‹ Saint BasileChapitre 82 sur 137 · Ep. 27a, I · texte numérisé non relu

Ep. 27a, I

quelle tendresse il leur parle ! Écrivant à un ancien condisciple, que dans un de ses voyages il a eu le regret de ne pas rencontrer : « Qu'il m'eût été précieux, lui ditil, de te revoir et de t'embrasser! de nous rappeler ensemble notre jeunesse, les jours où nous avions même maison, même foyer, même pédagogue, où la récréation, et Tétude, et le plaisir, et la pauvreté, et tout enfin, nous était commun! Comme ces souvenirs m'eussent ranimé! quelle joie j'eusse éprouvée à secouer la vieillesse qui m'accable, et à redevenir jeune avec toiM » Mais si l'amitié lui fui souvent une consolation et un soutien, elle fut cause aussi pour lui de vives douleurs. « Je n'ai jamais péché contre l'ainilié, » écrit-il*. Tous ceux qu'il aima n'eussent pu se rendre ce témoignage. Ses rapports avec Eustatlie de Sébaste amenèrent une des épreuves les plus pénibles qu'il ait traversées.

Cappadocien comme Basile, mais son aîné d'un grand nombre d'années, Eustatbe, évêque de Sébaste dans le Pont, est un des caractères les plus singuliers du iv® siècle. D'une grande austérité de mœurs, d'une vertu sans défaillance, charitable aux pauvres, un des premiers propagateurs de la vie monastique en Asie, il avait gagné par tous ces traits le cœur de Basile, qui le reçut naguère dans son monastère des bords de l'Iris, visita en sa compagnie diverses communautés, et reconnaissait en 'lui u quelque chose de plus qu'humain'. » Mais Eustatbe avait en même temps un esprit incapable de se fixer, a vrai nuage emporté çà et la par tout vent qui souffle*. » Ayant eu le malheur d'être, dans sa jeunesse, l'élève d'Arius, on l'avait vu passer par toutes les nuances doc-

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