Ep, 300, aoi, ao
1er (le mes affaires, qui t'intéressent à l'égal des tiennes propres*. »
A côté de ces anciens et intimes amis de Basile, on aimerait à connaître les nombreux serviteurs de Dieu que sa renommée de sainteté et de science attira près de lui, qui s'en retournèrent charmés et conservèrent de leur rapide entrevue un fidèle souvenir. Je rappellerai seulement l'un d'eux, le célèbre lyrique syriaque, saint Éphrem*.
Il a raconté lui-même, dans son poétique langage, sa visite a Basile^.
« Le Seigneur eut pitié de moi, un jour que je me trouvais dans une ville. J'entendis sa voix qui m'appelait : « Lève-toi, Eplirem, et mange des pensées. » Je lui dis, plein d'anxiété : « Et où donc. Seigneur, en mangerai-je? » Il me répondit : « Voici que dans ma maison un vase royal te fournira la nourriture. » Saisi d'étonnement, je me levai et me rendis au temple du Très-Haut. Et quand je fus entré dans le vestibule et eus regardé par Touverture de la porte, je vis ce vase d'élection dans le sanctuaire , exposé à l'ad miration de son troupeau , orne et enrichi de paroles majestueuses, et les yeux de tout le peuple appliqués à le contempler. Je vis tout le temple animé de cet esprit. Je vis cette charité tendre et compatissante qu'il témoignait aux veuves et aux orphelins. Je vis les torrents et les fleuves de larmes que répan-
2. Saint Grégoire de Nysse, De vita S. patris Ephrem Syri, 17.
3. Monumenta Eccleslae graecae, t. III, p. 58. — L'Éloge de saint Basile par saint Ephrem n'existe plus qu'en grec. Ceci n'est pas un préjugé contre son authenticité. Sozomène (III, 16) dit que les Œuvres de saint Ephrem avaient été traduites en grec de son vivant; on en a la preuve par saint Jérôme, saint Jean Ghrysostome, saint Grégoire de Nysse, qui sont familiers avec elles, et cependant ne savaient pas le syriaque.
daitce saint pasteur, en faisant monter ses prières jusqu'au ciel. Je vis cette Eglise quUI aimait si tendrement, qu'il avait si magnifiquement ornée, qu'il avait établie dans un ordre si merveilleux. Je vis couler de sa bouche la doctrine de saint Paul, la loi de l'Evangile, la crainte religieuse de nos mystères. Je vis enfin cette sainte assemblée tout éclatante des divines splendeurs de la grâce. »
Eplirem raconte qu'après l'office Basile le fit venir, et lui dit par interprète (car le pieux pèlerin ne parlait que le syriaque) : « Es-tu cet Eplirem qui s'est soumis d'une manière si admirable au joug du salut ? — Je suis, répondit-il, cet Ephrem qui marche si mal dans la carrière du salut. » Basile s^approcha : les deux saints s'embrassèrent. Puis ils eurent un entretien qu'Ephrem compare à « une table couverte non de mets périssables, mais de vérités éternelles. » Ému de la sagesse de Basile : « Père, lui dit Ephrem, défends-moi contre la paresse et l'inertie; dirige-moi dans la voie droite; perce la pierre de mon cœur. Le Dieu des esprits m'a jeté à toi, afin que tu prennes soin de mon âme. » Ephrem parle en termes généraux des conversations qui suivirent : il rapporte particulièrement que Basile lui raconta l'histoire, si célèbre en Cappadoce, des quarante martyrs de Sébaste. Sozomène dit que Basile, de son côté, admira l'érudition du diacre syrien* : il semble y foire allusion en deux passages de ses discours sur MHfixae^ meron et de son livre sur le Saint-Esprit*.
L'amitié eut une grande place dans la vie de Basile. « Depuis mon enfance jusqu'à ma vieillesse, écrit-il dans ses dernières années, j'ai eu beaucoup d'amis'. » Avec