‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 21 sur 142 · DE NICÉE · texte numérisé non relu

DE NICÉE

•et le dédain de l'homme d'état (*). » « bonté divine, » leur disait-il, quelle nouvelle a frappé mes oreilles ou » plutôt a blessé mon âme I Toi, Alexandre, tu as cher- » ché à savoir le sentiment de chacun de tes prêtres » âurune question frivole, et toi, Arius, tu asimprudem- -» ment avancé ce que tu devais, ou ne jamais penser, » ou, si tu le pensais, enfermer dans le silence. L'inter- » rogation ^ été imprudente, et la réponse indiscrète. » Accordez-vous un mutuel pardon. Il ne s'agit point » entre vous d'un commandement essentiel de la Loi et » l'on n'introduit point un dogme nouveau sur le culte » de Dieu. Vous avez un seul et même sentiment : aussi » pouvez-vous aisément rentrer en communion. Voyez » comme tous les philosophes d'une même secte, malgré » des différences sur des points particuliers, s'unissent » dans un seul dogmel Retournez donc à votre mutuelle » amitié; rendezau peuple ses embrassements fraternels; » rendez-moi mes jours tranquilles et mes nuits sans » inquiétude. Que je puisse jouir, comme un autre, de » la pure lumière et d'une vie désormais paisible (*)! ^ Le porteur de cette lettre était un évêque venu du fond de l'Occident, Hosius de Cordoue. Il avait ordre de se présenter comme arbitre ; mais, ne parlant que le latin à des gens qui ne lui pouvaient répondre qu'en grec, il dut comprendre peu de chose aux mots qui étaient l'objet du débat, et prononça sans succès. « Il n'amollit, ^ dit Eusèbe, ni Alexandre, ni Arius; c'était même par- > mi le peuple une discorde et un trouble sans apaise-

(*) M. de Broglie, L'Eglise et VEmpire romain au 4^ siècle, X, h p. 380.

(*) Eusèbe, Vie de Constantin, ii, 68-72.

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