‹ Saint AugustinChapitre 69 sur 292 · C. XIV, n' 32; t.VlIf, col · texte numérisé non relu

C. XIV, n' 32; t.VlIf, col

sements, et, s'il est possible, vos pleurs à supplier Dieu, pour qu'il vous délivre du mal de Terreur ^ » Voilà l'état de bonne et humble volonté où il veut amener Honoratus. Il ne se lasse pas d'insister : « Il faut, d'abord, la purification de la vie et des mœurs, c'est ainsi que l'on devient capable de saisir le bon raisonnement 2. » Notre-Seigneur a voulu enseigner aux hommes la vérité ; il leur a donné l'exemple de l'abaissement ^ ; son exemple devait les rendre dociles; mais, en même temps, quelque chose d'extérieur devait les ébranler : « Il fallait donc que Notre-Seigncur accomplit des miracles devant leurs yeux ; car les insensés se servent de leurs yeux plus facilement que de leur raison *. »

Pour leur maJLheur, les insensés ne résistent que trop ; car, parmi eux, les simples ne comprennent pas, et les habiles, en raison même de leur disposition intellectuelle, sont inaccessibles. L'Église, aujourd'hui, peut essayer d'ébranler les uns et les autres, « en partie par les miracles (d'autrefois), en partie par le grand nombre des adhérents; or, que rien de cela ne soit nécessaire pour le sage, qui le nierait ? » Mais, en vérité, « rien ne convient mieux pour les peuples, et, en général, pour les insensés, que ce qui frappe les yeux ». C'est doncla seconde fois que saint Augustin exprime, presque dans les mêmes termes, la nécessité d'un premier ébranlement extérieur. « Les hommes, continue-t-il, qui vi-

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