Surtout c. XVI et c. x, n» 2i; col
4. Igaïe, VII, 9, selon les Septante. Le mot est célèbre chez tous les anciens Pères.
5. C. I, n*» 3 ; col. 453. —Dans la même ÉpitrCt mais au sujet de la connaissance des mystères, il y a le mot : habetfides oculossuos le. ii,no8);
Rien, en général, n'est plus vrai. Mais il faut discerner la véritable foi. Or, les hommes qui voyaient les miracles de Notre-Seigneur et qui entendaient ses discours, n'étaient pas unanimes à croire. Et, parmi eux, plusieurs « ne pouvaient pas croire; car, par un jugement secret, mais non par un jugement injuste de Dieu, ils avaient été aveuglés et endurcis, abandonnés qu'ils étaient de celui qui résiste aux superbes, et qui donne sa grâce aux humbles (Jacob. IV, 6) ^ ». De même, chaque jour, l'attachement à Terreur fait que l'on ne voit pas les raisons de s'en déprendre, et que Ton pervertit l'usage de principes tels que celui-ci : « Nous ne devons pas (à cause de difficultés insolubles), laisser échapper de nos mains des choses toutes certaines 2. » Saint Augustin disait, et il sera toujours bon de méditer une telle parole : « Pourquoi celui-ci croit-il, et celui-là ne croitil pas? Ils ont pourtant, l'un et Tautre, entendu la même parole, et si un miracle s'est accompli en leur présence, ils ont vu le même fait : c'est ici la profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieu, dont les jugements sont inscrutables (Rom. XI, 33)^. »
col. 456) ; ce qui ne signifie pas du tout que la foi nous fait comprendre les mystères; voire, m, n° 17, col. A60. 'Les yeux de la foi sont aussi mentionnés dans Enarrationes, in Psal. CXLV, n" 19; t. IV, col. 1897.
1. Tract, in Jo., Tract. LIV, n» 1; t. 111, col. 1780; —cf. Tract. LUI, no 6 et 10; col. 1777, sq. ; Tract. XLVIil, n° 3, 4; col. 1741 sq.
2. Be M usic a, Mb. VI, c. v, n°8;t. I, col. 1168. Bossuet : Les deux bouts de la chaîne... {Libre Arbitre, c. iv, vers la fin; Qiuvr. compl. (Lâchât), t. XXII, p. 451). — 1° Pour le mauvais usage de ce principe : attitude de saint Augustin avant sa conversion, Confess., 11b. V, c. x, n.o 20 ; t. I, col. 715. — 2° Pour le bon usage ; exhortation et reproche aux Manichéens, De duabus animahus , c. xiv, n" 23; t. VIII, col, 110.
3. [418] Ep. CXCIV, n*' 10 ; col. 878, à Sixle, celui qui, plus tard, fut pape.
S'il n'y avait à combattre que la simple incapacité et la simple inattention, il serait toujours possible de les vaincre^. Mais l'orgueil intellectuel offre une tout autre résistance. On ne peut avoir raison de lui qu'en prenant pour règle, au sens même où saint Augustin les prononce, les paroles suivantes : « Quelle âme, enfin, avide d'éternité, et toucbée par la brièveté de la vie présente, lutterait contre l'éclat et contre la sublimité de l'autorité divine-? » Cette belle sentence adressée à Volusien, un philosophe, est merveilleusement complétée par celle-ci, qui s'adresse également à un philosophe , Consentius : « Aimez beaucoup de comprendre 2. »
Pour exercer réellement une activité intellectuelle, il faut, au même degré, se défendre contre l'imagination et avoir le sens du mystère.
Longtemps, l'intempérance de l'imagination avait rendu inutile, chez saint Augustin, l'effort pour comprendre'^. Il pouvait d'autant mieux déplorer la grossièreté des représentations auxquelles s'arrêtaient les Mani-
1. Studiis facilius et laboribitSy quam inertia desidiaque averlaris {De Qunntitatc animx, c. xxxi, n° 63; t. I, col. 1070. Passage à lire).
2. Kp. CXXXVH, c. IV, n° 16; col. 524; cf. n» 15, et n" 18 in fine. — Sentence analogue, vers 300, De diversis Quœslionihus LXXX1II, Quœst. XXXV, n" 2; t. VI, col. 24.
3. Intelleclum valdeama [Ep. C-YJV, c. m, n" 13; col. isu). 'i. Ci-dessus, chap. II, par. i.
chéens ^ ; et plus tard il disait : « Si nous transformons tout en représentations corporelles, nous ne pouvons plus convenablement réfléchir même sur Torigine de notre perception sensible 2. » C'est Timagination qui contraint certains hommes à concevoir l'âme comme corporelle : « Car, si on les invite à penser sans représentation corporelle, ils s'imaginent que là il n'y a rien^. » L'imagination trouble « cette clarté sereine qui, du premier coup, brille lorsqu'on dit, vérité^ ». — « Les perceptions sensibles nous sont beaucoup plus familières que l'intellection ; voilà pourquoi nous les jugeons plus certaines^. »
Le sentiment du mystère n'est pas moins essentiel : (( Voyez quel grand progrès il y aurait eu pour vous à savoir ignorer ce que pourtant vous ignorez, et combien vous gagnerez maintenant à pratiquer Tigno-
rance Comprenez combien vous ne comprenez pas;
car, sans cela, vous ne comprendrez rien^'. » — « Ce
1. Par exemple, De G eyicsi contra Manie fiœos , lib. I, c. ir, n° 3; r. iv, n 7 ; c. VI, n" 10; c. viii, n° 13; c. xvi, n" 26; c, xxii, n" 27; c. xxix, n« 23.
2. [413] Ep. CXLVII, c. xxvi, n° 53; col. 621. — Cf. n" 3, et c. i, n" 5. — Ep. CXXest, sur ce sujet, très importante.
3. De Trinitate, lib. X, c. vu, n" 10; t. VIII, col. 979. 1. Ib., lib. VIII, c. II, n° 3; t. VIII, col. 949.
5. Be duahus animabus , c. viii, n° 6; t. VIII, col. 98; cf. sur la grossièreté de Démocrite, [410] Ep. CXVIII, c. iv, n" 29; col. 446; et sur la joie et la clarté de l'intellection, [386] Ep. IV, n° 2; passage capital. — La certitude profonde de l'intellection et le néant de l'imagination : De Genesi ad lilteram, lib. XII, c. xxxvi, n» 69; t. III, col. 484.
6. Intellige qiiid non inlelUgas, ne totum non intelligas [De anima et ejns origine, Vincentio Viclori, lib. IV, c. xi, n° 15 ; t. X, col. 924. — Cf. Ep. CXCIX, n» 52 ; col. 924^.
n'est pas vision méprisable, que de voir combien l'on ignore ^ »
11 est plus facile, d'ailleurs, de prononcer hardiment que de voir juste et de s'arrêter-. « La circonspection est chose pleine de sollicitude ; elle vaut mieux cependant que l'affirmation téméraire. » C'est à Paulin qu'il parle ainsi; et il laisse entendre qu'il n'a pas toujours contenté tout le monde et qu'il n'a pas réussi non plus à éviter toujours le blâme; il avait conscience, en effet, de se trouver devant le mystère, et il le disait simplement; il ne s'arrêtait à aucune de ces solutions illusoires qui charment, et qui affaiblissent : « N'est-il pas vrai que, sur bien des points, dès que l'on n'a plus cette sagesse charnelle, véritable mort, selon le mot de l'Apôtre, on est un grand scandale pour les hommes sages selon la chair? (Rom. VIII, 5, 6.) Car alors, dire ce que l'on pense est fort dangereux ; ne pas le dire est fort difficile ; dire le contraire est un grand mal ^. »
Au premier chapitre de la Trinité, il est plus explicite : « Lorsqu'on dit à quelques-uns qu'il n'est pas possible (d'élucider jusqu'au bout comment la création s'accorde avec l'immutabilité divine), ils s'irritent, ils croient qu'on les insulte; et, le plus souvent, un pareil langage signifie pour eux, que l'on n'a rien à dire; ils aiment mieux l'interpréter de la sorte que d'avouer leur impuissance à le comprendre. Parfois aussi, nous leur produisons une raison; mais ce n'est pas celle que,