I. Cf. saint Basile, Ep, i6, 233, a34, a
a. Saint Basile, Adv, Eunomîum, I, i.
LES ÉCRITS ET lA CORRESPONDANCE. 195
Citer des morceaux d'un tel écrit est à peu près impossible, car rien n'y est donné à Timagination ou a Tagrément, la passion reste toujours contenue, réloquence même se tait, et il serait malaisé de détacher un anneau quelconque de cette chaîne soUde, où rien ne brille, où tout se tient. Ceux qui auront la patience d'entreprendre la lecture assez austère et difficile des livres contre Eunome reconnaîtront la vérité de ce que saint Grégoire de Nazianze, dans un passage que nous avons cité ailleurs, dit de la grande puissance de dialectique acquise par Basile*.
. Basile s'eflorça de répandre son livre. Malgré son humilité, il se rendait compte du bien que celui ci pouvait faire. En adressant un exemplaire à un chrétien lettré, le sophiste Léonce : « En ce qui te concerne, écrit-il, je pense que tu n'en as pas besoin ; mais j'espère que, si tu rencontres des esprits pervers, tu trouveras dans ce livre un trait qui ne sera pas sans force. Non que j'aie une grande confiance en la valeur àe mon œuvre; mais tu es capable de tirer de quelques raisons une argumentation puissante. Si divers points, cependant, te paraissaient faibles, n'hésite pas à me les signaler. L'ami diffère du flatteur, en ce que celui-ci parle pour plaire, celui-là ne craint pas de dire ce qui déplaît*. »
Basile se défiait trop de lui-même, car Eunome se sentit profondément atteint. Il tenta de répondre à l'écrit de Basile; on dit qu'il consacra plusieurs années, la plus grande partie du temps qui lui restait à vivre, à composer une apologie de son propre livre'. L'arien