Loi de 36a, au Code Théodosien, XII, i, 5o
évêquede Nazianze. C'est un modèle de sobriété littéraire (chose rare à cette époque) et de fierté chrétienne. « Très illustre seigneur, écrit-il, nous ne reconnaissons pour roi et pour juge de ce que nous faisons que Celui qu'on persécute aujourd'hui. C'est lui qui examinera l'élection que nous avons faite dans toutes les règles, et d'une manière qui lui est très agréable. Si vous voulez user de violence, il vous est facile de le faire en toute autre chose : mais personne ne nous ôtera le pouvoir de soutenir que nous avons agi dans la plénitude de notre droit. A moins que vous ne prétendiez aussi nous prescrire des lois ^n une matière qui ne regarde que nous et notre religion, et dont il ne vous est pas permis de vous mêler ! » Le préfet, qui au fond n'était ni un méchant homme ni un sot, fit mine de se fâcher, mais admira. Cette lettre empêcha les choses d'aller plus loin, releva le courage des évêques, et peut-être — écrit le second Grégoire — les sauva de la honte*. Il ajoute qu'elle préserva aussi la ville de toute représaille : en quoi il se trompe. Julien laissa dormir l'affaire d'Eusèbe : un prince qui faisait ouvertement profession de paganisme eût été mal venu à casser une élection épiscopale. Mais il frappa Césarée d'une énorme amende, confisqua tout le patrimoine de ses églises, enrôla de force son clergé parmi les troupes de police, ôta à la ville les privilèges et jusqu'au nom de cité. Les auteurs présumés de la destruction du temple furent les uns mis à mort, les autres punis de l'exil. On connaît parmi les premiers Eupsyque et Damas. Saint Basile ne nous a laissé aucun détail sur leur procès et leur supplice. Ils durent exciter dans la ville une émotion considérable. Eups^'que, en particulier, avait bien des titres