Signa dari, doceri et disci
2. De Genesi ad litieram, lib. VIll,c. ix, n» 17; t. III, col. 379 sq.
3. Voir, par exemple : 1° [388-395] Z^6re At^bitre {lih. III, c. xi etxii);
— 2 [vers 415] Cité de Dieu (lib. VII, c. xxx circa fmem).
4. Pour tout ce paragraphe, outre les indications données en notes, voir surtout : 1** [.388-395] Quatre-vingt-trois diverses Questions (Qusest. LXXIX, no 3-5) ; — 2° [397] Questions à Simplicien (lib. II, Quaest. III, IV, V); — 3» [iOi-iib] Explication littérale de la Genèse {lih. VI, surtout c. i, XII; lib. IX, surtout depuis c. xv); — 4" [400-416] Trinité {lib. III, depuis c.nàx);— 5n415] Cité de Dieu (lib. IV, c. ix; et [426] lib. XXII, c. xxiv);
— 6°[420]^p. CCF(nM7).
Or, cette force et cette nature incorporelle, productrice de l'univers corporel, soutient par sa puissance actuelle tout l'univers. Car, après avoir produit, elle n'a eu garde de s'éloigner et d'abandonner son œuvre*. » Mais « la force productrice , effectoria vis^ ne peut cesser de maintenir ce qui a été produit par elle, et de le défendre contre la perte de cette réalité qui le fait être en tant qu'il est. Car ce qui n'est pas par soi-même, s'il est abandonné par le principe qui le fait être, ne sera
plus^ )).
C'est l'année même de son baptême, que saint Augustin parlait ainsi. Il est revenu plus tard, bien souvent, sur le même sujet. Il a écrit, par exemple, dans Y Interprétation Littérale de la Genèse, ce passage resté classique : « La puissance du créateur, et la vertu de celui qui peut tout et qui soutient tout, est la cause qui fait subsister toute créature. Si, un moment, cette vertu cessait de régir les choses qui ont été créées, c'est alors que leur réalité prendrait fm, et que toute nature s'évanouirait. Et sans doute, un architecte , après avoir construit, s'en va; il reste oisif ou il se tient éloigné, et son œuvre subsiste ; mais le monde ne pourra pas subsister un seul instant, si Dieu lui soustrait cette action par laquelle il le régit 3. »
Il insiste, et voici en quels termes il prétend expliquer sa pensée : « Quelques-uns s'imaginent que le monde lui-même a seul été fait par Dieu ; mais pour tout le
1. « Non enim fecit, atquediscessit, effectumque disseruit. »
2. De lînmortalitate anima;, c. vin, n" l'i; t. I, col. 1028.
3. DeGencsi adlUteram, lib. IV, c. xii, n" 22; t. III, col. 30i.
reste, c'est le monde qui maintenant le produit, et cela, d'après la disposition et d'après l'ordre de Dieu ; d'ailleurs, Dieu lui-même maintenant n'opère rien » : ce qui, dans la pensée de saint Augustin, veut dire : ne produit ou ne crée rien, n'est la cause réelle d'aucune des natures qui, maintenant, commencent d'être. Or, à ceux qui croient cela saint Augustin oppose deux passages de l'Écriture ^, puis il conclut : « Croyons donc, et, si nous le pouvons, comprenons aussi que, maintenant encore, Dieu opère ; de telle sorte que si son opération était soustraite aux choses formées par lui, elles périraient-. »
Il disait encore à l'évéque Optât, et il le lui disait dans une Épître dogmatique : « i)/(e2^ , avez- vous écrit, a fait les hommes, et il les fait , et il les fera; il n'y a rien dans le ciel ou sur la terre qui n'ait subsisté et qui ne subsiste par l'action de Dieu. Or, reprend saint Augustin, cela est tellement vrai que personne n'en doute ^. Mais vous semblez n'avoir poursuivi qu'une pensée, celle de réfuter vos contradicteurs ; ils auraient, en effet, prétendu que nos âmes ne sont pas l'œuvre de Dieu. Et, vraiment, s'ils croient de la sorte, leur sentiment mérite bien d'être condamné. Car, même au sujet des corps, s'ils
1. r « Pater meus usque nunc operatur ; Pater in me manens facit opéra sua; et sicut Pater suscitât mortuos et vivificat, sic et Films qiios vult vivificati) (Joan. V, 17, 20, 21). — 2° « Stulte, tu quocl seminas non
vivificatur, nisi moriatur. Et quod seminas {est) nudum granutn;
Deus autem dai illi corpus quomodo voluerit » (iCor. XV, 36-38).
2. « Si conditis ab eo rébus operatio ejus subtrahatur, intercidant » {De Genesi ad litteram, lib. V, c. xx, n" iO; t. III, col. 335).