DcMagistro, c. m, n" 5; t. I, col
signe est, d'ailleurs, moins déterminée que celle du langage^. On ne manifeste, et même on ne conçoit jamais la pensée sans un langage ; toute perception claire correspond à une détermination de la pensée, et toute détermination est nécessairement une formule, ou plus généralement, toute détermination s'identifie avec un signe; et, d'un autre côté, le signe n'est intelligible que si l'on a déjà une connaissance convenable de la chose signifiée-. En tout cela, il ne s'agit que de la connaissance intellectuelle; mais s'il s'agissait d'acquérir une notion sensible, il faudrait l'expérience, la constatation du fait 3.
Le traité De la Foi et du Symbole contient une observation sur la difficulté de faire entendre toute sa pensée : la parole et le geste n'y suffisent pas*. Le traité Sur l'Art de catéchiser les simples offre un passage très net, d'un tour parfaitement philosophique : « L'intellection illumine rapidement mon âme ; mais le langage est lent, il est long, il diffère de l'acte intellectuel ; et tandis que le langage se développe, l'intellection est déjà passée à l'état confus ; cependant, elle a merveilleusement laissé quelques vestiges dans ma mémoire ; ces vestiges durent autant que la parole, et c'est d'après ces mêmes vestiges, que nous constituons les signes arti-