‹ Saint Basile (329-379): (329-379)Chapitre 122 sur 146 · I. ffomil, Xy, KVl, XXIF · texte numérisé non relu

I. ffomil, Xy, KVl, XXIF

la nature de la régénération produite par le sacrement, que de les exhorter à ne pas en différer la réception. On sent Timpatience avec laquelle la logique supérieure de Basile — comme celle de Grégoire de Nazianze et des autres Pères de ce temps — supportait les misérables arguties qui, dans tous les rangs de la société (dans les plus élevés surtout), servaient à justifier le retard du baptême :

« Tu as reçu la foi dès Tenfance, et tu attends jusqu'à la vieillesse pour devenir chrétien!... Si j'annonçais aujourd'hui que je vais faire dans l'église une distribution d'argent, vous ne me remettriez pas a demain, mais vous accourriez, impatients de tout délai.... Si vous étiez esclaves, et que l'on vous annonçât l'affranchissement, avec quelle hâte, entraînant les patrons, suppliant les juges, vous viendriez vous soumettre au soufflet libérateur, qui vous dispensera de toute crainte de coups à l'avenir!... Tu es jeune? Reçois dans le baptême le frein qui maîtrisera ta jeunesse. Tu es vieux? Prends garde de ne pas avoir à temps le viatique.... Mais je connais la cause inavouée de vos délais : les choses parlent assez d'elles-mêmes. Laissez-moi, ditesvous, jouir de honteuses voluptés, laissez-moi me rouler dans la boue, ensanglanter mes mains, prendre le bien d'autrui. Le jour viendra oii j'en aurai fini avec tout cela, et oii je demanderai le baptême.... C'est le démon qui dit par ta bouche : aujourd'hui à moi, demain à Dieu.... Aujourd'hui tu peux agir, tu passes ta jeunesse dans le péché ; quand tes organes seront affaiblis, tu offriras a Dieu les restes d'un corps usé.... Mais qui t'a garanti la durée de la vie? Ne vois-tu pas des enfants, des hommes dans la force de Tâge, soudainement enlevés? Pourquoi attends-tu que la fièvre te contraigne à demander le baptême ? Alors tu ne pourras

plus prononcer les paroles salutaires, ou ton cerveau malade ne pourra plus les entendre : quand ni tes mains ne seront capables de se lever vers le ciel, ni tes pieds de te supporter, ni tes genoux de se plier pour la prière, quand tu ne pourras plus ni te faire instruire, ni confesser tes péchés, ni faire ta paix avec Dieu, ni renoncer au démon, ni peut-être recevoir avec intelligence rinitialion chrétienne ; quand les personnes présentes douteront si tu as senti la grâce qui t'était donnée, ou si tu as reçu sans connaissance le sacrement^. »

IL — Dans la seconde série de ses homélies, Basile exhorte les fidèles aux vertus et aux pratiques du christianisme, réprimande leurs vices, et leur apprend a méditer la parole de Dieu. L'un de ces discours a été prononcé lors de la famine qui, en 367 ou 368, afQigea la Cappadoce, et dont nous avons parlé ailleurs*. Peutêtre les homélies sur l'avarice, sur les riches, furentelles composées à la même époque, ainsi que celle où l'orateur démontre que « Dieu n'est pas l'auteur des maux'. » Ne pouvant analyser tous les discours religieux et moraux de saint Basile, je m'arrêterai de préférence au groupe d'homélies qui traitent de l'usage et de l'abus des richesses, et au célèbre discours sur la lecture des auteurs profanes. Ce sera l'occasion d'étudier quelques-unes des idées économiques, sociales et littéraires du vénérable orateur.

Saint Basile enseigne que la richesse a été donnée à quelques hommes comme un dépôt. De ce dépôt ils sont moralement obligés de faire usage. Ils n'ont pas le droit de le garder pour eux seuls.

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