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EXISTENCE DE DIEU

Selon saint Augustin, l'intelligence humaine pense toujours Dieu; mais, en cela, elle accomplit une action que , pendant longtemps, elle ne connaît pas ; elle fait enfin effort pour transformer sa pensée primitive très confuse, en une pensée convenablement claire : c'est dans cet effort que consiste la preuve de l'existence de Dieui.

Cette conception de la preuve apparaît nettement, d'abord, au livre des Quatre-vingt-trois Questions : « Quiconque comprend Dieu, lui est uni. Car tout ce qui est compris est vrai; mais tout ce qui est cru, ne l'est pas. Or, tout ce qui est vrai, et qui, d'ailleurs, ne se trouve en rapport ni avec les sens, ni avec l'intelligence, peut être cru, mais il ne peut être ni senti, ni compris. Donc,

1. Sur ce sujet, on consultera surtout: r [388-395] Livre des Quatrevingt-trois Questions (Qusest. LIV) ; — 2° [390] De la vraie Religion [c. XXX, xxxi) ; — 3° [388-395] Du Libre Arbitre (lib. 11, depuis c. ii).

ce qui comprend Dieu est uni avec Dieu. Or, l'âme raisonnable comprend Dieu. Elle comprend, en effet, l'immuable, soustrait à tout changement. Mais le corps subit du changement dans le temps et dans l'espace; et l'âme raisonnable elle-même, qui tantôt est sage, tantôt insensée, subit aussi du changement. En outre, l'immuable est certainement supérieur à ce qui n'est pas immuable ; et d'un autre côté, rien n'est supérieur à l'âme raisonnable, sinon Dieu. Donc, lorsque l'âme comprend Timmuable, c'est Dieu, sans aucun doute, qu'elle comprend. Or, Dieu c'est la vérité substantielle; et puisque, en comprenant la vérité, l'âme est unie à la vérité, et qu'en cela consiste le bien de l'âme, il s'ensuit qu'on doit entendre en ce sens le mot. Pour moi, adhérer à Dieu, cest mon bien * (Ps. LXXII, 28).

Quiconque comprend Dieu, lui est uni. Car tout ce qui est compris est vrai. Bien que^ces deux courtes propositions .forment une suite peu régulière, le sens ne présente aucune difficulté. Car enfin, saint Augustin pose comme un fait primitif, notre connaissance de l'immuable 2 : et ce n'est ni l'expérience du monde extérieur, ni l'intuition de conscience qui dévoile à l'âme l'immuable ; au contraire, tout en elle-même et autour d'elle subit le changement; ainsi, comprendre l'immuable ne peut pas être pour l'âme autre chose que comprendre Dieu 3. Saint Augustin, dans cette preuve de l'existence

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