‹ Saint BasileChapitre 24 sur 137 · I. Saint Grégoire de Nysse, De vita S, Macrinae, a. Ibid · texte numérisé non relu

I. Saint Grégoire de Nysse, De vita S, Macrinae, a. Ibid

lients, d'une trempe plus ferme? Tattrait du but à atteindre agissait-il plus fortement sur des âmes moins soumises à toutes les exigences du corps, et moins amollies par la facilité devivre? S'il enestainsi, l'excès de civilisation, loin d'être un progrès, serait une cause de décadence, et la science, en pliant la nature aux moindres désirs de l'homme, affaiblirait en lui la faculté de vouloir. Quoi qu'il en soit, nous voyons Basile, malgré une santé précaire, entreprendre dans tout l'Orient un pénible voyage, afin d'étudier sur place 1^ vie monastique. Elle florissait alors en Egypte, depuis la Libye jusqu'à la Thébaïde. Elle était très répandue en Palestine. La Syrie, la Mésopotamie étaient pleines de couvents. C'est par centaines que se comptaient les monastères répandus dans les diverses provinces de l'Orient romain. Basile consacra une partie des années k^y et^58 à les visiter. ^

Il n'a laissé aucune description détaillée de son voyage. Il dit seulement, en termes généraux, que, « à Alexandrie, dans toute l'Egypte, en Palestine, enCélésyrie, en Mésopotamie, » il admira, chez les moines, « leur abstinence dans la nourriture, leur courage dans le travail, leur constance dans la prière nocturne, cette haute et indomptable disposition de l'âme qui leur faisait mépriser la faim, la soif, le froid, comme s'ils avaient été étrangers à leurs corps, véritables passants sur cette terre, et déjà citoyens du ciel*. »

Il est un point sur lequel nous aurions aimé à recueillir son témoignage. Les pèlerinages en Terre Sainte avaientdéjà une grande vogue. Depuis la reconnaissance des Saints Lieux accomplie par l'impératrice Hélène, sous Constantin, la piété conduisait vers eux de nom-

breux voyageurs, avides de retrouver les traces du Christ et les vestiges de l'histoire évangélique. Mais il semble que Timpression produite sur les pèlerins n'ait pas toujours été la même. Les uns, comme Paula, dont saint Jérôme a si éloquemment raconté le voyage*, comme tout le groupe d'hommes et de femmes illustres attirés de Rome aux Lieux Saints dans les dernières années du IV* siècle, ou comme la pieuse Gallo-Romaine dont la relation a été récemment publiée', s'agenouillaient avec larmes à tous les sanctuaires consacrés par les grands souvenirs de la Bible et de l'Evangile. D'autres, comme saint Grégoire de Nysse, se plaignaient de la dissipation et des mauvaises mœurs qu'ils avaient rencontrées en route, et déclaraient que la vue même des lieux sanctifiés par la présence terrestre du Sauveur n'ajoutait rien à leur foi. « Qu'il soit né de la Vierge, nous le savions avant d'avoir vu Bethléem ; qu'il soit ressuscité des morts, nous le savions avant de voir le monument qui en témoigne ; qu'il soit monté auxcieux, nous le savions avant d'apercevoir la sainte montagne. Mais si votre âme est pleine de mauvaises pensées, en vain monterez-vous au Golgotha, en vain visiterez- vous le mont des Oliviers, en vain entrerez-vous dans la basilique de la Résurrection : vous serez aussi loin du Christ que ceux qui ne sont pas chrétiens'. » Comme on eût aimé à connaître les sentiments éprouvés par Basile quand il visita aussi les contrées où Jésus avait vécu! S'était-il laissé scandaliser, comme le fut son frère, par « la licence des hôtelleries de ces pays d'Orient » et « l'indifiFérence pour le mal qui règne dans

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