‹ Saint Athanase, etude litteraireChapitre 88 sur 142 · UTILITÉ DES MOINES AU QUATRIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

UTILITÉ DES MOINES AU QUATRIÈME SIÈCLE

» Toyant tous on danger, le vieillard, triste et gémis- » sant, s'éloigna un peu, et, fléchissant les genoux, il » étendait les mains et priait ; et, tout de suite, il obtint » que le Seigneur fit jaillir de Teau i Tendroit où il se » tenait en prière. Et ainsi tous burent et revinrent à la » vie. Ils remplirent les outres, cherchèrent le chameau y^ et le trouvèrent retenu par sa bride, qui s'était en* » roulée autour d'une pierre ; ils ramenèrent, chargé* » rent les outres et repartirent sains et saufs (^). » Est-il rien de plus vivant? et ne dirait-on pas un chapitre de la Bible, la fuite d'Agar dans le désert ou celle de la sainte famille en Egypte ?

Telle est cette vie, ou plutôt ce panégyrique , ou mieux encore, puisque j'ai risqué le mot, ce poëme de saint Antoine : c'est moins , en effet , la vie et l'éloge d'un homme, qu'un tableau idéal d'une grande institution. On a tout dit contre la vie monastique ; on a tout dit en sa faveur. Il faut au moins convenir qu'elle eut pour l'Eglise ses jours de grande utilité. Celui qui lui rendait ce public et touchant hommage le savait bien. Quels services ne lui avait pas rendus un corps si fortement organisé, si vigoureusement dirigé, et dont tous les membres, rivalisant de vertu, s'immolaient sans réserve à la cause commune? En vain les empereurs l'avaient chassé, poursuivi, traqué dans le désert : grâce aux moines qui copiaient et répandaient ses écrits dans tout l'Orient, qui le cachaient et passionnaient les peuples pour sa cause, il restait l'invisible archevêque de l'Egypte. « Sans les moines, a dit un » contemporain, l'historien Sozomène, l'Orient était

(*} Vie de iaint Antoine, 54, p. 668.

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