‹ Saint BasileChapitre 120 sur 137 · Homil. XXII · texte numérisé non relu

Homil. XXII

a. Saint Grégoire de Nazianze, Orat'io XLIII^ ii^

3, Socrate, Hist, eccL, III, |6,

SAINT PARTf.E. Il

ture. Cette vie future, c'est la parole de Dieu, contenue dans les Saintes Ecritures, qui nous la révèle. Mais des adolescents ne sont pas capables de les comprendre. Ils doivent s'y préparer en formant leur intelligence par Tétude des poètes, des historiens et des rhéteurs. Ils s'accoutumeront ainsi à regarder de loin la vérité : semblables à des gens qui, après avoir contemplé d'abord le soleil réfléchi dans Teau, osent lever les yeux ensuite vers Taslre rayonnant*.

Comment et avec quelle pensée faut-il lire les classiques païens?

Saint Basile veut que les jeunes gens apportent à cette étude les plus grandes précautions. Dans les poètes, il faut éviter tout ce qui est de mauvais exemple, et, quand ceux-ci chantent le vin ou la volupté, quand ils exposent les (ables mythologiques, quand ils célèbrent les adultères et les amours éhontées des dieux, se boucher les oreilles comme Ulysse devant le chant des Sirènes. Les historiens mêmes doivent être lus avec défiance, ceux-là surtout qui écrivent principalement pour plaire. Dans les rhéteurs, il faut éviter d'apprendre Tart de mentir. En toutes ces matières, l'étudiant devra imiter l'abeille, qui ne se pose pas indifféremment sur toutes les fleurs, et, dans celles mêmes où elle puise, ne recueille pas tout sans choix. Ou encore il doit faire comme celui qui cueille la rose, en ayant bien soin de ne pas se piquer les doigts aux épines'.

Ces précautions prises, dans quel but doit-on lire ? D'abord pour orner et former son esprit. « La destinée d'un arbre est de donner son fruit en temps opportun : cependant les feuilles qui s'agitent autour des branches

!• Homil. Kli^ a.

a. ihid,^ a, 3.

lui forment une parure. Ainsi le fruit essentiel de Tâme est la vérité, mais le vêtement extérieur de la sagesse ne doit pas être méprisé : il ressemble à ces feuilles qui prêtent au fruit une ombre utile et un gracieux ornement. C'est ainsi que le grand Moïse, le plus célèbre des hommes pour la- sagesse, s'exerça dans toutes les sciences des Egyptiens, avant de s'élever h la contemplation de tt Celui qui est. » De même, en un autre temps, on dit que le sage Daniel fut instruit à Babylone dans la sagesse des Chaldéens, et ensuite s'adonna aux sciences sacrées ^ »

, Cependant on aurait tort de voir simplement dans l'étude des meilleurs parmi les païens une gymnastique de l'esprit, un exercice de style ou de pensée. Saint Basile y reconnaît plus que cela. Les écrits des grands poètes, des vrais philosophes, ont aussi une force éducatrice. « Puisque c'est par la vertu que nous devons parvenir à la vie future, on s'attachera utilement aux poètes, aux historiens, surtout aux philosophes qui l'ont célébrée. La vertu deviendra familière aux enfants, quand ces écrits, qui parlent d'elle, se seront enfoncés profondément et comme gravés en caractères indélébiles dans leur mémoire encore tendre'. »

Basile rappelle, à ce propos, les vers d'Hésiode, a répétés de tous, » qui encouragent au bien les adolescents. « Comme le disait un homme très versé dans l'interprétation d'Homère, toute l'œuvre de ce grand poète a pour objet de louer la vertu, et, en dehors de ce qui est de simple ornement, il n'est aucune de ses parties qui ne tende à ce but. » Le mythe d'Hercule jeune, hésitant entre les deux voies, sollicité tour à tour par

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