait au Manie serviteur de Jers la fin de l'hérésie maniin, Il la comre et avec des

font mention, !

t si empressés e concours fut n’y eut bientôt me une place teurs. Il fallut

Un jour donc}

k immense pro:

isin de la ville.

hit magnifique,

- mieux se fairé

avec une élo®

les plus douces ition du peuplé

gea de nuages,

TEE RH ANENEE ul TRE PR RL NCY RO EE PAS ue CEE Pat DRE RS PR CRT ape VER

d'où sortaient de sinistres éclairs ; le tonnéerre gronda, et une pluie algndante commença à tomber. Le peuple, épouvanté par l’orage, s’ébranla aussitôt ; et, cédant à la peur, il allait se retirer. Mais l’homme de Dieu rassura ses auditeurs d’une voÿ caressante et leur dit: Ne bougez pas, et que la pluie ne vous inspire pas de crainte. J'espère en Celui qui ne trompe jamais la confiance qu’on met en lui ; je vous promets que pas une goutte d’eau ne tombera sur vous. Le peuple se confia aux paroles de l’homme d: Dieu, et il ne fut pas déçu dans son attente. Celui qui enchaîne les eaux dans les nuées, suspendit la pluie sur sa tête ; et tandis que tout autour de la ville l'orage avait formé des torrents, pas une goutte d’eau ne tomba sur le peuple qui recueillait avec avidité les préceptes de la loi sainte. À la fin du sermon, le peuple étonné de voir que la terre était inondée, tandis que la place qu'il occupait était sèche, glorifia Dieu dont la puissance se manifestait par la vertu de son serviteur, ” L’anaée 1226 était déjà avancée, lorsque Antoine reçut de ses supérieurs l’ordre de se rendre à Arles pour assister au Chapitre provincial qui était convoqué pour le mois de septembre. Il y rencontra ses Frères venus en grand nombre des couvents du midi ; et il eut de tous l’accueil le plus flatteur. Ses travaux apostoliques faisaient du bruit. Ceux qui ne le connais.

se Ou

Pa 4

Re” e-

RE à

ne Vu ASE OCEAN ARS AE ON RAP RE MAG

+ RERAESE PRROERRRRS NES ARR Per QRL

We fe LE

saient pas désiraient depuis longtemps voir cet homme extraordinaire, plus grand encore par ses vertus que par son éloqnence et par les miracles qu’il opérait, Son humilité fut mal à l'aise au milicu des louanges qui ne se déguisaient pas assez. Mais plus il s'abaissait dans sa propre estime, plus il montait dans celle de ses Frères. On s’entretenait de sa science dont il avait déjà donné des preuves dans les écoles, des combats qu'il livrait chaque jour à l’hérésie manichéenne, et des effets merveilleux qu'il produisait partout. Il ne pouvait pas rester inaperçu : et, malgré ses efforts pour se dérober à la gloire, il ne parvint pas à échapper à ‘un rôle éclatant. C’est lui qui fut désigné, avec l’approbation unanime des Religieux, pour.être l’orateur du Chapitre.

A peine eut-il commencé à exercer son ministère que Dieu se plut à manifester. les mérites de son serviteur, et à confirmer sa destinée par un prodige trèsextraordinaire. Le 14 septembre, jour de l'Exaltation à de la Sainte Croix, tandis qu'Antoine était en chaire, il arriva un événement dont saint Bonaventure est resté l'historien le plus émouvant. Voici en quels termes il nous l’a transmis. ‘Quoique saint François ne pût pas assister en personne aux Chapitres des provinces, néanmoins il est vrai de dire que les règle- Bsor ments qu'il avait prescrits pour ces assemblées, les Met

ETS

ir cet homme >s vertus que qu’il opérait, des louanges sil s'abaissait dans celle de : dont il avait des combats nichéenne, et artout. Ilne >s efforts pour à échapper à né, avec l’ap-

être l’orateur

son ministère

de son serprodige très- # e l'Exaltation | it en chaire, naventure est ici en quels saint François Chapitres des que les règle-

semblées, les!

+ delta LE RS NU seb SE ’ & tt dr Vies s DRE At MARNE RÉ Arf on GE PT Érct As à tie APE ; a rs PAGE ve x

PR ATUTE prières ferventes qu’il adressait au ciel pour leur succès, et la hénédiction qu’il leur envoyait, le rendaient pour ainsi dire présent partout. Quelquefois même Dieu, par sa puissance, l’amenait miraculeusément au milieu de ses enfants. C’est ce qui eut lieu à Arles, pendant que l'excellent prédicateur Antoine, le brillant confesseur du Christ, parlait aux Frères sur la Passion du Sauveur et sur l'inscription de la Croix ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Un des religieux, nommé Monald, d’un: vertu éprouvée, se sentit poussé par l'inspiration divine à regarder vers la porte du Chapitre. Il vit alors le bienheureux François élevé en l'air, les bras étendus en croix et bénissant l’assemblée. Les Frères se trouvèrent tous remplis d’une si grande consolation spirituelle, que ce témoignage intérieur les assura de la présence de leur Père, en confirmant la vision de Monald; le fait devint encore plus certain par l’aveu de saint François lui-même. Il faut donc le croire : le Seigneur qui, par sa vertu et sa puissance, conduisit saint Ambroise aux obsèques du glorieux pontife saint Martin, voulut aussi que les vérités annoncées par Antoine, son prédicateur, et spécialement celles qui regardaient la Passion de Jésus-Christ, reçussent une nouvelle approbation de son serviteur François, qui savait si bien porter la croix et la prêcher aux autres, ”

ER REA TR LSDENE NET CRD

RD RSS ÉTAT VER ePoU TT URI PNR TES AT EET PORN PRE ; PNR En PU PMP NO, VO DV DES

» LR Us 16 5

Page 1