C. VIII, n" 15; c. x, n" 17 in fine
comme substance vivante ^ Considérée en elle-même, elle vivra, à moins que Dieu ne continue plus à la faire vivre ~.
Ici, comme dans les Soliloques , saint Augustin se souvient du raisonnement de Platon sur l'incompatil^ilité des essences contraires ; et ici, il le renforce et il le perfectionne. Car, mieux que Platon, il connaît la substantialité de l'àme. Mais ce n'est pas de Platon qu'il tient la doctrine de l'influence créatrice toujours nécessaire pour que l'être des choses persiste. Saint Augustin écrit donc : « Toutes les clioses qui en quelque manière sont, tiennent leur être de cette essence qui est souverainement et absolument : c'est par cette essence que l'âme est en tant qu'elle est, ou bien c'est par elle-même qu'elle est. Mais si elle est par ellemême, elle est sa propre cause d'existence et elle ne s'abandonne jamais; elle ne périt jamais Si, au contraire, elle est par cette essence absolue, cherchons la chose qui pourrait bien être contraire à cette essence, et qui enlèverait à l'àme la possibilité d'être âme que l'essence absolue lui donne ^. » La question est nette. Saint Augustin, qui répond d'abord d'un manière assez faible, arrive bientôt à des considérations de plus en plus fermes et complètes : « Si nulle essence, dit-il, en tant qu'elle est essence, n'a son contraire, bien moins l'essence première pourra-t-elle l'avoir. Si, d'ailleurs, c'est de cette essence que l'âme tient ce qu'elle