Lib. II, c. I, no 4 ; t. III, col
lait par leur bouche, n'a rien voulu enseigner aux hommes sur ces choses qui n'importent nullement au salut* >».
Que saint Augustin ait attribué aux auteurs inspirés une connaissance exacte de la physique, cela ne concerne nullement lusage que Ton peut faire de l'Écriture ni l'autorité qu'il convient de lui attribuer, car il reste toujours bien établi que l'Écriture n'enseigne rien en physique 2. Et, ici, il sera utile d'insérer quelques paroles caractéristiques adressées en 404, non plus à des chrétiens maladroits, mais au manichéen Félix : « On ne lit pas dans l'Évangile que le Seigneur ait dit : Je vous envoie le Paraclet, pour qu'il vous instruise du cours du soleil et de la lune. Car le Seigneur venait faire des chrétiens, non des mathématiciens ^. »
Enfin, un dernier détail, et vraiment un détail fort singulier, va montrer combien saint Augustin tient les saintes Écritures pour étrangères à la physique, et combien il est décidé à laisser aux savants toute liberté d'exposer selon leur conviction les faits directement soumis à leur étude. Il écrivait vers 390 à son amiNébridius : « J'accorderai que (pour la grandeur du soleil comparée à celle des astres) la réalité se conforme à l'apparence; et, en effet, je le crois ainsi*. » Il avait