‹ Saint BasileChapitre 123 sur 137 · HomiU XXII L · texte numérisé non relu

HomiU XXII L

on les abandonne. Au contraire, au souvenir du martyr toute la province tressaille, et la cité entière se porte vers son tombeau. » Le pays qui, dit ailleurs Basile', tt surpasse toutes les contrées du monde pour Télevage des chevaux, » courant au sépulcre d'un pauvre berger et se détournant des tombeaux de ses grands éleveurs, « quel triomphe de la vertu sur la richesse ! »

Les trois autres homélies' ont une valeur historique incontestable. Julitta mourut en 3o3, à Césarée, victime de la persécution de Dioclétien. Le centurion Gordius périt dans la même ville, en 323, sous Licinius. Sous Licinius également périrent à Sébaste, dans la Petite- Arménie, les quarante martyrs. Pour Julitta et Gor* dius, Basile connut évidemment des traditions loca* les : il se peut même que, lorsqu'il prêcha le panégyrique de Gordius, Césarée eût encore des vieillards ayant vu les scènes qu'il décrivait. Basile peut aussi avoir été renseigné de première ou de seconde main sur les martyrs de Sébaste : cette ville fit probable* ment partie de la Cappadoce avant d'être réunie à la Petite-Arménie, et il semble y avoir eu des ancêtres*. La mère de Basile plaça des reliques des quarante martyrs dans sa chapelle d'Annesi* : il est probable que la tradition orale ou écrite de leur martyre fut également recueillie par elle. On peut donc considérer ces trois homélies de saint Basile non sans doute comme de vrais Actes de martyrs, mais au moins comme des Passions ou récits contenant de bons éléments historiques. Il est facile, en les lisant, de se rendre compte de ce que Torateur ajouta au fond de traditions existant avant lui :

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