‹ Saint BasileChapitre 70 sur 137 · Saint Jérôme, Ep, 82, ad Theophilum · texte numérisé non relu

Saint Jérôme, Ep, 82, ad Theophilum

l'administration ÉPISGOPALE. 105

Un jour, les habitants d'un petit bourg de Cappadoce, perdu dans une contrée déserte et depuis longtemps privé d'évêque, élurent d'un commun accord, et malgré ses protestations, un pieux esclave, appartenant à la matrone Simplicia. Ils ramenèrent a Basile et à Grégoire, les suppliant de lui donner la consécration épiscopale. Ceux-ci, touchés des larmes de ces braves gens, cédèrent h leur désir, sans attendre le consentement de Simplicia. Elle ne parait pas avoir revendiqué l'esclave du vivant de Basile (à moins que la lettre 1 1 5 de celui-ci ne soit considérée comme une réponse a une revendication de cette nature). Mais, après la mort de l'évêque de Césarée, elle menacera Grégoire d'un procès, ce qui donnera à celui-ci l'occasion d'écrire une fort belle lettre, où il offre à Simplicia de lui payer la valeur de l'esclave, mais la supplie d'avoir égard à la mémoire de Basile, de respecter a la liberté de la grâce, » et « de ne pas contrister l'Es prit Saint en soumettant aux tribunaux civils un litige de cette nature*. »

Les évêques jouissaient, à cette époque, d'une certaine juridiction temporelle. Non seulement ils exerçaient légalement le rôle d'arbitre envers les chrétiens qui préféraient leur sentence a celle des tribunaux ordinaires, mais encore ils connaissaient des délits commis au préjudice des églises et dans l'enceinte des lieux consacrés au culte. Quand il avait à juger quelque infraction de ce genre, le vieux Grégoire de Nazianze s'entourait quelquefois de l'appareil de la torture ; puis, quand le coupable, tout tremblant, était couché à terre, dépouillé de ses vêtements, il se contentait de lui tirer l'oreille ou de lui donner une légère tape, avec une

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