N° 48 in fine
Sïk- SAINT AUGUSTIN.
sinon, plus tard, la plaie qui persistait; ce n'était pas, d'ailleurs, par endurance, c'était par insensibiKté cpi'il restait immobile; car, de même qu'un mort, il ne respirait plus. Cependant, si on parlait avec plus de force, il disait plus tard qu'il avait entendu comme des voix lointaines^. »
Saint Augustin avait donc attentivement observé; mais ce qui est préférable à tous les recueils d'observations, il avait bien jugé les phénomènes extraordinaires. Ce n'est pas lui , en effet, qui pouvait se laisser surprendre par l'étonnement ; il avait toujours conscience que nous ignorons le pourquoi essentiel de tous les phénomènes, et que la rareté de quelques-uns ne les rend ni plus importants, ni plus merveilleux 2. D'ailleurs, il laisse les savants raconter, selon qu'ils le connaissent, tout le détail extérieur, tout ce qui, de nos jours, s'appellerait physiologie; il ne veut ni s'exposer à la risée des savants, ni prendre auprès des autres l'attitude d'un homme qui saurait tout'^. Il ne manquera pas de rappeler que nous devons nous défendre contre le danger de considérer avec admiration les phénomènes rares : « Les hommes, dit-il, aiment à examiner les choses rares et à rechercher les causes de l'inusité; mais, pour l'ordinaire, les choses toutes semblables de chaque jour, et qui, d'ailleurs, ont souvent une origine plus mystérieuse, n'excitent pas même leur