Saint Basile, Ep, a43, i
retards, dus à l'hiver et aux brigands qui infestaient tout le pays, de la Cappadoce àConstanlinople. Il fut un instant question de lui adjoindre Grégoire de Nysse, sans doute pour donner plus d*éclatà sa mission. Basile ne fut pas de cet avis : la douceur et la simplicité de son frère, peu accoutumé aux usages des cours, ne lui paraissaient point propres à traiter avec € un homme assis sur un trône sublime, d'où il entend à peine ceux qui d'en bas lui disent la vérité* ». Ce langage, par lequel est évidemment désigné le pape Damase, surprend après la lettre si cordiale de 871 : c'est le premier symptôme d'un malentendu qui dura quelque temps, et eut surtout pour cause la manière différente d'apprécier les affaires d'Antioche *. Peut-être aussi Basile s'irritait de la lenteur avec laquelle, à Rome, étaient étudiées les questions si multiples de doctrines et de personnes, qui se rattachaient a la pacification religieuse de l'Orient^. Celle-ci cependant lit tout à coup un pas considérable, auquel les lettres enfin portées en Occident par Dorothée ne furent probablement pas étrangères.
Quand cet envoyé des Orientaux revint en Asie, en 375, un concile venait d'être tenu en Illyrie, où l'empereur Valentinien résidait alors. L'arianismey avait été condamné une fois de plus. Les Pères avaient, en même temps, obtenu de Valentinien l'envoi en Asie d'un rescrit, dont Tbéodoret nous a conservé le texte*. Cet acte interdit aux hérétiques de se prévaloir des sentiments des princes pour répandre leurs erreurs; il leur défend d'exercer aucune persécution < contre ceux qui servent Dieu mieux qu'eux et ont une foi plus pure ; » il rend
a. Ep, ai4» ai6, a63.