Ibid., no 41; col
liG SALNT AUGUSTIX.
effet, le peuple de Dieu, sans être encore devenu égal aux anges, est appelé déjà pendant cette vie le temple de Dieu, combien plus le temple de Dieu est-il dans le ciel, là où est le peuple des anges ^. » Et les dernières phrases de VÉpître rappellent expressément qu'au ciel il y a une plus grande domination de la grâce, et non une présence plus substantielle de Dieu ~.
Saint Augustin pense aussi que Dieu opère davantage en certains endroits, sans pourtant y être davantage. Il avait, un jour, à décider entre un religieux et un prêtre qui s'accusaient mutuellement de vol : n Je choisis, dit- il, un terme moyen : ils s'engageraient l'un et l'autre à se rendre à un lieu sacré, où les prodiges terribles accomplis par Dieu ne manqueraient pas de manifester la conscience malade de l'un et de l'autre, et, par le châtiment ou par la crainte, tireraient un aveu. Certes, Dieu est partout, il n'est ni contenu, ni enfermé dans aucun endroit ; il exauce en silence, il justifie aussi et il couronne en silence. Et pourtant, lorsqu'il s'agit de ces choses visiblement connues des hommes, qui peut scruter les desseins de Dieu? Qui peut dire pourquoi en tels endroits de tels miracles s'opèrent, et en d'autres ne s'opèrent pas^?»
Voilà les explications, pour ainsi dire, préliminaires; d'autres vont plus à fond, mais elles exigent que l'on traite de l'action de Dieu.