Ep. CV, n° 5; col
mon sentiment était qu'il ne faut contraindre personne à l'unité du Christ ^ » , signifie ; les lois contre l'hérésie et contre le schisme ne doivent pas directement imposer l'abjuration. C'est, d'ailleurs, ce que saint Augustin écrivait déjà en 402 : « Si des lois ont été établies contre vous, elles ne vous contraignent pas à bien faire, mais elles vous empêchent de mal faire ^. » Et encore, à la même date : (( Pour nous, en tant que nous le pouvons, et en tant que le Seigneur le donne et le permet, si nous provoquons contre vous ces lois de bien douce coercition, c'est en vue des faibles et de leur fragilité ; car les faibles doivent pouvoir choisir sans crainte la religion à laquelle ils adhéreront; l'Église catholique doit leur être librement ouverte sans que vous puissiez les effrayer 3. »
En réalité, le langage de saint Augustin, à partir de 404, n'a jamais fait que reproduire, quelquefois avec plus de force ou avec un tour plus heureux, les pensées exprimées avant cette date. C'est ainsi que, en 417, l'Épitre CLXXXV propose ces deux sentences : « Quiconque refuse d'obéir aux lois que les Empereurs portent contre la vérité divine, s'assure une grande récompense; mais quiconque refuse d'obéir aux lois que les Empereurs portent en faveur de la vérité divine, s'assure un grand châtiment ^. » Et : « Les rois servent le Seigneur, en tant