‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 118 sur 142 · ESDRAS, HI, IV · texte numérisé non relu

ESDRAS, HI, IV

{*) Actes des Apôtres, xxv. 11.

(*) Saint Jean, xiv, 6.

{*) Proverbes, xvi, 13.

(*) Ibid., xxY, 5.

*(•) Ibid., XV, 13.

<') Genèse, xlii, 21.

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Labati montra sa méchanceté contre Jacob {*). Aussi vois-tu le soupçon chez ceux qui fuient et se cachent, et, en nous, la liberté de la justification : car il ne s'agit pas aujourd'hui de biens de fortune, mais de la gloire de l'Eglise. Celui qui est frappé d'une pierre, cherche le médecin ; mais les coups de la calomnie sont pips aigus que ceux des pierres : La calomnie , dit Salomon, est une massue f un glaive, un javelot aiguisé ('). Contre eux, il n est de remède que la vérité. La néglige-t-on : les blessures s'aggravent plus terriblement.

13. — De là le trouble de toutes les Eglises. On imagine des prétextes, et des évéques si considérables et d'un tel âge sont exilés , parce qu'ils sont en communion avec moi. Et si tout devait s'arrêter là, l'attente serait bonne : car tu es humain. Puisse, pour que le mal n'aille pas plus loin, la vérité prévaloir en toi ! Ne laisse pas le soupçon s'élever sur toute l'Eglise, quand des chrétiens, et surtout des évêques, osent de tels coo^lots (H de tels écrits. Si tu ne veux pas faire de recherches, il est plus juste d'ajouter foi à ma justification qu'à la calomnie. Les calomniateurs font le mal en ennemis ; moi. Je combats et j'apporte des preuves. J'admire vraiment la réserve de mes paroles et l'impudence où en sont venus mes adversaires, de mentir à un empereur! Mais examine dans l'intérêt de la vérité et, comme il est écrit, en recherchant, recherche ('), devant nous, d'où viennent ces propos et où furent trouvées les lettres. Mais on ne convaincra pas un de mes secrétaires, et pas un de ceux du tyran ne parlera : car c'est une ima-

(') Genèse, xxxi, 5.

(*) Proverbes, xxv, 18.

(») Joël, J, 7.

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gination. Et peut-étre convient-il de ne pas chercher davantage : car on ne le veut pas , de crainte que celui qui écrivit les lettres ne soit nécessairement découvert. Quel est-il? Seuls les. calomniateurs le savent.

14.^^ Puisque la grande église est aussi devenue un sujet d'accusation, parce que la sjnaxe y aurait été célébrée avant Tachèvement de Tédifice, je présenterai une nouvelle apologie à ta Piété ; car j'y suis réduit par les sentiments hostiles de mes adversaires. Oui, je le confesse, cette synaxe fut célébrée; jusqu'ici je n'ai point menti ; je ne vais point maintenant nier la vérité. Mais la chose s'est faite autrement que ne l'ont rapportée les accusateurs. Permets-moi de le dire, nous ne célébrâmes point de jour de dédicace, très-pieux Auguste : il nous était interdit de le faire avant d'avoir reçu ton ordre; ce n'est point non plus par préméditation que nous en vînmes à cet acte : aucun évéque, aucun clerc, n'avait été appelé, et les travaux étaient loin d'être terminés. La synaxe ne fut pas même annoncée, pour ne point donner de prétextée l'accusation. Tous savent ce qui s'est passé; écoute néanmoins avec ta douceur et ta patience. C'était la fête de Pâques. Le peuple était immense et tel que pourraient le désirer dans une ville chrétienne des empereurs amis du Christ. Les églises se trouvant peu nombreuses et trop étroites, il y avait un grand trouble; on demandait à se réunir dans la grande église et que là tous priassent four ton salut : ce qui se fit. Je les exhortais à attendre et à se réunir, en s^ pressant dans les autres églises; ils n'écoutèrent pas et étaient prêts à sortir de la ville et à se rassembler dans le désert, sous le soleil, aimant mieux supporter la fatigue de la route que de célébrer la fête dans le chagrin.

A l'empereur constance. 32t

15. — Crois-moi, ô empereur, et ici reçois encore le témoignage de la vérité. J)ans les synaxes de la sainte Quarantaine, à cause de l'exiguïté des édifices et de la grande multitude des peuples, beaucoup d'enfants et de nombreuses jeunes femmes, beaucoup de vieilles et de nombreux jeunes hommes, violemment pressés, furent rapportés chez eux : grâce à Dieu , aucun ne mourut ! mais tous murmuraient et demandaient la grande église. Si , avant la fête , telle fut la presse, que fût-il arrivé le jour même de la fête? toutes choses encore plus fâcheuses. II ne convenait pas que la joie se changeât pour les peuples en chagrin, Tallégresse en deuil , la fête en pleurs, surtout quand je savais avoir l'exemple des Pères. Le bienheureux Alexandre, quand les églises étaient trop étroites, et que lui-même bâtissait, sous le nom de Théonas , celle qui alors était regardée comme trop grande-, y réunissait les fidèles et, malgré les assemblées» n'interrompait pas les travaux.

J'ai vu la même chose à Trêves et à Aquilée ; là aussi, les jours de fête et à cause de la multitude, les évêques faisaient les assemblées dans des lieux encore en construction, et ils ne trouvaient point d'accusateurs. Ton propre frère, d'heureuse mémoire, fit partie, dans Aquilée, d'une telle synaxe. Ainsi je fis moi-même; ce ne fut pas une inauguration, mais une assemblée de prière. Aussi, je le sais, ami de Dieu, tu accueilles avec faveur l'empressement des peuples et me pardonnes de ne pas avoir mis d'obstacle aux prières d'une telle multitude.

16. — Mais je veux encore adresser une question à mon accusateur. Où convenait-il que les peuples priassent, dans le désert ou dans un lieu de prière en cons-

truction? Quel était le lieu convenable, le lieu saint où le peuple pût répondre amen ? le désert ou Tendroit qui déjà portait le nom du Seigneur? Et toi, très-pieux empereur, où eusses-tu voulu que les peuples levassent les mains et priassent pour toi? sur le passage des hellènes ou dans un édifice qui, sous ton nom, est désormais, ou plutôt depuis sa première fondation , appelé la maisoi^ du Seigneur ? Je sais que tu t'empresses de répondre en faveur de ton église : car tu souris, et ton sourire mer montre ton sentiment. Mais , dit l'accusateur , il fallait prier dans les églises. Je Tai dit, elles sont toutes trop* petites et trop étroites pour les peuples. Comment convenait-il de faire les prières? Valait-il mieux que le peuple assistât, par parties et en se divisant, à une prière périlleuse, ou, du moment qu'il y avait désormais un édifice capable de recevoir tous les fidèles, qu'une seule et même voix s'y fit entendre dans une universelle symphonie? n'était-ce pas préférable? Ainsi se montrait l'unanimité de la multitude; ainsi sommes-nous plus vite entendus de Dieu. Car , selon la promesse du Sauveur, si deux personnes unissent leurs voix pour tout cequ'elles pourront demander, il leur sera accordé (*), Que sera-ce si d'une telle réunion de peuples il s'élève une seule voix , disant à Dieu amen? Qui ne fut dans l'admiration? Qui ne te félicita à la vue d'un tel peuple assemblé dans un seul lieu? et les peuples, avec quelle joie ils' se regardaient mutuellement , eux qui auparavant se réunissaient en des lieux divers I Ce fut pour tous du bonheur; seul, le calomniateur fut affligé I

(') Saint Matthieu, xtui, 2.

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17. — Il me reste à prévenir une autre objection. L'édifice n'était pas achevé, dit Taccusateur, et il n'était pas permis d'y faire des prières. Lorsque ïu pries, dit le Seigneur, entre au fond de ta demeure et ferme les portes (^). Maintenant que dira l'accusateur? ou plutôt que diront les sages et les vrais chrétiens ? Interrogeles, 6 empereur : car c'est de l'un qu'il est écrit : Le fou dira des folies (*), et des autres : Prends conseil de tout homme de sens ('). Quand les églises étaient trop étroites, quand les peuples étaient si nombreux ei voulaient s'en aller au désert, que fallait-il faire? Le désert n'a point de portes et est accessible à qui veut venir ; le lieu du Seigneur, au contraire, a des murs et des portes; il fait la distinction des pieux et des profanes. Tout homme sensé, 6 empereur, n'en convient-il pas avec ta Piété? Ici. on le sait, il y a légitime prière ; là, soupçon de désordre : excepté pourtant si, privés de sanctuaires, ceux qui prient, comme Israël, habitaient la solitude; encore Israël, en élevant le tabernacle, avait-il désormais circonscrit le lieu de prière. maître et vrai roi des rois, Christ, Fils unique de Dieu, Verbe et Sagesse du Père, c'est parce que le peuple implora ta clémence, c'est parce que par toi il invoque ton Père, le Dieu suprême, pour le salut de ton serviteur, le très-pieux Constance, qu'aujourd'hui je suis accusé. Je rends grâce à ta bonté qu'on me fasse un crime de l'observance de tes lois. Tout autre eût été l'accusation, et véritable le grief, si, laissant là l'édifice élevé par l'empereur, nous eussions cherché le désert pour prier. Comme alors

(') Saint Matthieu, vi, G.

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