Oslendere
3. Alype, parlant selon les vues des sceptiques, venait de comparer la vérité à Protée, et il avait dit que, si un Dieu ne l'eût désigné, nisi indice alicvjusmodi numine, Protée serait resté insaisissable (lib. 111, c. v, no 11; col. 9i0).
4. Ib., ib., c. V, n° 12; c. vi, n" 13; t. I, col. 940. — Cf. De Quantitate aniinae, c. vu in fine et début de c. viii, et c. xiv in fine.
Sans faire appel au secours divin, le traité de laTrinité trahit une inspiration analogue. Voici ce qu'on y doit remarquer : saint Augustin vient de rappeler avec insistance que nous avons le sentiment invincible de penser et d'être : « Mais, continue-t-il, si de telles notions appartiennent seules à l'intelligence humaine, elles forment un total bien restreint. » Que va-t-il donc faire? Citera-t-il d'autres notions, ou du moins montrera- t-il que le sentiment de notre existence ne peut manquer de nous en faire trouver d'autres? Il dira simplement : « Chacune de ces notions se multiplie en son propre genre, à tel point que ce n'est plus un petit nombre, mais qu'il y a progression à l'infini. Celui, en effet, qui dit : Je sais que je vis, énonce qu'il sait une seule chose ; si donc il dit encore : Je sais que je sais mon existence, ce sont déjà deux choses; mais, savoir que Ton sait ces deux choses, c'est aussi une troisième science. Or, celui-là peut en ajouter encore une quatrième, puis une cinquième, et enfin, s'il en a la force, un nombre incalculable. Il y a donc ici progression, au point de ne pouvoir ni comprendre, ni énoncer les termes infinis^. » L'expression est malheureusement bien subtile, mais elle ne doit pas empêcher de voir l'importance absolue de la pensée. Car enfin, savoir que l'on sait, et après cela, savoir que l'on se connaît comme sachant, et ainsi de suite, n'ajoute rien de réel à la première science. Toute cette progression à l'infini signifie donc que nous avons invinciblement la conscience de penser et d'être,