‹ Saint BasileChapitre 38 sur 137 · I. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XFIII · texte numérisé non relu

I. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XFIII

à la commisération publique. C^était un jeune noble de Cappadoce. Il venait de se marier, a il était presque fiancé encore, » quand il fut traduit devant le juge, et condamné. Basile considéra Eupsyque, Damas et leurs compagnons comme des martyrs : il parle souvent dans ses lettres de la fête annuelle célébrée par ses soins au jour anniversaire de leur mort*.

Une des choses qui contribuèrent peut-être à irriter Julien fut l'empressement avec lequel Eusèbe attacha Basile à son clergé. Comprenant l'utilité d'un pareil auxiliaire, le nouvel évêque se hâta de l'ordonner prêtre : il semble même avoir usé de son autorité pour le contraindre à recevoir le sacerdoce*. Julien, nous dit Grégoire de Nazianze, honorait de la même haine ses deux anciens condisciples*. Le persécuteur n'ignorait pas l'énergie avec laquelle les deux amis combattaient ses desseins : peut-être savait-il de quel ton dédaigneux Basile parlait de lui, le comparant à l'aconit ou à la ciguë, qui empoisonnent un instant la terre, mais sèchent vite*. Il put voir dans le choix si rapide fait par Eusèbe un nouveau défi. Malheureusement la concorde entre l'évêque et son illustre collaborateur fut de courte durée. Basile était très populaire en Cappadoce. Il avait fait à Césarée une partie de ses études, y avait ensuite été brillant professeur, et y comptait de nombreux amis. Les moines de la ville et des environs le considéraient comme leur père. Son éloquence, son érudition, sa connaissance tout à la fois des auteurs profanes et des Ecritures sacrées, dépassaient l'clo-

I. Sozomène, V, 4i n ; saint Basile, Ep, 1^1, aoo, aSa; saint Grégoire de Nazianze, Ep, aô, 27.

a. Saint Grégoire de Nazianze, Ep, 8.

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