CONCILE
à craindre qu'elle ne se divisât, il était temps pour leurs nombreux successeurs de se rassembler de nouveau et de donner aux hommes le spectacle d'une assemblée souveraine délibérant, non sur les intérêts des peuples et des rois, non pas même sur des desseins semblables à ceux qui avaient donné Tempire du monde à la ville éternelle, mais sur les choses du ciel qu elle représentait, dissipant les incertitudes, fixant la foi et, puisque Ton mettait en discussion celui qui lavait apportée sur la terre, prononçant, au nom de Dieu, sur la nature, la divinité et Téternelle royauté du Verbe. C'est dans M. de Broglie qu'il faut lire l'histoire du Concile deNicée. L'éloquence et l'érudition, la hauteur de vue, une parfaite connaissance du quatrième siècle, une critique sagace et impartiale, tout se réunit pour discerner la vérité dans les récits des contemporains, en fondre les principales circonstances dans un tableau dramatique et nous faire assister à la préparation, à la tenue et aux suites de ces grandes assises du christianisme.
A la première nouvelle des discordes religieuses d'Alexandrie, Constantin avait poussé un cri de douleur (*). Il voyait la division dans l'empire et son œuvre détruite. Le mal gagnait tout l'Orient et pénétrait jusque dans sa famille : sa sœur Constantia prenait parti pour Arius ("). Son premier mouvement fut d'adresser aux deux adversaires une lettre, « où se rencontrent, dans un étrginge contraste, la hauteur du maître, la soumission du fidèle
(^) ËusÈBE, Vie de Constantin, n, 62; Sogràte, i, 4; Sozomène^ i,
(') SozoMÈNE^ III, 19; Philostorge, 1, 9; saint Jérôme, adv. Pelas* gium ad Clesiphontem,