‹ Saint Basile (329-379): (329-379)Chapitre 65 sur 146 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

LES AFFAIRES DE lA CAPPADOCE. 95

Je regrette d'être obligé d'interrompre ces citations ; rien autant que ces trois discours ne fait comprendre rame délicate, hésitante, prompte à s'éloigner et à revenir, l'âme sainte et douloureuse de Grégoire de Nazianze. Peut-être n'est-il pas de meilleure explication de la conduite de Basile, qui se sentait obligé de suppléer par une volonté ferme à l'indécision de son pieux ami. Accoutumé à tout regarder d'un point de vue supérieur, il ne songea peut-être pas assez à la disproportion qu'il y avait entre le petit siège de Sasimes et le mérite de Grégoire. Ou s'il y songea, ce fut pour dire que « le nouvel évêque ne tirerait aucun lustre de sa résidence, mais au contraire illustrerait celle-ci ; car il est d'un homme vraiment grand de n'être pas seulement prêt aux grandes choses, mais de grandir par ses talents celles qui semblent infimes^ » Si même Basile manqua en quelque chose aux ménagements que l'extrême sensibilité de son ami eut demandés, ou si Grégoire, de son côté, se froissa ou se découragea avec excès, nous contemplerons d*un œil ému la passagère imperfection mêlée à de si hautes vertus, et nous remercierons Dieu de nous laisser voir en ses saints quelque reste d'humaine faiblesse. Ajoutons, cependant, que l'approbation donnée sans réserves par le vénérable évêque de Nazianze à la conduite de Basile semble propre à disculper celui-ci de tout reproche.

Les événements se chargèrent, du reste, de tirer d'embarras le nouvel évêque de Sasimes. Il était encore à Nazianze, peu pressé de prendre possession de son siège, quand Anthime, accompagné de quelques-uns de ses sufiragants, se rendit dans cette ville. Le prétexte du voyage était une visite au vieux Grégoire; le

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