Lib. II, c. Lxxxiv, n
38'+ SAJNT AUGUSTIN.
Ton ne cherche pas à propager la vérité par la violence * et qu'enfin des chrétiens se conforment à l'exemple de Jésus-Christ 2.
Saint Augustin n'ignorait donc rien de ce qui peut se dire en faveur de la tolérance. Mais bien décidément, il ne voulait pas la tolérance ; il ne faut ni atténuer ce fait, ni en éprouver quelque regret, ni demander pardon pour saint Augustin. « Le crime d'intolérance, en effet, comme le dit fort bien Jules Simon, consiste essentiellement dans Faction d'opposer la force , ou plus généralement l'autorité comme moyen de propagande ^. » Or si cet emploi de la force et de l'autorité est un crime , il faut reconnaître que c'est un crime fatal et que, sans ce crime, nulle société ne subsisterait. Car une société, c'est toujours et c'est nécessairement une réunion d'hommes qui vivent d'une certaine vie morale, et qui ne tolèrent aucune propagande capable d'atteindre efficacement les principes d'où leur vie morale dépend. Jules Simon, comme tout le monde, a consacré son existence à commettre ce qu'il nomme le crime d'intolérance; il ne s'est résigné que malgré lui à la liberté d'enseignement; il a tremblé devant les progrès de l'enseignement libre : <( L'enfance , grand Dieu! n'appartient-elle pas à ses précepteurs^! »
Les Droits de l'homme portent : « Art. X. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses,
i. Ibid., c. xcii, n° 202.
2. Ibid., c. Lxxx, n° 177; c. lxxxvii, n" 192; c. lxxxmii, n" 19i; c. Lxxxix, n" 196, où Pétilien prononce ce mot : » Chrislianitas enim niorlibus proficit ».