‹ Saint BasileChapitre 16 sur 137 · Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V · texte numérisé non relu

Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V

2. Les lettres de Julien et de Basile, publiées dans Ja Correspondance de celui-ci, sont apocryphes, de même que la lettre de Julien à Basile insérée dans les Œuvres de cet empereur

sie, et même de Thistoire; la rhétorique, « une rhétorique toute de feu, » selon l'expression de Grégoire ; la philosophie, avec les spéculations élevées de la métaphysique et Tart plus terre à terre de la dialectique, dans lequel Basile devint tellement habile « qu'il eût été plus facile de sortir d'un labyrinthe que de se dégager de ses arguments. » De l'astronomie, de la géométrie, des mathématiques, il n'apprit que ce qu'il n'est pas permis à un homme instruit d'ignorer. Sa santé toujours chancelante le porta à faire aussi quelques études de médecine*. Il acquit, ainsi que son ami Grégoire, une grande célébrité parmi les étudiants, et même parmi les professeurs. Leur célébrité dépassa les limites de la Grèce. Partout où l'on parlait des maîtres illustres dont ils suivaient les leçons, on associait leur nom à celui de ces maîtres*. Tout le groupe d'étudiants qui s'était formé autour d'eux participait à cette renommée. Basile était leur chef reconnu. Son panégyriste le compare au char glorieux qui entraîne dans son sillage les coureurs qui le suivent'. On comprend la douleur ressentie par Basile quand, ses études achevées, l'heure vint de rompre les liens doux et flatteurs qui l'attachaient à Athènes. La séparation fut émouvante. Ses condisciples, et quelques-uns de ses maîtres, l'entouraient, le pressant de rester. On l'embrassait, on le rappelait, on pleurait. C'était des paroles d'adieu, tristes et passionnées, et probablement aussi des discours*, car cette jeunesse lettrée n'oubliait pas, au milieu de l'émotion la plus sincère, les règles de l'art oratoire. Grégoire, qui devait partir aussi, se laissa toucher; sur le conseil de Basile

I. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XUII, aa, a3. a. Ibid., 32.

Page 1