Saint Grégoire de Nysse, Contra Eunomium, I
Pbilostorge prétend que Basile lut ce nouvel ouvrage, et en mourut de chagrin*. C'est une fable, comme tant d'autres racontées par cet historien. Il semble, au contraire, qu'Eunome n'ait pas osé publier son second livre du vivant de Basile'. C'était un véritable pamphlet. A la discussion étaient jointes des vanteries ridicules, et, contre Basile, de grossières attaques. Le champion des doctrines orthodoxes était traité par leur adversaire de tt méchant, » « d'ignorant, » de « menteur, » et même de « furieux » et de « stupide. » A l'homme qui avait intrépidement exposé sa liberté et même sa vie pour défendre la foi de Nicée contre Valens. Eunome reprochait d'être craintif à l'excès. La lecture de ces indécentes diatribes, paraissant au jour quand Basile n'était plus là pour se défendre, suscita l'indignation et la verve de Grégoire de Nysse, qui composa à son tour un traité en douze livres contre Eunome. Il venge éloquemment, dans les premières pages, la mémoire de son frère, et indique une des raisons qui avaient porté jadis celui-ci a écrire. Basile s'était proposé a de venir au secours d'un infirme dans la foi, » et, « en réfutant l'hérésie, de rendre la santé à un malade, et de le restituer à l'Eglise. » Le malade, malheureusement, se plaisait dans son mal, et ne voulut pas être guéri.
IL — Le second traité dogmatique fut écrit à une époque plus avancée de la vie de Basile, alors que depuis cinq ans il était évêque. C'est encore une œuvre défensive ; mais cette fois Basile défend moins le dogme lui-même que son honneur personnel, poursuivi par la calomnie.
Des soupçons avaient été, dès 871, jetés sur l'ortho-