‹ Saint Augustin et son médecin dévoué [microforme]Chapitre 5 sur 5 · LES PAROISSIENS DE ST. AUGUSTIN · texte numérisé non relu

LES PAROISSIENS DE ST. AUGUSTIN

L'honorable M. Larue, très ému, répondit à cette adresse ‘ans les termes suivants :

M. le Curé, M. le Vicaire, M, le Muire el mes chers amis,

J’ai à peine besoin de vous dire combien je suis sensiblement flatté de la démonstration toute cordiale que vous ne faites ce soir,

Vous comprenez que dans la longue carrière de médecin, il se présente bien souvent des moments difficiles. Son ambition n’est pas de recevoir des hommages comme vous m'en faites ce soir ; cur il n’a en vue que laccomplissement du devoir et plus les difficultés sont ardues. plus son courage et son énergie doivent se multiplier. Les veilles, les voyages, les fatigues ne sont jas, croyez moi, ce qui est le plus pénible au médecin : mais bien plutôt la responsabilité qui lui incombe, surtout au médecin de campagne, éloigné de tous secours de la part de ses confrères et seul qu’il est à lutter contre le mal.

Au chevet du pauvre comme à celui du riche, ie médecin faillirait à sa tâche s’il n’était pas chrétien et ne comprenait pas que sa meilleure récompense est la

satisfrction d’avoir accompli son devoir. (C’est là le seul mobile qui m’a fait agir et qui m’a encouragé.

Maïntenant que ma carrière comme médecin est terminée, je vous demande d’accorder à mon ami et successeur, M. le Dr Watters, la même confiance, la même sympathie etla même bienveillance que vous n’avez jamais cessé de me prodiguer.

Pour vous parler comme homme public, je dois vous donner certaines explications et vous rappeler certains faits passés il y a déjà longtemps et quant à vous Messieurs les jeunes, qui ne connaissez pas mes débuts, comme homme public, il importe que je vous fasse voir que je n’y suis pas arrivé par ambition, mais par le désir d'accomplir mon devoir.

En 1867, les Révérends Messires Milette, Curé‘de St-Augustin, Laberge, Curé de l’Ancienne Lorette et Drolet, Curé du Cap Rouge, venaient chez moi m’annoncer qu’à une réunion de tous les curés du comté de Portneuf on m’avait choisi comme candidat à la chambre locale ; j’acceptai et fus élu. J'e fus élu par acclamation pour un secoud parlement, et lors de la lutte qui me fut faite, lorsque je me présentai comme candidat pour un troisième terme, je fus élu par plus de #00 voix de majorité. +

Mon arrivée en chambre me causa des inquiétudes et je ne me sentais pas prêt à aborder et discuter les questions politiques avec lesquelles je n’étais pas encore familier. Aussi je me mis à l’ouvrage et plus je travaillais, plus je sentais que je devais me rendre utile à mes électeurs. Je fus convaincu que ce qui pouvait

leur être le plus utile, c'était des réformes dans l’agriculture et la colonisatic:1. Je m’en occupai donc d’une manière spéciale et je suis bien sensible au témoignage flatteur que vous me rendez en faisant mention de ce fait dans votre adresse.

Une autre question toute nouvelle alors à laquelle je me suis dévoué spécialement, c’est celle d’hygiène. C’est À ma demande qu’un comité spécial fut nommé pour étudier cette question et j'en fus le président et nous fîmes passer la loi concernant les statistiques vitales qui fut e point de départ de la loi d'hygiène actuelle. Comme vous le voyez, mes chers amis, j’ai essayé À ne

as jouer un rôle inutile en Chambre et j'ai fait tous mes efforts pour être utile et rendre justice à mes électeurs et à moi-même.

J'avais déjà vieilli sous le harnaïs et bien que je ne fus pas malfaisant, on m’appela au conseil où j'ai l'honneur de siéger. Là encore, j'essaie à me rendre utile À mes concitoyens et à mes anciens électeurs du comté de Portneuf, que je n’ai jamaiïs oubliés Mais comptez qu'après cette démonstration et vos témoignages de constante amitié, je sens mon courage de 20 ans me revenir pour travailler à ous être utile. Ce qui se passe aujourd’hui, resserre davantage les liens qui nous unissaient ; je vous ais reconnaissant de m’avoir fourni l’occasion de vous prouver mon amitié et mon dévouement. J'accepte votre adresse et vos cadeaux, qui m’accompagneront toujours et que je laisserai à mes enfants qui, élevés par ma bonne sœurs, ont appris depuis bien longtemps à vous aimer, vous aïment avec nous et continueront-à vous aimef-après nous.

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