C. XV, n
SAINT ALCL'SllX. g
vaient au temps de Notre-Seigneur, virent Teau changée en vin, cinq pains suffisant à rassasier cinq mille hommes, la mer passée à pied sec, les morts ressuscites. » iMais l'œuvre de Notre-Seigneur n'était pas uniquement extérieure ; et « c'est ainsi, que, tantôt dans un fait manifeste, il y avait le bienfait pour le corps, tantôt dans une sollicitation intérieure, le bienfait pour Tàme, et toujours, dans la manifestation de la divinité, le bienfait pour les hommes. C'est ainsi, enfin, que l'autorité divine ébranlait, afin de s'en emparer, les âmes déçues des mortels 1. y
Cette insistance à montrer la vertu purement extérieure du miracle, est ici fort caractéristique. Saint Augustin, en effet, s'adresse à un philosophe ; or, convaincre un philosophe, c'est susciter en lui une intellection nouvelle, on pourrait presque dire une intelligence nouvelle. Et sans doute, le miracle ébranle ; mais un ébranlement n'est pas toujours une modification de l'intelligence; il faut, de plus, l'action de Dieu sur l'âme : quœdani [opéra Chinsti) menti occultiore signo consulebant. Ni les miracles, dit encore saint Augustin, ni la multitude des croyants ne sont des raisons que le sage réclame. Il n'y a , d'ailleurs , en ce langage , rien qui marque quelque mépris du miracle. Saint Augustin suit ici l'exemple de saint Paul qui disait: «Les langues (le don des langues) sont un signe pour les infidèles, non pour les fidèles 2. « Le sage, en effet, celui qui, comme
1. Sic in se tune animas errani es morlalium divina commovebat auctoritas (c. xvi, n»34; t. VIII, col. 81» sq.).