CINQUANTE ANS DE MEDECINE
L'HONORABLE Dr LaRUE
Le 17 février 1895, à Saint-Augustin, l'honorable / u »
Dr LakRue, conseiller lésislatif, a été l'objet d'une, Ü ]
démonstration bien flatteuse.
MN. l'abbé Bélanger, curé, et M. Louis Jobin, maire de St-Augustin, lui présentèrent l'adresse suivante, à l'occasion du cinquantième anniversaire
de son arrivée dans la paroisse, comme médecin :
Honorable Monsieur,
Il y à 50 ans, malgré l’antipathie prononcée de quelques paroïissiens marquants de St-Augustin pour les médecins, un jeune docteur en médecine venait s'établir dans cette paroïisse. Doné de toutes les qualités propres
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à gagner les cœurs et À inspirer la confiance, ce jeune docteur envisageait l'avenir sans crainte, Cinquante années de travaux couronnés de succès, une jolie fortune acquise en même temps que la confiance et l'estime de ses co-paroissiens, prouvent clairement qu'il ne fut pas déçu dansses espérances, Aussi, c’est avec une joie bien grande que nous venons ce soir vous offrir nos félicitations les plus sincères à ce médecin, qui n’est autre que vous, Honorable Monsieur.
Oui, puisque l’année 1895 apporte avec elle le joyeux événement @e vos noces d’or comme médecin et la cinquantième année de votre établissement dans la paroisse de St-Augustin, permettez-nous, honorable Monsieur, de vousexprimer plus de cœur que de bouche la reconnaissance et l'affection de ses co-paroissiens.
Mais, honorable Monsieur, comment vous redire sans blesser votre modestie tout le bien que vous avez fait, tous les services que vous avez rendus, non seulement à cette paroisse, mais À tout le comté de Portneuf, et nous pourrions ajouter au pays tout entier !
Comme médecin— : Cinquante années d’une vie active ct infatigable ont été employées au soulagement de vos nombreux patients. Votre dévouement auprès des malades ne s’est jamais démenti un instant, jour et nuit vous vous êtes dépensé pour eux. Un territoire dificiie à parcourir, les circonstances pénibles dans lesquelles vous vous êtes trouvé bien souvent vous ont toujours montré le même ; plein de courage et d'énergie, toujours bienveillant et généreux, en tout le modèle du médecin non-seulement habile, mais chrétien et le type du parfait gentilhomme.
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Comme député.— Qui pourra exprimer d’une manière digne tous les services rendus à la noble cause de la colonisation et de l'agriculture ? Convaineu que le défrichement de nos terres incultes, l'ouverture des chemins, une colonisation intelligente et progressive, étaient les moyens infaillibles de développer nos richesses, d'apporter l’aisance aux colons, de faire grandir dans le cœur de nos enfants l'amour du sol natal, d'accroître nos forces et d’éloigner pour jamais le fléau de limmigration:; vous n'avez pas craint de vous mettre à l’œuvre malgré les obstacles et les difficultés de tout genre que rencontrait ce projet gigan-. tesque. Vous avez donné l'exemple, et c’est À vous, avec l’aide du clergé, que nous devons l’organisation de la Société de Colonisation dans le comté de Portneuf qui a produit de si beaux résultats. C'est vous qui avez engagé les députés de la Chambre locale À faire tous leurs efforts pour établir des sociétés semblables dans leurs comtés respectifs et avez rendu aïnsi des services inappréciables à la cause de la colonisation et de l’agriculture: œuvre sainte autant que nationale ; car, comme le disait dernièrement un éminent prélat : Qui fait aimer les champs fait aimer Dieu.” Vos sages conseils, les fruits de votre longue expérience, votre appui, en un mot, ont toujours été assurés À ceux tentés de former un syndicat de cultivateurs, des cercles agricoles ou autres sociétés analogues. Vous avez toujours travaillé à obtenir dans l’intérêt de leurs membres des renseignements précis de nature À rendre l’agriculture plus prospère dans toutes les branches. Quel zèle n’avez-vous pas déployé, Honorable Monsieur, quand le cercle agricole de cette paroisse s’est
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occupé d'organiser une Exposition ! Aussi le succès qui l’a couronnée vous est dû en grande partie, &’ tout le
LA \ Q monde se plaît à vous proclamer le protecteur attentif, l'ami dévoué et celairé de cette belle cause de la colonisation et de l’agriculture dans laquelle repose surtout l'avenir de notre cher Canada,
Honorable Monsieur, quel intérêt n’avez-vous pas porté au progrès et au développement de toutes nos œuvres paroissiales ? La plupart de ces œuvres qui pouvaient assurer le bonheur des paroïissiens de St- Augustin, vous doivent ainsi qu'à ces vénérables prêtres
. que nous avons eus pour curés, sinon leur création même, du moins leur élan, leur direction et leur fécondité,
Aussi, Honorable Monsieur, pouvez-vous, avec fierté, jeter un regard rétrospectif sur les 50 années qui viernent de s’écouler ; car, la carrière a été noblemont et honorablement remplie, et c’est un devoir bien doux pour vos co-paroissiens de venir vous féliciter et vous prier d’agréer avec le sincère hommage de leur gratitude leurs meilleurs souhaits de santé et de bonheur. Nous demandons à Dieu de répandre sur vous ses bénédictions les plus précieuses afin que vous viviez encore longtemps pour le bien de nos co-paroissiens,pour le bonheur de votre aimable famille et, en particulier, de Mademoiselle votre sœur, qui a su trouver dans son cœur des trésors de tendresse et de dévouement nour remplir la tâche difficile qu’elle a reçue en partage, servir de mire à vos petits orphelins et vous rendre moins sens, 1e la perte de’cette épouse selon le cœur de Dieu «ui était le charme de votre foyer.
Nous vous prions d’agréer en même temps que vos
vœux ce modeste cadean qui vous rappellera notre estime et notre attachement et vous edira en notre nom : ‘ Au revoir À vos noces de dinraant ””.