I. Ibid., n" 16; col
').. « Ubi proplerea dkitur babilare, quia ihi fit volunias ejus perfecdi eorunijin quibus habitai obedientia » (n" 41; col. 8i8). 3. Ep. LXXVIII, n" 3; col. 209.
Lorsqu'il écrivait : « L'homme s'agite , mais Dieu le mène! », Fénelon pouvait avoir lu dans saint Augustin : « Les hommes n'agissent pas, ils servent d'instruments (à Dieu) », wo/z agimt, sed agitur de illis -. Évidemment, en elle-même, l'action de Dieu n'est pas multiple; mais saint Augustin la représente en deux manières différentes dont l'une correspond à la notion ordinaire de Providence ^, c'est-à-dire à la notion de surveillance et de direction.
Les Manichéens, en effet, opposaient le mot, au septième jour Dieu se reposa (Gen. Il, 2), à cet autre mot, Mon Père opère encore maintenant (Jo. V, 17) ; et saint Augustin leur disait : « l'un n'est pas contraire à l'autre. Car Dieu se reposa de l'œuvre qu'il avait accompKe : ce qui veut dire , il ne faisait plus désormais le monde et tout ce qu'il contient; et cependant, s'il se reposait, il ne laissait pas de gouverner le monde. Donc, désormais, il ne travaille plus à créer le monde ;
1. Sermon pour V Epiphanie .l^"" Point. — Œuvr. compl., éd. Gaume, t. V, p. 618.
2. Serm. CCXV, n» 1; t. V, col. 1427. Voici la sentence complète : « Oderunt veritatem hommes, et verHatem prophetant nescientes. Non agunt, sed agitur de illis. »
3. Sur la Providence, voir : !« [388-395] Libre Arbitre (lib. III, c. ii, n" 5) ; — 2° [388-395] Quatre-vingt-trois diverses Questions (Quœst LUI, n" 2, surtout vers la fin, n^^ 3 et 4) ; — 3" [394] Contre Adimante le Manichéen (c. Il) ; — 4° [401-415] Explication littérale de la Genèse (lib. IV, c. XXI, XXII ; lib. VIII, c. IX); — 5" [à partir de 415] Cité de Dieu (lib. V, c. XI; lib. X, c. XIV); — 6" [408 ou 409] Ep. Cil (Quœst. II, n'' 13).
l'œuvre est complète, il se repose. Mais il travaille au gouvernement du monde ; c'est à ce travail que le Seigneur nous le montre occupé^. »
De plus, Dieu n'a pas nos faiblesses; il n'est pas réduit comme nous à ignorer les détails ; et s'il veut s'occuper spécialement des détails, il n'y a jamais pour lui le danger d'oublier le total : « Il ne limite pas son dessein à chaque objet particulier^, mais il forme chaque chose en vue du tout ; il met toute sa sagesse dans la formation de chaque chose à sa place et à son rang ; il accorde à chaque chose, et pour elle-même et en vue du tout, ce qui convient ^. » — « 0 vous , le Dieu bon et tout-puissant, qui veillez sur chacun de nous comme si vous n'aviez à veiller que sur celui-là ; et qui veillez sur tous comme sur chacun ^ ! »
Selon un autre mot de saint Augustin, la Providence s*exerce « en deux manières : l'une naturelle, l'autre volontaire ». Or, par Providence naturelle, saint Augustin entend l'ordre et la vie dans l'univers : la vie végétale et la vie animale ; mais, par Providence volontaire, il entend la direction imprimée par Dieu aux volontés ; et comme les volontés n'échappent jamais à la direction divine, on peut dire qu'il entend par Providence volontaire, l'activité des volontés et des intelligences : « l'en-