‹ Saint BasileChapitre 134 sur 137 · I. Photius, Biblioth., i4i · texte numérisé non relu

I. Photius, Biblioth., i4i

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on ne peut refuser toute estime à T homme qui sut, en plusieurs circonstances, défendre courageusement ses convictions : mais comme cela paraît peu dans ses lettres , courts billets d'où Tâme est absente, et qui se bornent le plus souvent à condenser, en un style maigre et précieux, de banales formules de politesse! On hésiterait à les croire contemporaines de celles de Basile, tant le sérieux des unes contraste avec la puérilité des autres* La vaste correspondance deLibanius donne, à certains égards, une impression plus favorable. Le célèbre sophiste montre des sentiments d'humanité, de tolérance, qui lui font honneur. Rien cependant ne dépasse le niveau du littérateur de profession. C'est « rintellectuely » comme on dit aujourd'hui, dans son infatuation naïve. Cela sonne creux, auprès des lettres de Basile, débordantes de foi et de charité. Ajoutons que ces dernières ont une qualité rare au iv* siècle, et qui ne se retrouve ni chez Julien, ni chez Symmaque, ni chez Libanius : le naturel. Presque aucune trace n'y paraît de la rhétorique du temps. Même les quelques ornements un peu fanés qui s'y rencontrent ne cachent rien du miroir où Basile se peint tout entier.

Les éditeurs bénédictins ont divisé en trois classes la correspondance de saint Basile : lettres écrites avant qu'il fût évêque ; lettres écrites pendant ses huit années d'épiscopat; lettres de date incertaine. On pourrait les classer autrement. Il serait facile de rapporter les diverses épîtres de saint Basile aux événements ou aux devoirs qui ont rempli sa vie. Celles qui montrent son amour de l'Eglise, sa sollicitude pour tous les intérêts de l'épouse persécutée du Christ, sont innombrables. Nous avons cité déjà beaucoup d'entre elles* : nous sommes

I Voir plus haut, pages 62 ,99, io5, i3o, i45."

loin de les avoir indiquées toutes*. Nombreuses aussi sont les lettres adressées par Basile à des moines, pour leur rappeler les règles de cette vie de renoncement et de solitude qu'il n'avait abandonnée lui même qu'avec un regret si profond*. D'autres lettres sont de vrais traités sur la théologie ou la discipline, depuis les longues épîtres canoniques a Amphiloque' jusqu'à de simples billets, où, en quelques mots rapides et décisifs, est exposée une vérité de la foi ou réfutée une objection*. Mais la classe la plus étendue et la plus variée serait celles des lettres écrites pour la protection de quelque faiblesse ou le soulagement de quelque infortune. Cette partie de la correspondance touche (on l'a vu) à tous les ordres d'intérêts privés et même publics*. Elle met surtout en lumière l'infatigable activité de Basile, la multitude de ses relations, l'aisance avec laquelle il traite avec les grands et soutient le fardeau des aflaires les plus diverses.

Ceux qui, de l'intrépidité de Basile, de son esprit de gouvernement, de l'autorité qui paraît dans son langage et dans ses actes, auraient gardé l'idée d'un génie plus imposant que tendre, jugeront autrement après avoir parcouru cette série de ses lettres. On ne se donne pas si complètement à la protection des petits et des iaibles, si l'on n'est pitoyable à toutes les misères humaines. Bien des pièces de sa correspondance nous ont

1. Voir encore Ep, a8, 29, 3o, 34t 62, 81, 103, io3, ii3, ii4i la^i ia6, 189, i4o, 168, 183, i83, 2119, aao, aai, aaa, 227, aa8, 229, 23o, 238, 240, 246, 247» 25i, 252, 253, 254, ^55, 258, 263, 205, 266, 267, 268.

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