‹ Saint BasileChapitre 79 sur 137 · Saint Grégoire de Nazianze, Èp. aS · texte numérisé non relu

Saint Grégoire de Nazianze, Èp. aS

deviné sa valeur, encore mûrie par l'épreuve, conçut le dessein de Tatlirer tout à fait à Dieu. Bientôt une lettre arriva a Ozizala, écrite en apparence par un ami d'Amphiloque, nommé Héraclide, mais en réalité dictée par Basile. Cet Héraclide était aussi un transfuge du barreau, qui faisait h ce moment une retraite près de Tévêque de Césarée, dans le bâtiment de rhôpilal affecté aux hôtes. « Nous autres, lui fît-on écrire, longtemps habitués au forum, nous ne savons ni nous contenter de peu de paroles, ni nous défendre contre les vaines pensées. Nous nous laissons entraîner par l'orgueil, et nous ne renonçons point aisément à avoir grande opinion de nous-mêmes. Contre ces tendances, il nous faut un maître puissant et expérimenté. » Il continue en vantant les leçons de l'évêque, et en les ramenant toutes à ceci : renoncer aux avantages, aux richesses, aux vanités du monde. Mais les leçons ne suffisent pas : pour apprendre à vivre en chrétien, il faut l'exemple de tous les jours. C'est la ce qu'il engage Amphiloque à venir chercher à Césarée. Que celui-ci demande congé à son vieux père, et qu'il se hâte vers l'hôpital : là, il trouvera l'évêque, la vie commune, un continuel entretien. « Nous aurons toujours des rochers et des cavernes où nous retirer; mais nous ne trouverons pas toujours, h notre portée, le secours d'un homme. » Il y aurait faute à n'en pas profiter*.

Amphiloque ne résista pas à une invitation aussi ingénieuse et aussi persuasive. Ses progrès près de BamIc furent rapides. Il paraît cependant avoir essayé de se soustraire, lui aussi, au fardeau du sacerdoce, et avoir, pendant quelque temps, pris la fuite. Mais « les iilets de la grâce le ramenèrent. » Son père cependant

souffrait de son absence. Il se plaignit a Grégoire, lui attribuant une part d-e responsabilité dans ce qu'il appelait l'abandon d'Amphiloque. Grégoire, à ce moment en deuil du vieil évêque de Nazianze, n'eut pas de peine à montrer qu'il n'était pour rien dans la résolution de son jeune parent : par une lettre un peu obscure, mais où semble percer quelque amertume, il rejette tout sur un ami commun, dont lui aussi, dit-il, souffrit naguère semblable violence*. Cela paraît bien désigner Basile, si ferme a saisir et à garder ceux qu'il avait une fois jugés capables de servir TEglise. Quelques mois plus tard mourut l'évêque d'Iconium, en Pisidie. Ses diocésains, ne trouvant parmi eux personne qu'ils jugeassent capables de les gouverner, se tournèrent vers Basile, comme tant d'autres l'avaient fait déjà, pour lui demander un pasteur. Basile, qui, loin de chercher a dominer, éprouvait du scrupule à se mêler ainsi « d'ordinations étrangères, » prit conseil d'Eulèbe de Samosate*. On n'a pas la réponse de celui-ci, — pas plus qu'aucune de ses lettres, qui eussent été si intéressantes pour l'histoire de ce temps, — mais il est probable qu'il encouragea son ami à rendre le service attendu par les gens d'Iconium. Basile désig"na alors Amphiloque.

Pendant les cinq années que vécut encore Basile, il fut en relations constantes avec le nouvel évèque. Sous sa direction, celui-ci régla les affaires ecclésiastiques de risaurie, de la Lycaonie et de la Lycie'. Il vint souvent à Césarée. Son arrivée y était une fête pour le peuple, qui regardait Amphiloque comme un enfant

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