Oratio XUII
prit tout un livre, le troisième, du traité contre Eonome ? Grégoire repoussa sur-le-champ la calomnie, justifia Basile et se justifia lui-même; puis il écrivit à Basile pour l'avertir de Tattaque dont il venait d'être Tobjet*. Apprenant l'accusation dirigée contre l'évêque de Césarée, saint Atlianase, a son tour, écrivit pour le disculper, et, avec l'autorité que lui donnaient tant de combats livrés pour l'intégrité de la doctrine chrétienne, se porta garant de l'orthodoxie de saint Basile^. Mais l'intervention d'un si illustre champion ne désarma pas ses ennemis. Trois ans plus tard, la même calomnie renaissait, sous un prétexte encore plus futile. On accusa Basile d'avoir, improvisant la doxologie qui terminait une prière publique, employé indifféremment ces expressions : « Gloire au Père, avec le Fils et avec le Saint-Esprit » ou : « Gloire au Père, par le Fils, dans le Saint-Esprit. » Des auditeurs ombrageux découvrirent dans ces formules quelque chose d'hétérodoxe*. Amphiloque (nous l'avons dit plus haut*) avertit Basile de cette nouvelle attaque. Une première fois, le saint docteur n'avait pas pris la peine de se défendre. « Si nos frères, écrivait-il alors avec amertume, ne savent pas encore quelles sont mes croyances sur la Divinité, je n'ai rien h leur dire. Ce qu'une longue vie n'a pu leur persuader, comment le leur apprendraient de brèves paroles*! » Cette fois, cependant, il voulut couper court à la calomnie. En exposant avec ampleur la doctrine catholique, tout ensemble il ferait taire ceux qui l'accusaient de la méconnaître, et il rendrait un nouveau