I. Ep, S, 6, loi, 206, 269, 3oo, 3oi, 3oa
douleur. Il met chacun en face du devoir spécial que lui a réservé la Providence. Il dit à une mère en pleurs : « Aie pitié de ton mari. Soyez- vous une consolation l'un pour l'autre. N'aggrave pas sa peine, en te renfermant trop complètement dans la tienne. » II écrit à une veuve : « Aie pitié de ta mère, accablée par la vieillesse. Aie pitié de ta fille, si jeune, et dont tu es maintenant le seul appui. Sois un exemple aux. autres femmes. Gouverne-toi de telle sorte, que ta douleur te soit toujours présente, mais que tu ne te laisses pas absorber par elle. » « Tes enfants, écrit-il à une autre, te restent comme l'image vivante de celui que tu pleures. Que le soin de leur éducation préserve ton âme de l'excès de la tristesse. Le reste de ton temps, consacre-le à chercher les occasions de plaire à Dieu. Ainsi le travail te procurera l'apaisement. »
A ces conseils précis, directs, pleins d'autorité et de prudence, on reconnaît l'esprit pratique de saint Basile. Mais on voit aussi par où de telles lettres de consolation diffèrent des déclamations élégantes et vaines où la sagesse antique était le plus souvent contrainte de s'enfermer. Celui dont nous venons de citer les paroles n'est pas un rhéteur : il est plus qu'un moraliste; c'est un zélé conducteur d'âmes, un pasteur, un père.
« J'ai vu ton âme dans tes lettres, » écrivait saint Basile à l'un de ses amis'. Nous adresserons respectueusement la même parole au grand saint dont nous avons essayé, dans ces pages trop imparfaites, de raconter la vie et de retracer l'image.