De Trinitate, lib. XV, c. ix, n° 16; t. VUI, col
5. Sur ce sujet, on consultera ; 1» [388] Du Maître {cm, v, vi, x, xiii); — 2° De la Quantité de l'âme (c. xviii); — 3° [393] De la Foi et du symbole (c. m); — 4° [400] L'art de catéchiser les ignorants (c. ii, x); — 5*^ [400] Confessions {lib. \, c. xii, c. xx ; Lib. XI, c. m); —6° [400-416] Trinité (lib. XIV, c. viii; lib. XV, c. ix, x, xii-xv) ; — 7° [416] Traités sur saint Jean (Tract. I, n° 8).
6i SAINT AUGUSTIN.
De la Quantité de rame pose en un seul mot, très nettement, la question : « Imaginez un enfant né et nourri parmi des hommes qui ne parlent pas, et qui emploient des signes pour se manifester mutuellement leurs pensées ^ » : cet enfant n'aura pas le secours du langage ; néanmoins il pensera. Il y a, d'ailleurs, l'exemple constant des sourds-muets. Il pourrait, enfin, exister dans un désert une famille où le père et la mère, sourdsmuets, auraient des enfants capables d'entendre et qui vivraient loin de tout commerce humain 2. Saint Augustin, en cet endroit, ne fait que poser la question.
C'est dans le traité Du Maure qu'il la discute, mais il ne reprend pas les mêmes exemples. Sa discussion, parfois trop subtile, et toujours trop rapidement rédigée, a une réelle importance. Elle établit fort bien que la pensée, en son propre fond, diffère du langage, et, en général, de tous les signes qui la manifestent : le signe, d'ailleurs, est indispensable; c'est par lui que notre pensée se révèle à nous-mêmes et aux autres. « Vous exigez une notion réelle, qui, peu importe sa nature, ne se confonde pas avec les paroles; or, c'est par des paroles que vous l'exigez. Demandez donc, d'abord, sans paroles, et je vous répondrai, moi aussi, dans les mêmes conditions ^. » Les signes dont on use pour converser avec les sourds-muets, sont, plus encore que le langage, un simple procédé propre à faire deviner ce que la pensée a de réel; la puissance significative du