‹ Saint AugustinChapitre 89 sur 292 · C. XVI, n° 41; col · texte numérisé non relu

C. XVI, n° 41; col

3. C. XVI, n" 42; col. 1264. — Cf. : 1° De vera lieligione, c. xi, n° 21 ; l. III, col. 131-132, passage qui mérite d'être lu; — 2*' De Civitate Dei, lib. XI, c. IV, n» 2, vers le commencement.

4. Notamment lib. X, c. vi, n" î) : « Intenogaviterram....; inlerrogavi

mare et abyssos, etc., etc >» C'est au n° 10 que se pose la question :

Pourquoi la créature ne révèle-t-elle pas également à toutes les âmes le

là que saint Augustin enseignera , non pas avec plus de clarté, mais avec une insistance plus vivante, comment la contemplation des choses extérieures nous tire de notre distraction, et nous fait apercevoir en nous-mêmes notre connaissance primitive et notre sentiment primitif de Dieu. D'ailleurs, dans les Confessions, il ne cherche pas expressément à démontrer l'existence de Dieu ; il les écrit pour nous persuader que notre amour naturel de la science et du bonheur provient de ce que Dieu est présent à notre âme; d'où suivra pour nous la nécessité, reconnue avec amour, de diriger vers Dieu toutes nos facultés.

Il est certain aussi qu'à peu près tous les passages déjà cités sur l'innéité, la réminiscence, la mémoire^, serviraient fort bien à prouver l'existence de Dieu. Et cela est inévitable : saint Augustin, en effet, a toujours enseigné que l'âme perçoit Dieu directement, mais confusément, qu'elle le perçoit par l'activité intellectuelle, et qu'elle le perçoit encore par le sentiment du beau et du bien; il devait donc, toutes les fois qu'il traitait de l'intellection et du sentiment, traiter par là

créateur; or, voici la réponse : « illi intelligunt qui vocemacceptam forts intus cum veritate conferunt ». Si on continue à lire ce livre, on trouvera, après les recherches sur la mémoire, la solution donnée dans le chapitre xx, solution qui revient à ceci : nos jugements sur ie bien ou sur le vrai, et nos aspirations vers le bonheur manifestent que nous avons, dès l'origine, la connaissance confuse et le sentiment confus de Dieu. Voir aussi c. xxiv-xxvii; c. xxxiv, n° 52, 53. — Ajouter un chapitre du Traité contre Fauste le Manichéen (lib. XXI, c. vi), et remarquer cette sentence : « Unde enim istis (creaturis) hcnec quae commemoravi, nisi ab illo cujus unitate omnis modus sistitur, cujus sapientia omnis pulchritudo formatur, cujus lege omnis ordo disponitur » (t. VIII, col. 391). 1. Ci-dessus livre I", chapitre IV.

même de notre rapport avec Dieu, et nous montrer Dieu comme l'absolue réalité, unique objet de notre intellection comme telle, et de notre sentiment comme tel.

Enfin, en 415, saint Augustin rappelle à Evodius que prouver l'existence de Dieu, c'est constater que Dieu, absolument, existe; mais on ne doit pas supposer qu'audessus de Dieu il y a une nécessité supérieure pariaquelle se produit et s'explique l'être de Dieu : « Vous avez le livre de la Vraie Religion; relisez-le; examinez-le ; vous verrez que la raison ne rend pas nécessaire l'existence de Dieu^, ou que le raisonnement ne fait pas que Dieu doive exister 2. Et certes, par rapport à la théorie des nombres, laquelle s'exprime dans notre langage quotidien, si nous disons sept et trois doivent faire dix, nous parlons inexactement ; car enfin, ils ne doivent pas faire, mais (absolument) ils font dix 3. )) Voici le passage auquel saint Augustin fait allusion : « Pourquoi (les choses éternelles) sont-elles de telle nature, personne ne peut le dire : et, d'ailleurs, . on ne dira jamais avec raison elles doivent être ainsi, comme s'il était possible qu'elles fussent autrement *. » On retrouve au second livre du Libre Arbitre à peu près le même langage : « Si l'on dit : les choses éternelles sont supérieures aux choses temporelles ; ou encore : sept et trois font dix ; on n'a certes pas reconnu

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